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Nouveau récit en un album dans cette (longue) succession d'aventures d'Axle Munshine. Je découvre avec quelques décennies de décalage la série de Godard et Ribera, et j'ai déjà eu l'occasion de confesser ici même l'impression mitigée qu'elle me laisse parfois (voir ma chronique du deuxième titre). Hélas, mille fois hélas, cet album ne fait pas du tout redécoller l'ensemble.
Question dessin, c'est toujours la même rengaine : le trait de Ribera a pris un sacré coup de vieux, les couleurs sont ternes, les attitudes sont figées et le découpage n'est pas toujours convaincant. Seul un recul "historique" prenant en compte l'ancienneté de l'album (fin des années 1970) permettra de ne pas rebuter le lecteur.
Le scénario de Godard pour cet album m'a paru beaucoup trop paresseux. Le héros affronte ses peurs et combat ses trois alter-ego (Axle vieillard, adolescent et enfant) : voilà le synopsis délayé sur quarante-quatre planches. Certaines scènes sont proprement ridicules (le nounours géant de la planche 32...), la fin est bâclée et irréaliste, et tout au long de l'album, le Vagabond des Limbes est antipathique et bougon.
Ces "démons du temps immobile" sont ennuyeux et le temps paraît en effet bien long à s'écouler à la lecture de cet épisode.
Je ne dirais pas que cela m'a dégoûté de la série car j'envisage tout de même d'en lire au moins quelques-autres. Mais la médiocrité de ce titre, pris en bibliothèque, rend plus qu'improbable sa présence un jour futur sur mes propres étagères.
3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Le Vagabond des Limbes, tome 4 : Les démons du temps immobile, lui attribuant une note moyenne de 2,83/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Dans sa quête de l'amour impossible, Axle recherche le moyen de rentrer en contact avec Chimeer, ce qui l'amène ici à vivre une histoire un peu déjantée, un parcours initiatique auquel, je dois bien l'avouer, je n'ai pas compris grand chose. Si le peuple de la planète sur laquelle se rendent Axle et Musky est issu d'un esprit particulièrement imaginatif, si les Nakibs ont un cycle de vie plutôt bien imaginé, les choses se gâtent dès qu'Axle se perd dans un labyrinthe qui est censé lui donner les clés du monde dans lequel vit Chimeer. Je n'ai pas vraiment goûté à cette quête psychologique, qui demande à Axle de se battre contre des autres lui-mêmes à des stades de développement plus ou moins avancé. Jusqu'à présent, la série maintenait un joli équilibre entre rêve et science fiction et ici, on tombe un peu dans un délire intiatique peu compréhensible. Parce que au final, à quoi ca sert tout cela ? A rien, de l'aveu même d'Axle et de Musky. Le scénariste s'est fait plaisir, a proposé une partie très psychédélique et déjantée dans son récit, mais on n'a pas véritablement avancé vers le but ultime d'Axle. C'est assez décevant.
Les démons du temps immobiles est un album qui lance plein pot la série, avec un but clairement identifié pour Axle, alias "Le Vagabond des Limbes" : retrouver Chimeer, la femme qu'il aime, et qui l'aime peut-être, on en est pas encore sûr. Du moins dans ses rêves l'appelle t-elle avec passion "viens me chercher, je t'en supplie, j'en peux plus ....". Mais, le drame est bien là, Axle ne peut la rejoindre qu'en rêve, dont il use et abuse, ce qui lui a valu de perdre son titre de grand conciliateur, et d'être recherché par tous les gardes pourpres de la galaxie.
Au niveau du graphisme, on peut apprécier une totale maîtrise du dessinateur, qui me semble autant à l'aise dans les grands plans lumineux que dans les contre jours de l'ombre, et l'organisation des vignettes qui cesse d'être académique prouve bien cette aisance. On a droit à des grandes, des petites, des rondes, et elles sont toujours en harmonie avec le rythme du scénario, jamais gratuites.
Les couleurs sont violentes et toujours un peu flash, ce qui est une marque distinctive de la bande dessinée à cette époque. Et puis, quitte a porter une cape rouge, autant qu'elle se voie. Musky n'a toujours pas changé de fringues lui non plus, ce qui leur suppose à tous une garde robe redoutable.
Au niveau scénario, j'ai beaucoup aimé le thème de la rencontre du fils/père/grand père. Ce n'est pas forcément nouveau, mais je trouve le sujet beaucoup mieux traité que dans d'autres séries. Il faut tuer nos vieux démons, nous dit le proverbe, et c'est ce que fait littéralement Axle. Pas de quartier. Et puis les dialogues avec Musky sont de plus en plus savoureux tantôt drôles, tantôt philosophiques, tantôt les deux, du moins quand le gag fonctionne. Il faut bienb dire ce qui est, ça ne marche pas à tous les coups, comme une blague qu'on connaissait déjà, un humour auquel on n'est pas sensible. N'importe, c'est un ton qui est donné, et quelquefois, on ouvrira l'oeil en plus grand en pensant "tiens, c'est pas idiot".
Bref, pour ma part un très bon tome, que je recommande. On peut découvrir la série avec ce tome là, et reprendre depuis le début si on accroche, pas de risque d'être déçu.