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Avis BD de yvan
 

Avis BD de yvan sur Le Choucas


Note moyenne de Coin BD sur la série Le Choucas Moyenne Coin BD : 3,32/5
Note moyenne de yvan sur la série Le Choucas Moyenne de yvan : 3,33/5
 
Note de l'album : 3,50
Tome 1 : Le Choucas rapplique

Quel étrange oiseau ce Choucas. Victime du bug de l’an 2000, ce remonteur de pendules se reconverti en détective privé suite à une conversion téléphonique qu’il intercepte.

On se retrouve donc avec un personnage à l’approche du crime assez inaccoutumée et qui, au gré de ses mésaventures dans les petites ruelles parisiennes, fait penser à un personnage de Tardi. Un personnage cynique, qui adore jouer avec les mots et qui contribue à installer cette ambiance bien particulière, propice au polar noir des années 70.

Le dessin et la narration en voix-off n’y sont certainement pas étrangers. Mais, si cette dernière installe parfaitement l’ambiance, son utilisation excessive a également tendance à ralentir la lecture et à freiner le dynamisme de cette première enquête.

Le scénario, basé sur un complot envers une vielle joueuse de scrabble, est assez simple, mais efficace. Par contre, l’histoire prend une tournure flirtant avec l’absurde en fin de tome. Ce virage est assez surprenant, légèrement dérangeant au début, mais apporte également un zeste de fraicheur/folie à ce polar noir plutôt lent à la base.

Un premier tome à recommander à ceux qui savent apprécier les bons polars noirs qui reposent en grande partie sur l’ambiance créée par une narration en voix-off.

Note de l'album : 3,00
Tome 2 : Le Choucas s'incruste

Après avoir appris les circonstances peu communes qui l’ont poussé à devenir détective privé, on retrouve le Choucas installé dans son ‘nouveau’ bureau de 33 m2. Mais, pour cette deuxième aventure, toujours aussi décalée, le Choucas ne va pas se contenter de Paris et va donc parcourir le monde à la recherche d’un des protagonistes de cette histoire.

Mais, le Choucas est encore très loin du professionnalisme et, tout comme dans l’enquête précédente, il va courir derrière les faits et ne jamais vraiment maîtriser la situation. Mais, si l’intrigue du premier tome avait su me séduire, l’intrigue de ce second volet semble un peu forcée et manque de crédibilité. Néanmoins, les jeux de mots habiles, l’humour et une narration en voix-off efficace parviennent à partiellement combler cette lacune.

Lax ("Les oubliés d'Annam", "Azrayen'", "L'Aigle sans orteils") va également nous livres quelques nouveaux personnages bien sympathiques, dont un amateur de vin qui plaira sans doute aux œnologues. Les noms de famille singuliers (Calendrier, Pardessus, Anorak) enlèvent encore un peu de crédibilité au récit, mais permettent à l’auteur quelques jeux de mots subtils.

Le dessin reste efficace et les images amusantes, utilisées pour la représentation graphique des sons, ajoutent encore un peu d’humour à ce polar sympathique.

Note de l'album : 3,50
Tome 3 : Le Choucas enfonce le clou

Une nouvelle aventure, toujours aussi abracadabrantesque, d’un Choucas qui semble de mieux en mieux maitriser son sujet. Une histoire pleine de rebondissements, mais bien moins tirée par les cheveux que la précédente.

Une enquête, qui va lancer notre détective à la recherche des personnes représentées sur une photo de classe de 1962 et va obliger notre Choucas à déployer ses ailes pour un petit voyage passant par Larzac et la Corse. Un jeu de piste très plaisant et baignant, comme d’habitude, dans des jeux de mots subtils, de nombreuses références et une bonne dose d’humour.

Durant cette traque, la Choucas va rencontrer de drôles d’oiseaux : un ancien soixante-huitard lanceur de pavés, un révolutionnaire corse, un chauffeur de salle, etc. Tout comme, le concierge du Choucas ou son copain chauffeur de taxi, ce sont tous des personnages bien typés que l’on prend plaisir à rencontrer.

De plus, dans ce troisième tome, Lax ("Les oubliés d'Annam", "Azrayen'", "L'Aigle sans orteils") va également lancer un regard critique vers ces émissions télés à grand audimat et leurs animateurs. L’auteur semble définitivement préférer les polars noirs et l’on ne s’en plaindra pas.

Note de l'album : 3,50
Tome 4 : Le Choucas n'en mène pas large

Utilisant la même recette que pour le précédent tome, Lax semble avoir trouvé son rythme de croisière avec cette nouvelle aventure qui débute par une bouteille flottante sur l’océan et contenant un message. Le trésor à récupérer semble être le frère du curé d’un petit village de montagne, et le chasseur de service se nomme Choucas !

Lax ("Les oubliés d'Annam", "Azrayen'", "L'Aigle sans orteils") nous propulse donc dans un nouveau jeu de piste, toujours agrémenté de personnages bien typés, et qui, cette fois, va nous emmener successivement à Thouzet-le-Haut dans les Alpes, sur l’île de Madère et en Amazonie. Le Choucas semble donc déployer ses ailes vers de territoires plus en plus éloignés, pour une histoire abracadabrantesque toujours truffée de citations de Série Noire et habilement construite autour de jeux de mots subtiles.

Très bon !

Note de l'album : 3,00
Tome 5 : Le Choucas met le feu aux poudres

Pour cette cinquième aventure le Choucas ne déploie plus ses ailes, mais reste sur ce Paris qui, au gré de ces petites ruelles contribue à créer cette ambiance propice au polar noir des années 70. Le héros de Lax ("Les oubliés d'Annam", "Azrayen'", "L'Aigle sans orteils") fait d’ailleurs penser à un personnage de Tardi au sein de cette ambiance parisienne.

Un personnage central toujours assez loin du professionnalisme qu’exigerait son métier de détective privé et qui n’est donc que très rarement maître de la situation. Un enquêteur empli de doutes et très humains qui, comme d’habitude, va rencontrer une flopée de personnages fort typés et très réussis, dont Odile et Gabin, son copain chauffeur de taxi qui va jouer un rôle plus central dans cette histoire. Un héros cynique et des personnages qui adorent jouer avec les mots. Les dialogues font d’ailleurs toujours mouche et la narration en voix-off reste efficace.

Par contre, tout comme pour le deuxième tome, le scénario est un peu à la peine dans cette histoire qui pèche dans l’exagération de coïncidences et dont le côté un peu forcé nuit à la crédibilité de l’ensemble, même si le côté abracadabrantesque des aventures est une des images de marque de cette série. Le graphisme reste par contre impeccable avec une utilisation toujours aussi amusante de ces images utilisées pour la représentation graphique des sons ou de pensées.

Bref, amusant, graphiquement excellent, mais trop farfelu au niveau scénario, avec, de surcroit, quelques longueurs qui n’arrangent rien.

Note de l'album : 3,50
Tome 6 : Le Choucas gagne à être connu

Pour ce sixième tome, notre drôle d’oiseau va avoir droit à son baptême de l’air. Et comme pour les autres tomes où le Choucas s’éloigne des petites ruelles de Paris pour se livrer à un jeu de pistes, celui-ci est de nouveau de qualité.

Cette fois, c’est dans une des régions les plus sauvages du Québec qu’une nouvelle enquête emmène ce détective privé qui préfère courir derrière les faits usant d’une narration pourvue de jeux de mots subtiles, que de les maîtriser. Une nouvelle aventure qui permet de découvrir les mœurs locales, sans évidemment atteindre le niveau d’authenticité du Québec de "Magasin général", mais le but principal de cette série se situe bien évidemment ailleurs ; dans le polar noir !

Cette fois, le jeu de pistes va lancer le Choucas à la recherche d’un dénommé Gus Chambranle et permettre à Lax ("Les oubliés d'Annam", "Azrayen'", "L'Aigle sans orteils") de nous livrer à nouveau une panoplie de personnages bien typés : des anciens comme le concierge M. Matéo à son ami chauffeur de taxi, Gabin, aux nouveaux comme Morton Marbrier, voyageur de commerce, Eglantine la jolie barmaid ou Mascouche, l’indien explosif de la tribu Paakna-Aki.

Bref, encore un très bon tome. Peut-être le dernier de cette série dont les 6 tomes sont repris dans une intégrale en noir et blanc.