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Si je devais essayer de reprendre à mon compte le vocabulaire d'Ennis, je dirais que c'est un p***** de comics !
Ennis est un scénariste diabolique ; un spécialiste d'histoire, en particulier celle des conflits. Et il reprend ici la terrible figure du Soldat Inconnu (c'est le cas de le dire) , un personnage crée par Joe Kubert en 1970. Un G.I. défiguré, qui devient un as de l'espionnage travaillant pour la C.I.A. A chaque mission, il troque son visage recouvert de bandelettes contre d'autres, se faisant ainsi passer pour qui il souhaite.
Notons par ailleurs qu'Urban Comics consacre la série écrite par Joshua "Hellboy" Dysart et dessinée par Alberto "Sam & Twitch" Ponticelli.
A travers ces quatre épisodes, Garth Ennis fait de cet emblème du patriotisme américain le symbole même du militaire fou. Sous la forme d'un récit d'espionnage, on revient durant la Seconde Guerre Mondiale, à la libération des camps de la mort, puis au Viet-Nam, au Cambodge, en Iran... Et à chaque fois des massacres perpétrés par la C.I.A. et en la personne de ce Soldat Inconnu. Ennis renoue ainsi avec le genre qui a consacré le personnage : un comics de guerre.
Et comme toujours avec l'irlandais, c'est violent, particulièrement cru, tout cela pour souligner l'horreur de la guerre et dénoncer l’interventionnisme américain.
Même si l'histoire commence doucement et qu'il y a une scène, une véritable boucherie, qui affaiblit un peu la narration, on tient là un comics qu'il vaut mieux lire assis, parce qu'il finit par un crescendo terriblement dramatique.
Ce one shot s'appuie sur les dessins de Killian Plunkett, qui envoie des planches au découpage plus soigné qu'il n'y paraît, tout comme son trait, sec, hachuré et sans chichi. Le dessinateur idéal pour cet album aux émotions fortes.