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Le sculpteur
 

Le sculpteur

 
 

Résumé

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Planche de Le sculpteurAvec le Sculpteur, l’auteur de "L'Art invisible" propose un roman graphique ambitieux qui revisite le mythe de Faust.

Ce pavé de près de 500 pages raconte l’histoire d’un sculpteur en mal d’inspiration qui ne vit que pour son art. Fauché et prêt à tout pour obtenir la reconnaissance du public et de ses pairs, David Smith se laisse tenter par un pacte faustien que lui propose la Mort : s’il accepte de mourir au terme de 200 jours, il obtiendra en échange le pouvoir de sculpter à mains nues tout ce qu’il touche. Tout ce que son esprit imagine, se transformera en œuvre d’art au seul touché de ses mains…

Ce plongeon au cœur du milieu artistique new-yorkais permet à l’auteur de critiquer le marché de l’art. Du lot quotidien d’un artiste en soif de reconnaissance à cet univers régi par les critiques et les mécènes, Scott McCloud s’interroge sur la fièvre créative et invite à découvrir le chemin sinueux qui mène vers une gloire parfois aussi fulgurante qu’éphémère, au sein d’un monde spéculatif où le talent artistique n’est pas vraiment le seul moteur.

Parallèlement à cette quête artistique, Scott McCloud nous propose une belle histoire d’amour. Dès la première rencontre avec Meg, c’est le coup de foudre et le lent rapprochement des deux est non seulement profondément émouvant, mais surtout narré avec grande justesse. Cette découverte de l’amour fou va bousculer les priorités de David et invite à réfléchir sur le sens de la vie. La reconnaissance est-elle le but ultime ou y a-t-il d’autres moyens de réussir sa vie ?

Le personnage principal se retrouve donc partagé entre sa passion pour l’art et son grand amour, le tout sur fond de compte à rebours. L’approche de cette échéance de 200 jours ajoute non seulement du suspense au récit, mais a également tendance à intensifier son envie de vivre pleinement ses deux passions en profitant de chaque minute qui lui reste.

Visuellement, Scott McCloud livre également un sans faute en dressant le portrait de personnages particulièrement attachants et en proposant un découpage d’une rare efficacité, qui s’installe au diapason du rythme de lecture. Ce dessin qui fourmille de détails tout en gardant le focus sur les personnages est rehaussé d’une superbe bichromie aux tons bleus.

Un gros coup de cœur !!!


Chronique rédigée par yvan le 21/04/2015
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 5.00
Dépôt légal : Mars 2015

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Le sculpteur, lui attribuant une note moyenne de 5,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

14 8 2015
   

On commence à lire cet album avec une certaine appréhension : pourquoi 500 pages pour « juste » une revisite de l’histoire de Faust ? Parce qu’au début, c’est bien de cela qu’il s’agit : David Smith fait un pacte avec la mort : sous réserve d’accepter de mourir dans 200 jours, il sera investi de pouvoirs extraordinaires lui permettant de modeler ce qu’il désire, et de réaliser ainsi son art. Sur le fonds de l’histoire, on commence sur quelque chose de très connu et on pourrait craindre une production trop classique.

Et c’est là que l’auteur surprend. Comme il l’a fait en révélant brutalement la nature de l’oncle Harry en début d’ouvrage, l’auteur ne cessera de prendre le lecteur à contrepieds. D’abord, alors que l’on pouvait s’attendre à ce que David réalise son rêve grâce aux pouvoirs fantastiques qui lui sont conférés (et notamment ce super pouvoirs de modeler toute matière à sa guise grâce à ses mains, voire par la seule pensée), voilà que la consécration artistique se fait attendre. Par ailleurs, l’auteur ajoute dans le tableau une histoire romantique avec la jeune actrice Meg, dont la personnalité et les failles apportent une richesse supplémentaire à l’histoire. Et au fil des pages, l’auteur nous ferait presque oublier cette histoire de pacte pour se consacrer sur les relations entre David et Meg. Un romantisme dur et mature, une histoire d’amour qui là encore s’éloigne largement des sentiers battus, compte tenu notamment des personnalités finement ciselés des protagonistes. Malgré l’ambiance fantastique du pacte et des super-pouvoirs qui vont avec, l’auteur arrive à imposer un réalisme et une authenticité dans cette relation. Un réalisme qui va bien au-delà d’ailleurs de la seule relation entre Meg et David, et qui s’étend également à toutes leurs connaissances.

Les thèmes de la vie et de la mort sont bien sûr abordés, comme on pouvait s’y attendre. Mais en ajoutant des réflexions sur le monde de l’art, sur l’amour, sur la maladie, sur la solitude, sur la sollicitude, sur la compassion, sur l’amitié, sur la société, sur l’ambition, sur les machinations, sur la famille, sur la parentalité, sur l’argent, sur l’humanité, sur la violence, sur l’espoir et tant d’autres, le récit semble ne rien oublier et s’approche d’une sorte de plénitude. Surtout que toute l’intelligence est de présenter ces thèmes avec nouveauté, modernité, et surtout avec beaucoup de sentiments. On est bien loin des réflexions du café du commerce, et c’est tout le récit qui s’envole dans une sorte de folie et de rêve, tout en restant très ancré dans la réalité des sentiments et des relations humaines. C’est bien la réalité de la vie qui se déroule là-dedans, malgré une idée de départ qui prend sa source dans le plus pur fantastique.

La gestion du rythme de l’ouvrage, et particulièrement dans les dernières pages du compte à rebours, est exemplaire. L’auteur joue sur la taille des vignettes, sur l’entrecroisement des personnages pour rendre tout cela trépidant, alors que le dessin brut, animé par une colorisation jouant sur les variations de bleu, assure une belle lisibilité de l’ensemble.

Jusqu’à la dernière page, j’ai été tantôt intrigué, tantôt surpris, tantôt dérouté, tantôt émotionnellement impliqué, toujours au diapason avec ce David et cette Meg. Et au final, on est presque déçu que cette revisite du mythe faustien ne compte que 500 pages…