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Tome 1 : Les enfants terribles
 

Le Droit Chemin, tome 1 : Les enfants terribles

 
 

Résumé

Le Droit Chemin, tome 1 : Les enfants terriblesAfin d'acceder au résumé de Le Droit Chemin, tome 1 : Les enfants terribles, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Le Droit Chemin, tome 1 : Les enfants terriblesLorsque j'ai vu Lupano en couverture, je n'ai pas pu m'empêcher de penser avec délectation à "Alim le tanneur" et, peut-être plus encore, à "Célestin Gobe-la-Lune". Je pars donc avec un a priori prositif, tant j'ai aimé ce scéanariste dans les deux séries précitées (et pour l'avoir rencontré lors d'une dédicace, c'est en plus un gars sympa).

Cette nouvelle aventure est terriblement bien campée dans l'Histoire, avec quelques ingrédients assez révélateurs : le féminisme naissant avec le comportement de Jeanne, les début du surréalisme, cette histoire de "moeurs" de l'aviatrice sont autant d'éléments qui inscrivent cette histoire dans la modernité de l'entre-deux guerre. Dans le même temps, il y a la présence d'un comte, il ya cette gueule cassée de la guerre 14-18, il y a cet internat à l'ancienne qui regroupe des ados un peu ruraux, qui sont eux des éléments qui renvoient au passé. Ainsi, dans cette histoire, on se situe à la croisée des chemins de l'Histoire, dans cette France qui aimerait aller de l'avant mais qui reste engluée dans ses traditions, toujours traumatisée par son histoire récente. Mine de rien, la seule construction de cet environnement m'a semblé riche et bien dosée.

On s'intéresse ensuite aux quatre enfants terribles de cet internat : comme dans tout pensionnat regroupant des adolescents, il y a toujours un groupe de têtes brûlées qui dérogent aux règles. Ici, ce groupe de quatre ados aux allures sympathiques assure le spectacle : ils défient l'autorité, ils se chamaillent entre eux, et surtout, ils rejoignent le thème universel des ados d'un pensionnat : faire le mur pour aller voir la fille d'à côté. On y croit, l'ensemble est sympathique même si certains passages peuvent sembler longuets comme cette scène dans le grenier, mais les quatre enfants terribles présentés sont quand même assez intéressants et ne sont pas dénués d'une certaine dose d'humour, notamment quand leur nature un peu brutale et mal dégrossie se retrouve en face du raffinement et du modernisme de la fameuse Jeanne. L'ambiance est parfaitement travaillée et on retrouve un peu du cercle des poète disparus, un peu de la guerre des boutons, un peu des disparus de saint-agill : le thème du pensionnat traité de cette manière me fait personnellement penser aux différents codes repris dans les œuvres précitées.

Outre ce groupe de personnages au centre du récit, l'auteur nous en fait découvrir d'autres, tellement réalistes mais tellement improbables : Jeanne, féministe, libérée et artiste abstraite ; la sportive aux physique généreux qui ne permettrait pas aux jeunes internes de fantasmer, compte tenu d'une sombre histoire de mœurs. Et surtout la Goule, le surveillant général que la guerre a bien abîmé, et qui va "couvrir" Jules et ses copains en échange, vraisemblablement d'un service... c'est avec ce personnage que le récit gagne en direction en fin d'album.

Car c'est un peu le reproche que l'on pourrait faire à ce premier album : on s'amuse des facéties du groupe des 4 enfants terribles, on s'amuse de leur sortie et de leurs actes d'incivilité mais on se demande un peu ou tout cela va nous emmener. Il faut attendre les dernières pages de ce premier album pour que véritablement une intrigue autour de cet internat ne se noue. C'est un peu long à mon goût et toute cette histoire avec La Goule arrive peut-être trop tard. Pour autant, on sent bien qu'il y a un secret derrière tout cela, et c'est la curiosité qui poussera inexorablement le lecteur dans les pages du tome suivant.

Au niveau des dessins, je ne connaissais pas Tanco. Je suis ravi de le découvrir, tant j'ai aimé son trait dans cette histoire. Tout est superbement étudié, et même si parfois le trait peu se révéler un peu gras, j'ai trouvé dans cette technique une véritable sensibilité. J'ai vraiment aimé ce trait moderne et dynamique, qui pourtant n'enlève rien au réalisme des situations. A noter enfin que les couleurs viennent opportunément agrémenter ce dessin pour donner à l'ensemble une bouille sympathique.

Bien que je sois encore dubitatif sur la force de l'intrigue, qui a du mal à se révéler dans cet album, je suis tombé sous le charme de ce premier opus, de son environnement, de sa richesse, et de ses personnages charismatiques.


Chronique rédigée par gdev le 07/03/2012
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Mai 2011

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Le Droit Chemin, tome 1 : Les enfants terribles, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

10 10 2013
   

Allez, un Lupano que je n'avais pas encore lu. Comme d'hab, c'est du très bon. La période historique est bien ciblée est retranscrite (comme pour "L'assassin qu'elle mérite"). Les personnages sont tous très attachants, y compris la Goule, qui, on le devine, cache un lourd secret. Le dessin est simple et efficace, les couleurs sont très jolies, on a parfois l'impression d'assister à un cartoon, lorsqu'on voit les gens courir de loin par exemple, ce qui m'a fait automatiquement penser à "Célestin Gobe-la-Lune".
Même si le scénario pourrait sembler convenu (quoi de plus banal que des gamins qui s'échappent du pensionnat pour aller voir des filles), on se prend à tourner les pages en se demandant ce qu'il va se passer par la suite.
Décidemment Lupano n'a pas son pareil pour créer des belles histoires, à la fois réalistes, simples et palpitantes. A chaque fois très proche du Film, c'est le seul scénariste que je connaisse qui arrive à me faire lire une BD en ayant l'impression d'être au cinéma...
Sans surprises, j'aime beaucoup.