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Malgrè la qualité du dessin qui empire un peu dans cet album, il faut le dire, le scénario est la hauteur de nos esperances dans ce huitième album. Soucieux de ne pas nous lasser avec l'eternelle quête de l'amour impossible qui ne finit jamais, Godard relance la série avec de nouveaux paramètres : Chimeer existe bel(le) et bien, dans un monde "l'autre coté" qui resssemble furieusement à la terre du vingtième siecle.
Mais voilà, les raccords sont un peu trop visibles, et les questions nombreuses à cause du décalage du scénario. On commence à penser que ce nouveau thème n'était absolument pas prévu au départ, ce qui a toujours tendance à dérouter le lecteur qui cherche quand même un peu une continuité dans tout ça.
La qualité du dessin est donc mauvaise, mais le dessin lui même est bien maîtrisé : lignes claires, vignettes superposées, la planche étant traitée comme un ensemble et non comme une addition de cases. C'est peut-être seulement mon édition, assez primitive, où le rendu des couleurs et la qualité d'impression sont mauvaises.
En résumé, beaucoup d'originalité, une volonté affirmée de faire rebondir le scénario et d'ouvrir de nouvelles perspectives, même si ça ne colle pas très bien avec les tous premiers épisodes. Au total une très bonne histoire de science fiction dont on lira certainement la suite avec plaisir ...
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Le Vagabond des Limbes, tome 8 : Pour trois graines d'éternité, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Cet album m'est apparu meilleur que les précédents puisqu'il quitte un petit peu ce ton trop déjanté et inutilement psychédélique. Ici, on s'oriente vers une intrigue plus classqiue d'un affrontement entre Axle Munshine et un sombre inconnu, qui veut s'en prendre à Chimeer. Si on retrouve cette idée un peu originale d'un Axle qui se bat contre ses rêves, j'apprécie également de retrouver cette trame plus classique qui veut qu'un héros s'oppose à un méchant. L'ensemble devient plus linéaire et gagne en clarté, et évite (de justesse) la masturbation intellectuelle un peu gratuite à laquelle faisaient penser certains des tomes précédents.
Pour autant, il ne faut pas s'y tromper, on reste dans un univers très particulier, celui du "Vagabond des Limbes", toujours teintée d'un peu d'onirisme sur fonds de science fiction : une association que l'on peut avoir du mal à apprivoiser. Ici, j'ai plutôt apprécié cette île de la Tortue revisitée, cette vente aux enchères d'objets finalement assez bien imaginés et pour beaucoup, d'assez humoristiques. J'ai également apprécié que l'auteur fasse un peu bouger son environnement : Musky va se mettre à vieillir et a perdu son immortalité, les compagnons d'Axle, que l'on avait rencontrés dans le premier tome, reviennent sur le devant de la scène, et surtout, on obtient enfin la preuve que Chimeer existe bel et bien, puisqu'un autre personnage a été capable de se rendre dans son monde pour l'enlever. J'ai eu un peu plus de mal à apprécier toute la symbolique du buste mis en vente, ayant du mal à voir comment le relier à la Chimeer réelle, et j'ai également eu du mal à appréhender le suicide d'Axle. Mais dans l'ensemble, le récit reprend du dynamisme, s'inscrit ici dans une trame plus classique, pour peu que quelque chose puisse paraître classique dans cet environnement pour le moins torturé. A noter toutefois que la qualité de langage, qui avait forcé mon admiration dans les premiers tomes de la série, s'est dégradé de façon drastique depuis quelques tomes déjà. Les grossièretes de Musky et d'Axle sonnent un peu faux et, à mon sens, ne rendent pas hommage au scénariste.