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Dernièrement, Casterman nous gratifie de différents très bons albums très engagés ("Sidi Bouzid Kids" en est un bon exemple), qui remuent les tripes et poussent à la réflexion.
"Le silence de nos amis" fait parti de ces one-shots indispensables, de ces livres à la puissance narrative fulgurante qui laissent une trace dans la vie d'un lecteur de notre époque. Très remarqué aux USA lors de sa sortie, cet album s'est rapidement placé dans la liste des best-sellers du New York Times. C'est dire son succès !
A la découverte de cet album, la puissance graphique saute au visage, d'entrée de jeu. Le Talenteux Nate Powell ("Swallow me whole") impressionnante par son aisance et son trait tout en rondeur et en douceur, sublimé par le superbe noir et blanc, symbolique dans cet album, dont la puissance narrative est sans faille. Certaines planches, complètement muettes, sont d'ailleurs chargées d'une émotion très forte.
Le scénario, quant à lui, s'inspire des souvenirs d'enfance de Mark Long, développés avec Jim Demonakos, qui se lance ici dans son premier roman graphique.
Le ton semble d'une justesse et d'une sincérité à toute épreuve, tout en restant humble. Bien des questions sont posées à la lecture de ce bel album, à commencer par celle de l'engagement dans un combat pour la liberté. A quel prix ? Comment quitte t'on son confort personnel ou sa condition soumise pour parvenir à faire changer le monde ? En filigrane, on peut trouver des réponses entre les lignes de cette histoire hors du commun.
En publiant "Le silence de nos amis", Casterman nous permet de toucher du doigt une période sombre, dominée par l'ignorance et la peur de l'autre. Tout en gardant bien à l'esprit que si les choses ont évolué dans le bon sens, tout n'est pas encore rose au pays de l'oncle Sam.
De la grande bande dessinée, tout simplement.
3 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Le silence de nos amis, lui attribuant une note moyenne de 3,67/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
"Le silence de nos amis" est un nouveau one shot publié chez casterman dans la collection écriture. Cet album correspond parfaitement à la ligne éditoriale de cette collection.
Le sujet traité est le racisme. Nous sommes en 1968 dans la ville de Houston aux États-Unis. A cette époque le climat y est insupportable, la population noire est en pleine lutte contre la ségrégation et l'obtention de droit civique. Dans ce décor nous allons suivre la vie de deux familles. L'une blanche dont le père de famille est journaliste à la télévision. L'autre noire Rassemblé autour du père, avocat, au premier rang de la lutte. Ces deux père de famille vont se lié d'amitié, celle-ci sera mise à rude épreuve.
Le dessin en noir est blanc est très agréable. L'encrage précis, le décor épuré qui suffit à créer une ambiance à ce livre. On regrettera cependant les bulles souvent orienté aléatoirement qui nuise à la fluidité de la narration.
Un document intéressant sur une des pages sombres de l'histoire des USA.
"Le silence de nos amis" est une histoire semi-autobiographique basée sur l’enfance de Mark Long et sur les événements vécus par son père. Mark Long et Jim Demonakos relatent l’histoire d’une ville de Houston divisée en deux parties par un racisme aussi stupide que violent. L’action se situe en 1968, lors d’une période sombre de l’Histoire des Etats-Unis où la lutte pour les droits civiques et contre la ségrégation fait rage…juste avant l’assassinat de Martin Luther King.
L’histoire, qui met en scène deux familles, l’une blanche, l’autre noire, propose deux perspectives différentes des tensions qui régnaient à l’époque dans l’état américain du Texas. Le lecteur suit donc d’une part une famille blanche issue d’un quartier raciste et de l’autre une famille noire issue d’un des quartiers pauvres de Houston. Si les deux tentent de se rapprocher en passant outre les préjugés et cette ignorance qui nourrit la peur de l’autre, ils ne peuvent cependant pas échapper à ce climat hostile qui condamne tout mélange de couleurs.
Usant d’un ton juste, les deux auteurs proposent un récit engagé qui restitue parfaitement l’atmosphère tendue de l’époque. Ils proposent également une histoire d’amitié entre deux pères de famille, mais se contentent du strict minimum au niveau du développement psychologique des deux personnages clés afin de se concentrer principalement sur l’ambiance qui accompagnait cette ségrégation raciale. L’empathie n’est donc pas totale, mais la prise de conscience et le ressenti des tensions le sont bel et bien.
Visuellement, le graphisme de Nate Powell m’avait déjà fort séduit lors de la lecture de "Swallow me whole" et son dessin en noir et blanc fait à nouveau mouche dans cet album. En utilisant à merveille les non-dits, il parvient à saisir les émotions des différents personnages et à distiller une ambiance pesante qui se place au diapason de cette histoire.
Un très bon one-shot !