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Avis BD de gdev sur Le Vagabond des Limbes


Note moyenne de Coin BD sur la série Le Vagabond des Limbes Moyenne Coin BD : 3,36/5
Note moyenne de gdev sur la série Le Vagabond des Limbes Moyenne de gdev : 3,18/5
 
Note de l'album : 4,00
Tome 1 : Axle Munshine

Cet album a tous les charmes d'un Space Opéra inventé alors que le terme n'était même pas imaginé. J'aime assez l'univers décrit, qui se place un peu comme le précurseur d'une genre. Ce monde composé d'une grande galaxie, constitué de plusieurs peuples extraterrestres et des humains, qui ont organisé tout un gouvernement intersidéral, ainsi que la présence de ce grand conciliateur, Axle Munshine, qui va de planètes en planètes pour maintenir la paix à bord 'un vaisseau extraordinaire : voici le contexte qui n'est pas sans rappeler un capitaine Flam, un Albator, et plus récemment, des séries comme "Orbital". Dès ce premier tome, on sent que l'univers est vaste et assez imaginatif pour l'époque, et c'est assez charmant. Le dessin aunt à lui, accuse un coup de vieux mais correspond au style de cette époque : couleurs tranchées qui n'hésitent pas à se côtoyer sans réel souci d'harmonie, positions figées, trait gras. Ouvrir une telle BD, c'est en soi faire un voyage dans le temps.

Mais le héros de cette série donne un certain ressort et représente un véritable intérêt. Axle développe l'idée un peu folle qu'un rêve laisse un souvenir, et qu'en tant que tel, il existe quelque part. C'est ainsi qu'il a rencontré en rêve Chimeer, et qu'il va tenter de retrouver dans le monde réel lançant véritablement sa quête. Le problème, c'est qu'en franchissant la porte des rêves, il a transgressé un interdit : il perd donc son statut de grand conciliateur et devient un paria chassé par les gardes du royaume... C'est donc sur cette idée philoscientifique qui veut que les rêves existe que toute l'intrigue se monte : l'idée est un peu rêveuse, et on sent que cette série fera coexister le monde du rêve vaporeux et celui des avancées technologiques les plus folles que permet l'univers SF. L'ensemble s'annonce riche d'autant que le couple que forme Axle avec Musky, prince des Eternautes dont l'âge est figé à 13 ans sur sa propre volonté en attendant qu'il décide grandir est assez bien vu : ce deuxième personnage qui donne la réplique au héros a sans doute permis à un grand nombre de lecteur de se projeter dans la série.

C'est un premier tome assez riche qui est proposé, assez subtil également dans la présentation de la découverte d'Axle, assez prenant par cette univers plein de découvertes scientifique, mais qui physiquement, n'a plus tous les attraits de la jeunesse. Pour l'instant, j'adhère au concept et je lis ces pages avec le respect que l'on doit à l'âge.

Note de l'album : 3,50
Tome 2 : L'empire des soleils noirs

Voici dont le deuxième album de cette série, qui nous invite à partager la première véritable aventure d'Axle et de Musky, après que l'histoire se soit mise en place dans le tome précédent. Axle part donc en quête de son amour rêvé, persuadé que Chimeer existe puisqu'il en garde le souvenir et que quelquechose qui n'existe pas ne peut pas laisser de souvenir. Axle poursuivi par la garde rouge se ballade dans le cosmos pour trouver comment entrer en contact avec l'être aimé, et cette quête le conduit ici sur une planète particulière, où tout est défini à l'avance par un maître du destin qui prédétermine la vie de chacun. Un destin que tout le monde accepte puisque c'est rassurant, les éventuels renégats aux systèmes étant occis. Une dénonciation des régimes totalitaires, une réflexion autour de la destinée et du libre arbitre, voilà ce que nous propose cet album, qui est plutôt bien réalisé malgré un aspect qui reste très vieillot. L'idée de départ, un peu tordue, une peu psychédélique, convient toutefois bien à ce style graphique, qui se voulait novateur pour l'époque. L'ensemble, qui repose sur une réflexion un peu philosophique, un peu politique et un peu scientifique reste assez prenant, d'autant que le couple Axle/Musky fonctionne toujours bien, alternant moments comiques et moments plus tragiques. On commence à comprendre d'ailleurs qu'il s'agit d'un ménage à trois, car le Dauphin d'Argent, le vaisseau d'Axle semble être doté d'une conscience qui lui est propre (là encore, puisque je l'ai lu il n'y a pas très longtemops, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec "Orbital" : sympa de voir que certains concepts traversent le temps sans grande altération). La qualité de narration, le niveau de langage, que l'on a du mal à retrouver dans les productions actuelles, permettent de renforcer ce charme un peu suranné d'une production qui commence à dater.

Note de l'album : 3,00
Tome 3 : Les charognards du cosmos

Cette troisième aventure d'Axle et de Musky nous permet de découvrir une nouvelle avancée technologique que permet le monde SF développé : la réincarnation assisté, secret de l'immortalité. L'idée est assez séduisante et encore une fois, le scénariste nous invite à partager ce monde un peu fou où pourtant tous les détails scientifiques pourrnt sembler convaincants. Ce que je trouve un peu dommage dans cet album, c'est que le rythme se cherche tout au long de l'album et on ne sait plus vraiment sur quel pied danser : l'ensemble est mal dosé. Une première partie un peu longue a pour conséquence la capture de nos deux héros, une deuxième partie pendant laquelle leurs corps sont pris comme réceptacles perd de l'intérêt puisque les héros semblent de fait absents de l'histoire, et la conclusion est un peu rapide et abrupte. Pour autant, ce monde n'est pas dénué d'humour, le véritable genre de musky est révélé et promet une nouvelle histoire sentimentale à plus ou moins brève échéance, et on découvre un peu plus les capacités du Dauphin d'argent, qui devient véritablement un héros à part entière : l'ensemble reste donc sympathique même si ca manque de dynamisme. Il faut dire que les dessins raides, issus d'une époque révolue, participent à cette impression.

Note de l'album : 2,50
Tome 4 : Les démons du temps immobile

Dans sa quête de l'amour impossible, Axle recherche le moyen de rentrer en contact avec Chimeer, ce qui l'amène ici à vivre une histoire un peu déjantée, un parcours initiatique auquel, je dois bien l'avouer, je n'ai pas compris grand chose. Si le peuple de la planète sur laquelle se rendent Axle et Musky est issu d'un esprit particulièrement imaginatif, si les Nakibs ont un cycle de vie plutôt bien imaginé, les choses se gâtent dès qu'Axle se perd dans un labyrinthe qui est censé lui donner les clés du monde dans lequel vit Chimeer. Je n'ai pas vraiment goûté à cette quête psychologique, qui demande à Axle de se battre contre des autres lui-mêmes à des stades de développement plus ou moins avancé. Jusqu'à présent, la série maintenait un joli équilibre entre rêve et science fiction et ici, on tombe un peu dans un délire intiatique peu compréhensible. Parce que au final, à quoi ca sert tout cela ? A rien, de l'aveu même d'Axle et de Musky. Le scénariste s'est fait plaisir, a proposé une partie très psychédélique et déjantée dans son récit, mais on n'a pas véritablement avancé vers le but ultime d'Axle. C'est assez décevant.

Note de l'album : 3,00
Tome 5 : L'alchimiste suprême

Le propos de ce tome est plutôt amusant, mais malheureusement, comme plusieurs des tomes précédents, il n'apporte pas grand chose à cette histoire de quête du grand amour d'Axle Munshine. En fait, depuis le premier tome, qui lançait la série, on voit qu'Axle et Musky errent un peu dans le cosmos, à la recherche d'éléments qui permettraient a Axle de trouver Chimeer. C'est sutout l'occasion pour le scénariste de proposer plusieurs planètes, plusieurs univers de SF, et de présenter une quête plus ou moins philosophique. Car finalement, au bout de ce 5ème tome, on n'aura pas avancé des masses dans la recherche de Chimeer, si ce n'est que dans ce tome, on a la confirmation de ce que disait le maître du destin dans le tome 2 : Chimeer ne serait bien qu'une chimère, elle n'existerait pas. Du coup, difficile d'expliquer la longévité de cette série et je me demande quels seront les futurs ressorts de l'histoire.

Bref, dans ce tome, rien n'avance véritablement mais ce n'est pas pour cela qu'il est inintéressant. J'ai bien aimé la présentation, en début d'ouvrage, de Robson et de Free'Day, qui ne manquent pas de faire penser à Robinson et Vendredi. C'est un petit délire du scénariste car finalement, cette partie ne sert pas à grand chose. La relation maître/chien est pourtant décrite avec un certain humour.

Puis le récit tombe dans l'iconoclaste, et c'est amusant. Pour retrouver Chimère, Axle décide de s'adresser directement à Dieu. La présentation qu'il en est faite est totalement décalée en présentant un personnage adipeux, aviné, dépité, et qui s'adonne surtout à la luxure. Quelques réflexions sur son rôle, quelques propos bien sentis envers ses prophètes (Dieu regrette notamment qu'ils aient un peu détournés son propos de "aimez-vous les uns les autres"), quelques petites anecdotes amusantes sur la création et les créatures : tout cela vient égratigner la religion. C'est parfois assez osé et il ne fait nul doute qu'à l'époque où il est sorti, cet album devait être considéré par beaucoup comme hérétique. Bon, tout cela, c'est bien beau, c'est rigolo, c'est amusant mais le principe s'épuise rapidement et finalement, on aura du mal à discerner où tout cela va conduire. Au passage, Axle découvre ce que tout le monde a découvert dans le tome 3 sur le genre de Musky mais les révélations s'arrêtent là.

Le ton provocateur et iconoclaste de cet ouvrage est intéressant mais du côté du scénario, ca n'apporte pas grand chose à la série.

Note de l'album : 2,50
Tome 6 : Quelle réalité, papa ?

Cet album nous invite dans un immense délire. C'est tout un studio de cinéma qui est pris dans une grande folie, folie qui se traduit notamment par le fait que les acteurs sont persuadés d'être la personne dont ils interprête le rôle. Dans cette grande tirade, il n'y a plus véritablement de frontière entre le jeu et la réalité, et les assassins tuent effectivement leur victimes, et on arrive à des situations ubuesque dans lesquelles Saint Louis mène une guerre contre Hitler pour conquérir le monde. Dans l'ensemble des scénarios qui deviennent réalité et qui s'entremêlent pour donner un grand n'importe quoi historique, il en est un qui est assez particulier puisqu'un scénariste a inventé l'histoire d'amour impossible entre Axle et Chimeer. L'actrice qui assure son rôle est ainsi convaincue d'être ce personnage, ce qui forcément, va conduire Axle à aller à sa rencontre. C'est vraiment un grand délire qui est ici présenté et j'ai eu du mal à être embarqué dans cette histoire un peu folle et un peu lourde. Il y a certainement toute une réflexion pseudo philosophique derrière tout cela pour dénoncer la folie humaine, celle qui fait que ce qui semble ne relever que de l'imagination soit effectivement devenue réalité. Mais la forme de ce récit, son rythme déjanté, les anachronismes et absurdités auquels on assiste sont parfois très difficiles à suivre...d'autant qu'encore une fois, tout cela n'aura servi à rien pour Axle.

L'histoire veut nous emmener dans des situations grotesques et parmi elles, il y en a une qui est tellement terrifiante qu'elle s'est en effet réalisée. L'ambition est certes louable mais la lecture de ce récit chaotique se révèle avant tout un peu pénible.

Note de l'album : 3,00
Tome 7 : La guerre des Bonkes

Au bout ce septième tome, on commence à comprendre le principe de cette série. Sous couvert d'un environnement de science fiction dans lequel un gars recherche son amour de toujours, le scénariste nous propose un parcours initiatique, un peu psychédélique, du héros Axle Mushine, qui se permet d'égartigner au passage le monde tel que nous, nous le connaissons. Dans ce tome, le scénariste nous offre une brève critique du monde du jeu sur la planète Last Véga (dont il est inutile de rappeler la référence). Il nous offre surtout une vision particulièrement pessimiste de notre monde, celui gouverné par les banques, qui se livre une guerre (commerciale ?) totalement inutile car perpétuelle, dans laquelle le seul perdant, finalement, c'est l'humain. Des thèmes qui font réflechir sur notre monde, voilà ce que propose cet album. Hormis la personnalité d'Axle, qui évolue de façon un peu bizarre car s'éloigne de l'image du Héros "propre" qu'il endossait jusqu'à présent (un peu porté sur la bouteille), cette partie n'est pas mal faite, même si l'identité graphique de l'album a pris un sacré coup de vieux. En revanche, là où ca dérape, c'est sur la fin de l'ouvrage ou l'histoire prend une dimension psycho-érotico- délirante en nous présentant cette matrice, cette recherche de la vulve... le lien avec ce qu'il est dit avant et difficile et ténu, et on ne voit pas bien où le scénariste veut nous emmener avec ce nouveau délire que j'ai, une fois de plus, eu du mal à apprivoiser. C'est sans doute à cause de cet aspect que la série me semble difficile à lire : le discours très antimilitariste, cette idée de rejet de toute les forces qui sont jugées comme gouvernant la vie des hommes, cette recherche de vérité première, tout sonne comme un bon vieux discours soixante-huitard qui n'aurait pas très bien vieilli. Pour ma part, j'attends que le récit reprenne une tournure plus "science-fiction" et un peu moins délirante, la fin de ce septième opus nous présentant une illusion d'Eden me semblant vraiment trop farfelue.

Note de l'album : 3,50
Tome 8 : Pour trois graines d'éternité

Cet album m'est apparu meilleur que les précédents puisqu'il quitte un petit peu ce ton trop déjanté et inutilement psychédélique. Ici, on s'oriente vers une intrigue plus classqiue d'un affrontement entre Axle Munshine et un sombre inconnu, qui veut s'en prendre à Chimeer. Si on retrouve cette idée un peu originale d'un Axle qui se bat contre ses rêves, j'apprécie également de retrouver cette trame plus classique qui veut qu'un héros s'oppose à un méchant. L'ensemble devient plus linéaire et gagne en clarté, et évite (de justesse) la masturbation intellectuelle un peu gratuite à laquelle faisaient penser certains des tomes précédents.

Pour autant, il ne faut pas s'y tromper, on reste dans un univers très particulier, celui du "Vagabond des Limbes", toujours teintée d'un peu d'onirisme sur fonds de science fiction : une association que l'on peut avoir du mal à apprivoiser. Ici, j'ai plutôt apprécié cette île de la Tortue revisitée, cette vente aux enchères d'objets finalement assez bien imaginés et pour beaucoup, d'assez humoristiques. J'ai également apprécié que l'auteur fasse un peu bouger son environnement : Musky va se mettre à vieillir et a perdu son immortalité, les compagnons d'Axle, que l'on avait rencontrés dans le premier tome, reviennent sur le devant de la scène, et surtout, on obtient enfin la preuve que Chimeer existe bel et bien, puisqu'un autre personnage a été capable de se rendre dans son monde pour l'enlever. J'ai eu un peu plus de mal à apprécier toute la symbolique du buste mis en vente, ayant du mal à voir comment le relier à la Chimeer réelle, et j'ai également eu du mal à appréhender le suicide d'Axle. Mais dans l'ensemble, le récit reprend du dynamisme, s'inscrit ici dans une trame plus classique, pour peu que quelque chose puisse paraître classique dans cet environnement pour le moins torturé. A noter toutefois que la qualité de langage, qui avait forcé mon admiration dans les premiers tomes de la série, s'est dégradé de façon drastique depuis quelques tomes déjà. Les grossièretes de Musky et d'Axle sonnent un peu faux et, à mon sens, ne rendent pas hommage au scénariste.

Note de l'album : 3,00
Tome 9 : Le labyrinthe virginal

"Le labyrinthe virginal" : tout un programme. A la seule lecture du titre, et connaissant les premiers tomes de la série, on sent bien que l'histoire va encore partir dans une espèce de délire mystique qui forcément fera appel, à un moment ou à un autre, au sexe. On se doute que l'on va retrouver ce ton post soixante-huitard, faite de "faites l'amour et pas la guerre", de divagations psychédéliques et d'environnement lourd de sens. Bref, c'est un peu tout ce que je redoute dans ce genre d'histoire.

Et pourtant, ici, l'histoire ne s'en tire pas si mal. Mais j'ai pris le parti, en début d'histoire, de ne pas chercher à comprendre ce qui va arriver à Axle Munshine. Grand bien m'en a pris, j'ai l'impression que c'était comme cela qu'il fallait aborder l'histoire : se laisser porter par les événements, se laisser sublmerger par l'ambiance où tout s'enchaine de façon totalement folle, d'une folie qui relève de la normalité dans cette série. Je ne dirai pas à proprement parler qu'il s'agit d'un bon moment de lecture mais ce qui est sûr, c'est que cet album propose une expérience inédite. Entre un Musky qui ne saurait pas avancer dans ce labyrinthe qui lutte contre lui compte tenu de son esprit cartésien, et un Axle Munshine qui lui va trouver la sortie en se laissant aller jusqu'à la jouissance, il y a plein de sens cachés qui s'imposeront si vous ne les cherchez pas. En fin d'ouvrage, en fonction de l'état d'esprit dans lequel vous avez abordé cette série, vous serez soit comme Musky à vous dire "j'ai rien compris, c'est nul", soit comme Axle "J'ai compris qu'il n'y avait rien à comprendre et j'en ai profité". Pour ma part, je reste quand même au milieu du gué. Le labyrinthe m'a fait du charme mais je n'ai pas totalement profité de l'expérience, un peu lassé par le changement de rythme en milieu d'ouvrage...

De façon plus terre à terre, j'aime cette idée que la garde pourpre soit réintroduite dans le récit. A force de divagations, il est vrai que l'on avait un peu perdu de vue cette intrigue à l'origine de l'errance d'Axle. J'ai bien aimé ce retour aux sources.

Si vous n'avez pas tout compris à cet avis, je pense que c'est normal. Mais essayez, pour voir, de lire et de chroniquer un album du "Vagabond des Limbes" ! Chiche !

Note de l'album : 3,50
Tome 10 : Le dernier prédateur

Je trouve que cet album a un certain charme et la seule histoire d'Axle qui cherche à percer le muystère d'un trou noir grandissant aurait mérité, cette fois-ci, un 4/5. J'ai aimé qu'Axle soit réintroduit dans le scénario initial, j'ai aimé l'idée qu'une trêve pouvait être signée entre notre héros renégat et le pouvoir qui l'a renié. C'est une bonne idée parce que contrairement à bon nombre de tomes qui précèdent, on évite de tomber sans préparation dans un délire pseudo-philosophico-erotico-psychologique servi sur un ton psychédélique. Là, l'histoire est mieux lancée et cette idée d'une mission pour Axle légitimise son action. J'ai beaucoup apprécié également l'humour, assuré par toutes ces machines virevoltantes et pleine de vie et d'amour. Enfin, le message plus aérien autour de l'amour et de la haine, qui ne peuvent se résoudre à des équations ou à une pensée cartésienne, est beaucoup plus accessible que précédemment (pour moi en tout cas). Et cette idée d'un cerveau qui grandirait pour prendre la taille d'une planète est une exagération acceptable dans ce monde de science fiction. Bref, je trouve que ce scénario, contrairement à beaucoup d'autre, gagne en clarté et en cohérence (même si l'univers un peu particulier de la série rendra cette cohérence un peu déjantée).

Mais là où l'album perd des points, c'est sur cette histoire de Chimeer, de Musky et d'Axle. Parce que de ce côté, on perd quand même en cohérence avec tout ce qui a été dit avant. Chimeer serait en fait un Musky du futur, mais ca, ca ne colle pas vraiment avec la Chimeer que l'on a vu enfermée dans sa maison bourgeoise qui laissait penser que cette Chimeer était une femme du passé. On voit mal comment le prince des Eternautes se serait retrouvé dans les situations dans lesquelles Chimeer a été mise en scène dans les tomes précédents. Bref, de ce côté-là, j'ai l'impression que le scénariste s'est emmêlé les pinceaux, même si le physique de Musky sans sa cagoule était assez proche de celui de Chimeer...

En bref, j'ai été séduit par toute cette histoire autour de la haine et de l'amour, j'ai bien aimé ce retour aux sources d'un Axle Munshine qui travaille pour le pouvoir en place, mais l'histoire entre Axle et Musky perd de la cohérence et a tendance à perdre le lecteur.

Note de l'album : 3,50
Tome 11 : Le masque de Kohm

J'ai beaucoup aimé le fait que, pour la deuxième fois consécutive, le récit quitte un peu le ton psychédélique employé précédemment pour se tourner vers une narration plus linéaire et plus compréhensible. Ici, on retrouve un Axle mercenaire qui pour gagner quelques minutes avec sa dulcinée, accepte une mission particulièrement difficile. La folie s'exprime dans le champ permis par l'environnement de science fiction de la série, présentée avec un certain humour : tout un système planétaire ou les habitants de Khom, les Khomédiens, portent des masques vivants qui leur confèrent leur rôle dans la société. Je trouve cela assez intelligent et décliner toute cette idée autour de la comédie, de la dissimulation derrière des masques, et du jeu d'acteur est assez marrant. L'idée de base est assez bien trouvée, même si cela part un peu en vrille lorsque l'on aborde les failles spatio-temporelles et le vieil ermite porté sur les plaisirs de la chair... Mais dans l'ensemble, la trame est nettement plus tournée vers l'aventure que vers le delire de parcours initiatique... même si la révélation du tome précédent donne une teinte assez bizarre à tout cela. Mais cela devient un peu la marque de fabrique de cette série : une aventure de science fiction teintée d'un empreinte de folie pseudo-psychologique. Par ailleurs, c'est la première fois dans cette série que l'on nous propose autre chose qu'un one shot, ce qui permet au scénariste de développer davantage son univers et donc de remporter plus facilement l'adhésion du lecteur. Le caractère très étrange de la fin de l'ouvrage nous encourage à lire la suite. Enfin, j'ai bien apprécié le fait qu'un doute plane sur le destin du père d'Axle, qui donne une nouvelle dynamique à la trame de fonds.

Voici donc le premier tome d'une histoire en plusieurs volumes : le procédé est suffisamment rare dans cette série pour être apprécié.

Note de l'album : 1,50
Tome 12 : Les loups de Kohm

Autant le tome précédent était plein de promesses d'aventure, de linéarité, de mission clairement identifiée, autant cet abum qui vient conclure le diptyque est creux et sans intérêt. On renoue avec ce délire psychédélique qui nous emmène à presque tous les 77 étages d'un univers dantesque revisité, faisant apparaître langues immenses, ballons, personnages qui apparaissent et disparaissent sans véritable explication... En fait, Musky et axle passe d'un décor à un autre sans grande motivation et c'est tout juste si on distingue, au bout de tout cela, si Axle arrive ou non au bout de la mission qui lui était confiée et au bout de sa quête personnelle. L'univers des comédiens, revisité et adapté avec intelligence dans le tome précédent, est presque absent de cet album, et le côté totalement déjanté et un brin érotique reprend le dessus. Finalement la seule chose qui peut paraître un tant soit peu intéressante, ce sont ces dernières pages où Axle donne tous les signes de succomber aux avances de Musky : on a enfin l'impression que de ce côté-là, on se rapproche de ce que l'on sait déjà. J'ai du mal à apprécier, enfin, les dessins : c'est peut-être parce que j'ai du mal à apprécier cette marée de langues roses flashy : l'environnement ne me pousse pas à m'y attarder et à tenter d'apprécier quoique ce soit dans ces décors.

Bref, après avoir laissé penser que le ton déjanté était abandonné et qu'on allait vers quelque chose de plus classique, voilà que les auteurs renouent avec leurs vieux démons à la psychologie de bas étage et à la libido débridé... Décevant...

Note de l'album : 3,00
Tome 13 : L'enfant-roi d'onirodyne

C'est un album difficile d'accès qui m'a mis mal à l'aise dès le début. Mal à l'aise d'imaginer Axle et Musky s'adonner à une immense partie de sexe pendant 3 jours et 4 nuits. Non pas pour l'acte en lui-même, mais Musky est à peine pubère et un certain flou sur son âge est savamment entretenu, et finalement Axle n'est pas loin de passer pour un vieux beau pédophile, ce qui est assez bizarre. Cette impression est d'autant plus présente que l'apparaition de Muskie, qui elle n'a que 13 ans, semble développer les mêmes intentions que sa fissoeur. Toute ce jeu de relations, tous ces fantasmes, tout ce caractère libidineux et pas vraimet honnête, m'a encouragé à la prudence.

Et pourtant, voici un tome qui, au niveau de l'histoire, repart dans le bon sens. Avec la disparition de Musky, voilà que les motivations d'Axle deviennent plus concrètes. On abandonne un petit peu tout ces parcours initiatiques pour se concentrer sur l'aventure pure et dure, celle qui conduira Axle à déclarer la guerre à la guilde. De ce côté-là, enfin, il se passe quelque chose, le lecteur retrouve un semblant de dynamisme et d'orientation. Je me sents moins perdu et retrouve un scénario plus maîtrisé.

Les auteurs entretiennent un flou certain avec une ligne jaune qu'il ne faut pas franchir. Cela met mal à l'aise mais comme le scénario repart dans le bon sens : pour une fois, on a envie de connaître la suite.

Note de l'album : 4,00
Tome 14 : La petite maîtresse

Et voilà, on a la confirmation qu'Axle est un gros dégueulasse parce qu'il couche avec une Muskie, qui n'a que 13 ans. Encore une fois, j'ai l'impression que la libido pas très honnêtes des auteurs dégoulinent sur cet album.

A part cela, je me vois contraint de mettre un 4/5 car il est vrai que cet album est certainement l'un des meilleurs de la série jusque là. En effet, voir Axle plein de colère aiguillé par son père pour devenir on ne peut plus méchant grâce à une arme de disuasion, et voir les androîdes tout gentil d'Axle se muer en machines de guerre est assez novateur pour relancer l'intérêt. Tout cela est assez bien conduit, même si je n'ai pas bien compris le tour de passe-passe dans le tome précédent qui fait que Muskie remplace Musky et je ne comprends pas bien le rôle de cette dernière dans ce qui semble être notre monde. Mais le tension que revêt cette intrigue, les changements intervenus dans les personnalités des uns et des autres, ainsi que la situation dans laquelle est plongée le monde est assez bien imaginé, et finalement assez crédible et terre-à-terre. On en a fini avec toutes ces histoires pseudo psychologiques des tomes précédent et ca fait du bien.

Je ne comprends pas encore tout, mais c'est quand même beaucoup plus lisible que les autres tomes de la série.

Note de l'album : 3,50
Tome 15 : Le temps des Oracles

Voici le troisième tome consécutif où on voit un Axle en guerre ouverte contre l'empire et le concept commence à s'épuiser. Je trouve le début de l'album particulièrement bien conduit, avec cette recherche de ce qui a bien pu arriver à Muskie. Encore une fois, l'idée de la planète des Khommères qui savent tout car ont tout entendu est assez réussi même si je me serai attendu à ce que ce soit la professionnelle qui sache ce qui est arrivé à Muskie, et non un quidam. La rencontre avec le sultan est bien humoristique et tous ces événements sont assez plaisants, le ton oscillant allégrement entre aventure et humour. Mais je reste déçu et un peu dubitatif sur cette histoire de porte, d'autre monde, de gens qui disparaissent et qui réapparaissent, et de grands oracles sous forme de vers... auxquels, je dois bien l'avouer, je n'ai pas compris grand chose. Le tour de passe-passe final vient de nulle part et je reste sur ma faim : il semble confirmé que Muskie ait bien remplacer Musky mais il existe toujours un doute sur l'identité de celle qui réapparaît comme une fleur à la fin.

Ainsi, cet album est bien lancé, avec rythme et humour mais les événements sont parfois trop complexes et trop difficile d'accès, gâchant un petit peu le plaisir de lecture.

Note de l'album : 3,50
Tome 16 : Le dépotoir des étoiles

Avec ce tome, Axle Munshine et Musky s'engagent dans un nouveau diptyque, qui les entraîne sur une planète bien étrange régie par la "ludocratie". Le scénariste reprend son idée de Last Végas, la retravaille, lui donne de l'ampleur, et crée un nouvel environnement plus complexe et aussi plus abouti que précédemment. Le comment et le pourquoi de la présence d'Axle sur cette planète sont un petit peu difficiles à cerner mais je trouve que le scénariste a réussi a insuffler ici plus de linéarité et plus de cohérence que dans bien des albums de la série et ceci est plutôt appréciable. Le jeu comme modèle de société, qui régit le sort de chaque personnage sur cette planète, est assez bien trouvé, et cet album est surtout l'occasion pour Axle de faire le tour de toutes les incongruités d'un tel monde. Il découvre que ce dernier a été inventé par son père Korian, lequel est une fois de plus intégré à cette histoire sans véritablement l'être, comme une présence, un souvenir, une aura qui plane au-dessus de la tête d'Axle, le motivant pour avancer, mais sans indiquer grande direction. Le monde se révèle intéressant et le personnage et de Marthy est un plus non négligeable, qui nous oblige de sortir du duo Axle/Musky, qui commençait à devenir redondant. Enfin, la mise en image se veut plus dynamique et au final, on a l'impression d'avancer vers un but qui reste inconnu. Pour moi, le propos n'est pas encore limpide mais l'intrigue se révèle beaucoup plus intéressante ici que dans bon nombre d'albums présentant les errements psychologiques d'Axle.

Note de l'album : 3,50
Tome 17 : La martingale celeste

Dans cet album, j'ai trouvé le style de Ribéra plus affiné, plus sûr et même s'il fait encore un peu daté, on sent que le dessinateur tente de faire évoluer son environnement pour lui donner un teinte plus moderne et plus dynamique. Du côté de l'histoire, on retrouve ici Axle, Musky et Marthy sur cette planète du jeu, et on découvre les travers de ce monde : la tricherie et le trucage. Les jeux inventés sont plus loufoques les uns que les autres, et Axle fait preuve d'une belle ingéniosité en fin d'ouvrage, même si je dois avouer que je n'ai pas tout compris. Malhureusement, je regrette que le scénariste se soit perdu en cours de route, car si l'âme de Korian plane sur cet album, si quelques révélations sont faites sur son passé, la référence à ce personnage est trop ténue pour véritablement la faire apparaître comme trame générale de l'histoire. Seule la dernière vignette permet de relancer l'intrigue au sujet du père d'Axle. En revanche, la promesse de passer de l'autre côté, à la rencontre de Muskie, est quant à elle totalement oubliée de cet album. Axle et Musky apparaissent surtout comme des voyageurs de l'espace sans réel but, la motivation première de la série semble être devenue la découverte de planètes plus folles les unes que les autres. Avec ce diptyque, je trouve pour le coup que l'environnement imaginé était assez prenant, même si cette aventure au royaume du jeu ne fait pas avancer les trames générales que l'on connaît de la série : la recherche d'un passage vers l'autre côté d'une part, et la recherche de ce qui a pu arriver à Korian d'autre part.

Note de l'album : 3,50
Tome 18 : Les contrebandiers du futur

Ce nouvel album se distingue par son environnement et par quelques petits éléments de scénario, mais la trame générale se révèle un peu pauvre. J'ai beaucoup aimé cette introduction dans laquelle le Dauphin d'Argent est assailli par des monstres de toutes sortes, qui auraient pu se présenter au casting de Ghostbusters. J'ai goûté cette idée d'une planète sur laquelle se retrouveraient tous les chefs d'oeuvre de l'humanité, parmi lesquels on retrouve bon nombre d'éléments en provenance de notre planète. Et surtout, j'ai particulièrement apprécié les doutes qui assaillent notre Axle intersidéral au sujet de Musky. Ce doute est bien présenté, bien géré, et relance efficacement le jeu de relations entre Axle et Musky.

Mais finalement, sur la trame générale, il faut bien avouer que j'ai été moins séduit. On sent bien que cette planète musée n'est qu'un prétexte, ingénieux, pour mettre en scène ces relations entre Axle et Musky mais ne participe pas vraiment à un quelconque développement. On introduit le nom de Korian là-dedans mais c'est juste pour dire que l'on ne l'oublie pas. En effet, à la fin de cet album, Axle ne s'est pas beaucoup rapproché de son père, mais apprend au moins la date de sa mort. Et puis, je commence à avoir une hernie au cerveau : on nous dit que les oeuvres d'art sont volées juste avant la destruction de la planète de laquelle elles sont issues. Ca veut donc dire que la Terre n'existe plus. Ca veut donc dire que l'"autre monde" dont on nous rabat les oreilles depuis tant de tome n'est pas un ailleurs mais un avant, et ca veut donc dire que le rêve est un moyen de voyager dans le temps... je ne suis pas sûr que tout cela soit vraiment cohérent lorsque l'on regarde la série dans son intégralité : Axle s'est bien rendu sur la terre dans "quelle réalité, papa" sans voyager dans le temps, et pour rencontrer la première fois Chimeer, la guilde lui avait permis d'aller dans le futur... Bref, je me fais des noeuds au cerveau mais c'est certainement voulu. Là où c'est frustrant, c'est qu'au bout du 18ème tome, on devrait commencer à deviner une orientation à ce récit dont la trame générale n'avance pas beaucoup de tome en tome.

Mais l'univers est là, et la relation entre Axle et celle que l'on croit être Musky donne du ressort à tout cela. Continuons donc pour voir où tout cela va nous conduire.

Note de l'album : 4,00
Tome 19 : Un tramway nommé délire

J'ai apprécié cet album que j'ai trouvé très complet et finalement assez intrigant. Le scénariste nous propose une nouvelle variation sur le thème de la destinée, comme il l'avait déjà fait dans le deuxième tome de la série. Mais ici, l'idée est agrémentée de plein de petits détails qui rendent le tout plus intéressant : les habitants de cette planète ont un look bien sympathique, leur physique sous forme de lapin soutient bien l'idée que ce sont des animaux qui obéissent, une petite histoire sentimentale est introduite, et il y a de l'action. En bref, c'est assez complet et si l'idée sous-jacente renoue avec cette volonté du scénariste d'utiliser sa série comme vecteur d'idées philosophiques, politiques et sociales, il évite ici de tomber dans le délire le plus total et du coup, ca en devient assez captivant. Depuis cette référence assez évidente à Alice au Pays des Merveilles jusqu'au dénouement et aux révélations finales, assez humoristiques et cyniques, j'ai été intéressé par cette histoire. Par ailleurs, le scénariste réintroduit l'idée qu'Axle et le monde qui nous est présenté dans cette série sont issus de l'imagination d'un scénariste, comme ce fut déjà le cas dans "Quelle réalité, papa ?". Pour moi, voici donc un album assez complet, qui se permet même d'être plus joli que ses prédécesseurs, grâce à un papier glacé qui rend l'ensemble plus éclatant. Si je ne vois pas bien en quoi cette nouvelle aventure nous rapproche de Korian, dont l'âme plane sur cette planète, j'ai profité de la découverte de cette nouvelle planète et de son mode d'organisation. Et au sujet de Korian, il y a fort à parier que l'on se rapproche de but, le titre du futur tome nous laissant présager un rencontre pas si lointaine entre Axle et son géniteur.

Note de l'album : 3,00
Tome 20 : Un certain monsieur Ko

Avec un tome comme celui-ci, avec ce titre qui ne peut faire penser qu'à KOrian, on se dit que le scénariste avait un boulevard. D'autant qu'avec ce début d'album, on a l'impression qu'il s'y engage, avec cet écrivain qui écrit sous nos yeux la vie d'Axle. On se dit que l'auteur joue sur la relation entre l'auteur et le héros qu'il a créé, initiant ainsi une vaste réflexion psychologique dont il a le secret. Le début est assez prenant, oscillant toujours entre récit très science fiction et récit intrigant autour d'un écrivain et son personnage. Mais bientôt, tout redevient normal et plus calme : l'explication de tout ceci est avant tout du registre de la science fiction, dont un élément explique l'inspiration de l'auteur. Je ne sais pas pourquoi, mais avec ce tome, qui semble marquer la fin de la quête du père pour Axle, j'ai l'impression que le scénariste est passé à côté de quelque chose et le fin mot de l'histoire se révèle finalement presque trop classique. Pour brouiller les cartes, les dialogues sont ici extrêmement compliqués à suivre, enchaînant les termes techniques qui m'ont un peu perdu. Dans l'ensemble, c'est pas mal, mais ca aurait pu être mieux.

Sur le dessin, je note un dynamisme accru par rapport aux tomes plus anciens, et un environnement plus clair et plus détaillé. Pour autant, il y a quand même des grands ratages, comme ce visage de M. KO qui semble peu stabilisé et dont les longs cheveux tentent de masquer en vain la difficulté du dessinateur pour lui donner un physique stable.

Note de l'album : 3,00
Tome 21 : La décharge

Cet album est un peu bizarre : après toute une phase pendant laquelle Axle a recherché Chimeer, puis une autre pendant laquelle il a recherché son père, cet objectif l'entraînant de planètes en planètes, on a l'impression que notre héros est désormais en manque de but. Sans aucune transition avec ce qui précède (comment Axle et Musky ont-ils rejoint le Dauphin d'Argent), voilà que notre fier équipage fait entrer à son bord une maladie mortelle. On retrouve dans ce tome la faculté du scénariste pour exagérer les travers de notre monde pour en anticiper l'impact dans ce monde de science fiction. Entre Lachtouye qui est porteur de la chtouille et transporteur de déchêts divers et variés vers une planètes dont les habitants rafolent des immonidces en tout genre, et cette interrogation sur ce qui a bien pu se passer entre Axle et la Cochonne en fin d'ouvrage, on sent que le scénariste a essayé de recréer un monde cohérent tout en sauvegardant une partie d'humour. Mais on sent également que plus personne n'y croit et tout est finalement assez rapidement expédié. Je n'aime pas trop cette Musky qui se comporte toujours comme une gamine alors qu'elle n'a plus 13 ans et l'invitation au voyage promise sur la couverture est un peu déçue car finalement, la majorité du récit se passe à bord du Dauphin d'Argent, et seules quelques pages sont réservées à la découverte trop rapide de la planète et de ses habitants. Bref, ca se lit rapidement et sans réelle implication : ce qui nous manque vraiement, c'est un but plus large que celui introduit dans ce seul ouvrage.

Note de l'album : 2,50
Tome 22 : Le solitaire

Comme pour le tome précédent, les auteurs nous poposent ici une petite histoire qui n'a rien à voir avec tout ce qui précède. Tout ce qui concerne korian, la Guilde, le fils d'Axle, Muskie est encore une fois totalement oublié et on se concentre ici sur une planète qu'Axle et Musky rencontrent au hasard de leur errance (parce que maintenant, il s'agit bien de cela). Une planète de l'amour où " je m'appelle moi pour moi et toi pour toi", à vrai dire assez lourde et un peu trop calme. Elle ne m'a pas séduite, cette planète, et le boss de fin de niveau est un peu trop facile à batte pour Axle. Le seul élément intéressant dans cet ouvrage, c'est cette décision de Musky de quitter le Dauphin d'Argent : pour la première fois, ce personnage, qui reste toujours accroché aux basques d'Axle, décide de quitter le duo. Si seulement ca pouvait arriver ! En effet, Musky est un personnage de plus en plus crispant, trop caricatural et un peu gamin, malgré son âge. Voilà donc un deuxième album consécutif qui nous présente les errances d'Axle au petit bonheur la chance, errances qui le conduisent sur une nouvelle planète. Mais cette dernière m'a semblé moins intéressante que la précédente et je commence à regretter d'avoir des histoires totalement déconnectées des poncifs de la série. Vu que l'on a suivi Axle dans ses aventures jusque là, il serait bien désormais que les auteurs nous donnent les réponses à tous les sujets en suspens.

Note de l'album : 2,00
Tome 23 : La rupture

Cet album présente une histoire et un univers difficilement maîtrisable, dans le quel il sera difficile pourle lecteur d'évoluer. Presque rien n'est expliqué, Cette histoire de rêves qui prennent vie, cette histoire d'un Axle qui tantôt est invisible et tantôt pas, cette histoire du buste sacré, cette planète qui n'existe pas : tout a été construit, semble-t-il, pour que l'on y comprenne pas grand chose et pour que cette histoire ne serve à rien, si ce n'est à expliquer, en fin d'ouvrage, qu'Axle et Musky sont séparés : seule information digne de ce nom et à peu près compréhensible sur l'ensemble des pages de cet album, c'est dire si c'est peu. Et l'issue de l'ouvrage est également totalement délirant : on ne sait pas comment Axle a rejoint le Dauphin d'Argent, on ne sait pas pourquoi il est resté dans le coma pendant 1 an, et on ne sait pas ce qu'est devenue Musky.

Bref, on n'y comprend rien et c'est quand même gênant, à ce stade.

Note de l'album : 3,50
Tome 24 : Muskie, encore et toujours ...

Après quelques errements sans but dans l'espace interstellaire, voilà que l'on s'engage désormais dans une nouvelle intrigue. Les dernières pages de l'album précédent ont permis d'initier cette relance d'une intrigue, en présentant la disparition de Musky. On enchaîne donc ici sur le père de cette dernière qui vient aux nouvelles, mais il lui faut avant retrouver Axle qui a disparu du Dauphin d'Argent pour se jeter tête baissée dans un piège. C'est vraiment selon moi, le point qui pêche un peu dans cette histoire. Comment imaginer qu'Axle, qui traine quand même sa bosse depuis un certain temps dans l'espace et qui a déjà fait la preuve de sa connaissance des espèces (son rôle de grand conciliateur l'a quand même bien aidé dans cette tâche), puisse se faire prendre au piège, de son plein grè, sur cette planète Zénobe ? A ce stade de la série, c'est assez peu convaincant. Heureusement, avec le retour de la guilde dans le tableau, avec cette nouvelle mission confiée par le roi des Eternautes à Axle, et avec un rythme qui s'accélère en deuxième partie d'ouvrage, c'est l'histoire, et donc l'ensemble de la série, qui retrouve dynamisme et orientation. C'est assez bienvenu après tout ces errements un peu inutiles des trois tomes précédents. Si je n'ai pas su apprécier à sa juste valeur les Zénobe, j'ai en revanche assez apprécié le personnage de braconneur de l'espace.

Quant aux dessins, j'ai encore du mal à m'y faire. L'ensemble est quand même plus précis que dans les premiers tomes de la série, mais les personnages prennent des évolutions bizarres : Matt est quand même doté, en certaines vignettes, d'une trogne qui ne lui ressemble pas et le dessinateur semble vraiment galérer à dessiner les lèvres du roi des Eternautes, et le personnage devient un peu horrible et sans finesse.

Mais ce rebond dans l'histoire est somme toute, appréciable.

Note de l'album : 4,00
Tome 25 : Le petit clône

En fait, avec 96 pages, voilà que les auteurs nous proposent un double album. Je ne comprends pas bien la logique dans le mesure où les deux histoires présentées auraient pu être séparées en deux albums, l'un présentant un Axle qui tente de se faire pardonner auprès de la reine des Eternautes, et l'autre narrant les péripéties d'Axle pour aller chercher Muskie. Mais il faut bien avouer que dans cet album, on sent que les auteurs prennent le temps de nous décrire la situation, et ca ne fait pas de mal à l'histoire. D'un autre côté, cela permet de présenter une histoire complète, assez statique lors du procès d'Axle et plutôt mouvementée lors du passage de l'"autre côté". C'est donc un album, dense et riche, et assez complet qui est proposé et c'est appréciable. J'ai également beaucoup apprécié la présence des Borgh, les alliés d'Axle dans cet aventure, qui proposent un renouveau intéressant au niveau des personnages et qui apparaissent fort sympathiques. Enrichie de ces personnages aux facultés étonnantes et bien utiles (et malgré leur discours autour des Rhumeraudes un peu répétitif), l'histoire prend de l'allant, et tout à l'air de s'enchaîner à merveille. Pour quelqu'un qui ne connaîtrait pas la série, il serait toutefois totalement inconscient de commencer par cet album : "Le Vagabond des Limbes" fait partie de ces séries qui développent tout un univers et tout un tas d'intrigues en fonds de chaque tome, et c'est malheureux à dire, mais il me semble que pour apprécier cet ouvrage, il faut avoir lu tous les précédents, dont certains sont quand même difficiles à aborder.

Mais pour l'heure cet ouvrage se veut plein d'aventure, plein de relations complexes, et plein d'actions. J'ai été un peu perdu en fin d'ouvrage, entre toutes les forces en présence et je suis sûr de ne pas avoir tout compris (sur la guilde qui maintient un équilibre avec l'autre côté,; sur cet autre côté qui aurait pu être notre Terre mais non, finalement ; sur cet enfant mû que tout le monde prend pour le sauveur on ne sait trop pourquoi...), mais dans l'ensemble, il m'a bien diverti. C'est donc un bon double album qui propose deux fois plus de plaisir.

Note de l'album : 4,00
Tome 26 : Le point de non-retour

J'ai vraiment bien apprécié cet album qui nous propose de faire mourir Axle en tout début d'ouvrage. C'est un choix assez osé et intrigant, qui de fait retient l'intérêt. C'est également un choix dangereux puisque ce qu'il reste de notre héros étant enfermé dans un caisson de verre, ce sont d'autres personnages qui devront porter l'histoire, et ces derniers devront être à la hauteur. Et sur ce point, ce sont les auteurs qui le sont parce que Matt Gammone, le grand Médiat, et Muskie se mettent en quatre pour trouver une solution au destin d'Axle. Et c'est un certain Aimos, sorti de nulle part, qui nous présentera le moyen de sauver Axle, en l'envoyant dans un monde où le temps s'écoule à l'envers dans lequel les gens ne naissent pas, vieillissent puis meurent, mais dans lequel ils sont vieux, ils rajeunissent et dont la naissance marquerait la fin. Cette idée d'un temps qui s'écoule à l'envers est largement développée dans cet album, qui ne sert qu'à préparer le voyage d'Axle vers ce monde inconnu. Malgré la loufoquerie apparente de l'idée, celle-ci arrive toutefois à s'imposer dans cette science fiction et au final paraît convaincant. L'histoire du tome suivant est bien lancée, et on est entretenu malgré soi dans une espèce de suspense sur la solution à développer pour sauver Axle. On ne s'ennuie donc pas et le tout se révèle plutôt bien imaginé.

En plus, les compagnons androïdes d'Axle décident, pour consoler Muskie, de lui construire un nouvel Axle qui ne ressemblera en rien à l'original. Il est grotesque, il est ridicule, on se demande pourquoi il est introduit dans cette histoire qui s'en serait bien passée, mais il se révèle au final touchant et qui sait, il aura peut-être un rôle à jouer dans l'aventure qui s'annonce dans le tome suivant.

C'est une bien belle introduction à une nouvelle histoire d'Axle, qui prend un risque certain en début d'ouvrage, et qui s'en sort avec les honneurs en présentant des éléments convaincants et plutôt intelligemment agencés.

Note de l'album : 3,50
Tome 27 : Le monde à l'envers

Le tome précédent nous avait mis en appétit. Le monde du temps qui s'écoule à l'envers était séduisant et intrigant. Les auteurs avaient ici un boulevard pour nous décliner à l'envi un monde riche. Je trouve, au final, que l'idée a été un peu sous exploitée et que ce monde n'a pas tout le relief qu'il aurait dû avoir. En effet, certaines réflexions sont très bonnes, comme toute cette réflexion sur le sens de la vie, toutes ces idées selon lesquelles notre monde est mal fait car, dans le déroulement normal du temps, on commence par le meilleur et on finit par le pire (vieillesse, maladie, etc.). C'est assez amusant, et voir le gars qui saigne avant de se prendre un truc sur la tête montre combien le scénariste a tenté de garder un semblant de cohérence dans cet album au ton déjanté et loufoque. J'ai également apprécié le parallèle qui est fait entre Axle, le mort qui revient à la vie, et son double androîde, qui lui, se désosse à mesure que le temps avance à reculons. Tout cela est assez bien fait et les auteurs ont poussé très loin leur imagination pour rendre ce monde crédible.

Une imagination débridée qui se révèle parfois un peu surprenante et décevante. On ne passe pas suffisamment de temps avec les habitants de ce monde, auxquels on a du mal à s'attacher. Par ailleurs, certains concepts sont tellement poussés qu'ils ont échappé à ma compréhension : le coup des immeubles qui sortent de terre est un peu mal préparé et on se demande ce que ca vient faire dans l'histoire. Enfin, je ne sais pas ce qui a pris aux auteurs de taper à plein dans le registre scato : Muskie accroupie en train de pisser, l'androïde d'Axle qui est pris de coliques nombreuses et que l'on voit se torcher et toute cette phase de régurgitation. C'est pas classe, et je pense qu'il y avait plus de matière à exploiter dans ce monde de l'antimatière. Il y avait certainement plus de concepts à développer que ces histoires de pipi-caca finalement un peu décevante.

De bonnes idées, certes, mais également un humour et des éléments très "raz des pâquerettes" qui viennent abaisser la qualité d'un scénario qui avait pourtant tout pour plaire.

Note de l'album : 4,00
Tome 28 : Le carnaval des animonstres

Cet album est bon et divertissant. Il vient clore l'histoire développée sur les deux tomes précédents et le début de l'ouvrage est assez prenant. L'intrusion des hommes de la guilde dans le Dauphin d'Argent, leur lutte contre les androïdes pacifistes d'Axle, tout cela donne, d'entrée de jeu, beaucoup de rythme. De même, je trouve que l'impact de la découverte des Rhumeraudes par les hommes de la guile est assez bien présenté, comme un clin d'oeil mi-cynique, mi-réaliste mettant en cause la nature humaine. J'ai trouvé que tout cela était bien présenté, bien exploité, et finalement, il ne manque que la réparation d'Axle Bis pour que la clôture du cycle précédent soit sans tâche. Dans le même temps, les auteurs ont également ouvert le récit sur une nouvelle aventure d'Axle et de Muskie (et non Musky, mais je conviens qu'il est difficile de tout suivre) sur une planète de tous les dangers. Si cette partie amène également sa dose de rythme, elle m'a moins intéressé que celle présentant les événements au sein du Dauphin d'Argent. Je trouve que les méchantes bébêtes ne sont pas graphiquement très travailléeq et on sait déjà, avant même que l'aventure ne commence, qu'Axle arrivera encore une fois à sauver sa peau. Seule la dernière vignette amène, dans ce cadre, un semblant de surprise.

Encore une fois, voici un des meilleurs albums de la série. On désespérait presque. Mais il manque quand même dans cet ouvrage une petite référence à Mû : est-ce que tout le monde l'aurait déjà oublié ?

Note de l'album : 3,50
Tome 29 : La réconciliation

Cet album est assez intéressant puisqu'il montre comment Axle se réconcilie avec la guilde. Ainsi, après tant d'aventures en tant que paria, en tant que renégat, voilà que l'on assiste à un réchauffement des relations entre la Guile et notre héros. Ca sent quand même la fin de la série tout ca, non ? Il faut dire que Reemihc ne fait, pour l'instant, plus partie du tableau et que le grand médiat, bien que fortement diminué, peut imposer sa volonté, volonté d'autant mieux acceptée qu'Axle serait le seul à sauver la galaxie tout entière. Le principe de la réconciliation ne me gêne pas mais il manque d'action dans cet album et on s'ennuie un petit peu. On met en scène une confrontation avec un peuple de lézard aux trompettes de la mort pour faire genre, mais on sent bien que le fonds de ce scénario ne se situe pas vraiment dans le reroutage d'une très grosse astéroïde : cette partie est traitée très rapidement, presque de façon anecdotique.

Le fonds de cet album réside avant tout dans les relations entre Axle et la guilde d'une part, et surtout, entre Axle et Muskie d'autre part. Ces relations me mettent d'ailleurs mal à l'aise car Muskie n'a que 13 ans... encore une fois, j'ai l'impression de voir dans Axle un pédophile en puissance. Il faut dire que pour 13 ans, le dessinateur a quand même forcé la dose côté puberté de la prépubère... Par ailleurs, je n'ai pas bien compris les réflexions de Muskie sur sa virginité car j'ai bien l'impression qu'elle et Axle ont bel et bien déjà croqué la pomme dans un épisode antérieur.

C'est donc une petite histoire qui nous est présentée, un peu bizarre et qui me dérange un peu par certains côtés et dont le seul intérêt semble être celui de préparer le lecteur à une fin de la série à plus ou moins brève échéance....

Note de l'album : 2,50
Tome 30 : Le retour vers Xantl

Cet album a eu du mal à me passionner. Je pense que ce qui faisait le charme d'Axle, jusque là, c'était d'être un renégat poursuivi par la guilde, statut qui l'a poussé à vivre les aventures les plus folles. Là, le retour en grâce dans tout le système interplanétaire marque la fin de cette histoire et du coup, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose. Godard revisite toutefois les éléctions et nous invente un Médiat suprême qui n'est pas au mieux de sa forme, et on se doute un peu de ce qui va arriver dès la présentation des autres personnages en lice pour acquérir cette place de choix. Mais je n'ai pas trouvé cet album ni drôle, ni palpitant, et je reste toujours sur cette idée d'une Muskie de 13 ans qui a connu la grande secousse avec Axle et du coup, je suis un peu dégoûté, d'autant que rien, dans cet album, ne nous sera épargné. Muskie, joue, depuis le tome précédent, le rôle de "petit clown", de faire valoir d'Axle, et se transforme en quelques occasions, en cette femme qui permet à Axle de se soulager. Bref, c'est un peu un jouet sexuel et tout cela me gêne énormément. Comme l'histoire de fonds n'avance pas des masses et que finalement, il ne s'agit que d'un tome qui pourrait se résumer à la disparition du Médiat Suprême, je me suis un peu ennuyé et je n'ai pas trouvé cet album particulièrement brillant.

Note de l'album : 1,50
Tome 31 : La planète des prodiges

Les auteurs nous proposent dans cet album exactement ce que je n'aime pas dans cette série. On renoue avec l'idée de certains tomes précédents, dans lesquels Axle se retrouve confronté à une planète de folie. Le ton tombe dans un discours pseudo philosophique et surtout, cette planète des illusions, c'est l'occasion de nous présenter du grand n'importe quoi. Dans les situations sans enchaînements logiques et peu crédibles, dans les discours et dialogues sans queue ni tête qui ne mènent nulle part : la folie est partout et j'ai du mal à adhérer à ce genre de récit. C'est d'autant plus difficile que je ne me rends compte que maintenant que, en dernière vignette, on a l'encart : "la suite dans le prochain épisode". Sauf que depuis la sortie de cet album il y a environ 10 ans, la suite n'est jamais venue et on se retrouve donc avec une histoire inachevée. Le sort du grand médiat, celui de Mû, de Musky, et d'Axle en grand conciliateur avant de devenir Média Suprême : autant de sujet qui ne seront pas finalisés, autant d'histoires qui restent en suspens.

Bref, au bout de 31 tomes, il est décevant de voir que le scénariste renoue avec ses vieux démons qui ne m'avaient pas enchanté, et surtout de constater que la série ne proposera pas de fin. C'est donc un album super lourd à lire compte tenu de son contenu pas vraiment facile d'accès mais qui en plus n'ouvre sur rien, ce qui est d'autant plus frustrant.