
Taniguchi nous emmène dans cette oeuvre vers les plus hauts sommets du Japon puis du monde entier. Fukamachi est au Népal à la suite de l'échec de l'expédition à laquelle il participait. En se promenant dans les rues de Katmandou, ses pas le mènent dans une petite boutique de revente d'articles de montagnes, souvent dérobés aux grimpeurs. Il y trouve un vieil appareil photo... Intrigué, il l'achète pour essayer d'en percer les mystères. C'est ainsi qu'il va faire la connaissance d'Habu Jôji (appelé également Habu San). Fasciné par cet homme et voulant en savoir plus sur le secret de cet appareil photo, il se lance dans une grande recherche sur la vie d'Habu San. Petit à petit, il rencontre les personnes qui l'ont côtoyé et qui lui raconte leurs souvenirs.
Le roman de Yumemakura Baku sur lequel est basé cette histoire doit être vraiment très intéressant. Le scénario de ce premier tome (sur 5 prévus je crois) est captivant. On est envoûté par les recherches de Fukamachi et on ne sent pas du tout passer le temps. Cet album qui a pourtant plus de 300 pages se lit assez vite, presque trop car une fois que l'on a fini, on regrette d'avoir à refermer ce livre. Petit à petit, on découvre Habu San, sa personnalité, sa vie. On comprend alors aisément l'engouement de Fukamachi et le temps qu'il consacre à cette recherche, cette quête. Toute cette aventure est palpitante et on se demande où elle va nous mener.
Le dessin de Taniguchi... un vrai bonheur. On comprend aisément que l'auteur du roman ait eut envie que ce soit Taniguchi qui adapte en manga son roman. Certaines doubles pages donnent l'impression d'être face à une véritable photo noir et blanc. Les paysages montagneux sont vraiment splendides et donnent envie d'y être. Quant aux personnages, il arrive à faire passez tout leur caractère, leur détermination dans leur visage en quelques traits. Toute l'émotion est bien rendue, la narration est fluide et magnifiquement bien mise en valeur par le dessin. On s'évade avec nos personnages dans ces montagnes.
Une seule petite ombre à ce tableau : beaucoup de noms japonais difficile à retenir et pour un(e) novice de la montagne et de l'escalade, je regrette qu'il n'y ait pas une carte du Japon voir du Monde avec tous les sommets dont ils parlent.
Touchante et émouvante, cette histoire se dévore et nous entraîne sur les plus belles mais aussi les plus difficiles parois à grimper qu'offrent les montagnes sur Terre. Vivement la suite.

Suite de l’enquête de Fukamachi dans ce second volume. Le premier tiers de l’album est consacré à l’échec d’Habu San quant à son ascension en solitaire des Grandes Jorasses. Dès le début de l’histoire, on en connaît la chute et on vit le périple d’Habu. Le reste de l’album est consacré aux recherches de Fukamachi, son enquête sur Habu San mais aussi à sa vie courante au Japon, ses motivations à lui, son intérêt pour la montagne, sa personnalité.
Cette histoire est vraiment passionnante, le scénario prenant et très bien construit. On suit les personnages dans leurs périples avec beaucoup d’intérêt, on vit l’enquête de Fukamachi et on attend avec hâte son dénouement. De plus, ses rencontres avec les personnes qui ont connu Habu sont vraiment intéressantes car on en apprend plus sur sa personnalité, ses envies et motivations, ses craintes… Face à Habu se dresse Hase qui est son opposé. Déjà bien présenté dans le premier tome, on en apprend un peu plus sur la rivalité entre ses deux grimpeurs de génie aux personnalités opposées. Ensuite, l’autre personnage principal, l’enquêteur Fukamachi est lui aussi mieux présenté dans ce tome. Alors qu’il n’était qu’un simple photographe faisant des recherches dans le premier tome, on en apprend ici un peu plus sur qui il est, sa vie et pourquoi il est obsédé par la montagne. Il prend plus de profondeur et devient plus intéressant.
Le dessin de Taniguchi est toujours aussi beau, je ne m’en lasse vraiment pas. Les traits qu’il a donné à ses deux personnages principaux sont très bien choisis et très plaisants. Face aux décors montagneux, leurs silhouettes sont fines et clairs, précises et assurées. On se plait alors à suivre leurs aventures. Le caractère volontaire d’Habu est dessiné sur son visage ferme quant à celui de Fukamachi, il est plus fin, moins dur comme le personnage qu’il représente. On vit donc avec lui cette aventure. Les roches et montagne, la neige et le vent sont tous magnifiquement dessiné et donnent envie de s’y rendre (sauf quand on lit qu’il fait -30°)
Comme le premier tome, j’ai dévoré celui ci et je l’ai refermé qu’avec une impression de déjà fini et de vivement la suite qu’on apprenne le fin mot de cette histoire, surtout qu’elle semble se préciser nettement et se promet toujours aussi passionnante. J’ai hâte.

Ce troisième volume est plus axé sur l’enquête de Fukamachi que sur les histoires passées. Avec Kishi Ryôko, ils parcourent les rues de Katmandou à la recherche d’Habu San. Puis, on passe par le face à face entre les différentes personnes présentes : Habu et Ang Tsering d’une part et Fukamachi et Kishi d’autre part.
Comme les deux autres albums, cette histoire est vraiment prenante. On ne lâche pas ce tome de toute la lecture tellement on veut connaître la suite de l’histoire, ce qu’il va se passer. Habu est un personnage vraiment fascinant et chacune de ses apparitions laisse le lecteur perplexe sur la suite de l’histoire. En effet, il n’a vraiment pas l’air facile et on se demande comment Fukamachi va s’en sortir pour mener à bien son enquête. Toute l’histoire sur l’appareil photo de Mallory n’avance pas très vite et on désespère d’en apprendre un peu plus mais je pense que la véritable révélation ne se fera hélas qu’au dernier tome. Le récit est vraiment fluide et très agréable à suivre. L’intrigue est parfaitement menée de bout en bout. Bref, au niveau du scénario, c’est vraiment très bon !
Le dessin de Taniguchi est toujours aussi splendide. Il représente aussi bien les caractères de ses personnages que leurs sentiments et leurs attentes. La montagne est quand à elle magnifiquement dessinée et plus d’une fois dans le récit, je me suis mise à regretter de ne pas être alpiniste et de ne pouvoir moi aussi gravir ces montagnes !
Un album qui mérite largement son prix à Angoulême. A lire d’urgence si ce n’est déjà fait. Moi, je vais maintenant m’attaquer au tome 4 :)

Ce 4ème tome nous révèle enfin l’incroyable projet d’Habu : gravir l’Everest par la face Sud-Ouest en hivernale, en solitaire et sans oxygène !!! Fukamachi qui a compris les intentions d’Habu va tout faire pour le suivre.
Ce 4ème tome est vraiment prenant. On rentre dans le vif de l’action, le défit ultime de l’homme face au sommet des Dieux ! Habu s’est lancé un défit vraiment extraordinaire et à chaque page, on se demande si il va y arriver ou si un évènement inattendu va se produire mettant en cause la réussite du projet.
Le récit est vraiment très bien construit et la lecture en est donc vraiment agréable. Il n’y a pas de temps mort et on est vraiment emporté à Katmandou puis sur l’Everest.
Psychologiquement, ce tome est également très intéressant puisque l’on y voit les doutes et les craintes, les pensées de Fukamachi quand il est seul face à la montagne. C’est intense et très bien mis en scène.
Et puis le dessin ! Il est vraiment magnifique. On a vraiment envie de voir ce que ça donne réellement, d’y aller et de vivre leur expérience. Les décors, les monts enneigés mais aussi les personnages sont vraiment très bien dessinés.
Une très bonne série qui donne envie de faire de l’alpinisme, de gravir ces montagnes et d’en fouler le sommet. J’attends avec impatience le tome 5 et la conclusion de ce récit.