45 063 Avis BD |19 420 Albums BD | 7 701 séries BD
Accueil
Tome 21 : L'Etoile du Matin
 

Largo Winch, tome 21 : L'Etoile du Matin

 
 

Résumé

Largo Winch, tome 21 : L'Etoile du MatinAfin d'acceder au résumé de Largo Winch, tome 21 : L'Etoile du Matin, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Largo Winch, tome 21 : L'Etoile du MatinGiacometti est un auteur que je connais surtout pour les romans co-écrits avec Jacques Ravenne, qui mettent en scène un flic franc-maçon, Marcas, et qui s’appuient pour beaucoup sur les réalités, et surtout les idées reçues, des loges maçonniques. Des romans dynamiques dans lesquels on s’ennuie guère. J’avais d’ailleurs vu que ces derniers avaient fait l’objet d’adaptation en BD (« Marcas »). C’est donc Giacometti qui a été choisi pour reprendre le flambeau de Van Hamme, et compte tenu de mon expérience avec cet auteur, c’est assez confiant que l’on entre dans l’ouvrage, d’autant que Francq, lui, est resté.

Et c’est un réel de plaisir de renouer avec Largo, comme à chaque fois. D’autant qu’ici, contrairement au tome précédent, notre héros sera bien présent, reprenant le contrôle des événements qui lui avaient échappé dans l’album 20. Un retrouve un Largo actif, qui sera à la fois au cœur de grandes actions, comme dans cette jungle du Mexique, mais que l’on retrouvera également à animer son conseil d’administration. On notera d’ailleurs que cet album semble s’orienter vers les thèmes qui ont fait le succès de la série : on revient ainsi vers une intrigue financière, où il est question de Trading Haute Fréquence, où il est question de la SEC et du FBI, où il est question de techniques propres au milieu de la Bourse. On retrouve ainsi un jargon financier, dans le style de « OPA ». Quant aux actions au porteur du Groupe W, que Largo décide de changer place, elles feront irrémédiablement penser au premier diptyque de la série, dont l’intrigue était centrée sur ces titres de propriété. Alors, oui, sans hésiter, cet album présente bien des éléments alléchants, et se positionne d’emblée comme un retour aux sources de la série, comme pour mieux la faire renaître sous la plume de Giacometti, qui n’hésite pas à multiplier les clins d’œil aux albums précédent, comme pour mieux affirmer la continuité avec ce qu’avait fait Van Hamme, et donc légitimer son rôle de repreneur.

Mais force est également de reconnaître que tout n’est pas vraiment fluide là-dedans, et que Giacometti en fait peut-être un peu trop. En effet, on sent bien que le repreneur est gêné aux encornures avec ce personnage de Maliakov, qui avait tenté d’attenter à la vie de Largo dans le tome précédent. Giacometti expédie le personnage rapidement dans les premières pages, en laissant planer le doute sur sa volonté d’y revenir dans le futur. Tout cela est assez obscur. Il y a ensuite toute cette péripétie dans la jungle du Mexique, suite à un congrès des grands de ce monde, où l’on nous présentera des alter-rmondialistes à peine manipulés et caricaturaux : certes, on sent bien que, dans un scénario qui allait par ailleurs s’intéresser à la Finance, il fallait délocaliser la partie « Action » de cet ouvrage. Ce passage fait un peu toc, et l’introduction des réseaux sociaux là-dedans est une manœuvre assez peu convaincante pour nous montrer que la série vit avec son temps. Enfin, il y a quand même cette histoire autour des titres au porteur que Largo fait changer de lieu pour les sortir de Suisse et être ainsi soumis à l’impôt : Ok, largo est un patron socialement responsable et autant qu’il ne soit pas un exilé fiscal. Pour autant, on comprend assez mal pourquoi un simple fourgon, sans aucune protection, se charge du transfert de ces titres : d’autant que Simon est dans les parages et aurait dû servi de garde du corps… Tout cela est assez mal ficelé, parfois un peu too much, souvent prévisibles, et pour des raisons qui peuvent parfois nous échapper.

Entre Maliakof, les alter-mondialistes, ces discussions mystérieuses entre un mystérieux investisseur et un fonds de gestion d’actifs, les péripéties au Mexique, les transferts des titres, l’histoire de fonds autour du mini-krach de Wall Street, a bien du mal à émerger, comme si elle était étouffée par tout un tas d’événements connexes qui ont du mal à trouver leur légitimité dans cet ouvrage. Je ne désespère pas car tout cela se mettra certainement en place dans le second volume du diptyque. Mais Giacometti prend le risque ici de rendre très complexe une histoire qui ne le mérite pas. En effet, le Trading Haute Fréquence (qui sont en fait des opérations de bourses passées sur les marché par des algorithmes qui identifient des décalage de marché entre différents titres ou différentes zones géographiques) et une technique suffisamment complexe en elle-même : rien ne justifier de rajouter tous ces éléments annexes. Cette partie de l’intrigue est assez vite expédiée, depuis la rencontre avec Mary jusqu’aux dernières pages dans le centre de traitement de la filiale hébergeant les fameux algorithmes. Par ailleurs, on pourra s’étonner de voir ladite Mary, simple employée de la filiale en question, savoir directement où se trouve les bonnes connexions dans une salle immense meublée de serveurs.

Dans cet album Francq nous sert du bon Largo graphique, bien lumineux et péchu comme il faut. On reste dans l’identité graphique de la série, et les scènes d’actions sont bien rendues, tout comme d’ailleurs les scènes plus statiques, grâce à un remarquable souci du détail notamment. On pourra juste se demander si la ressemblance physique entre l’inspectrice de la SEC et la tueuse à gages est fortuite ou non…

Comme je suis bon public de "Largo Winch", et comme je vois d’un bon œil l’arrivée d’un scénariste qui ne m’a pas déçu sur d’autres productions (sur d’autres support), je ne peux que me réjouir de la parution de ce nouvel album. Pour autant, l’intrigue me semble déséquilibrée, l’histoire de fonds se faisant submerger par tout un tas d’éléments connexes qui viennent perturber la lecture d’éléments complexes. Ce n’est pour autant que le premier album d’un diptyque, et Giacometti aura tout le temps de prochain tome pour expliciter et surtout légitimer, tous ces éléments qui pourraient paraître en surnombre.


Chronique rédigée par gdev le 21/10/2017
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,00
Visitez ma fiche, lisez mes autres avis, comparez vos goûts avec les miens !
Avatar de gdevReflet de l'avatar de gdev
Statistiques posteur :
  • 2918 (76,37 %)
  • 261 (6,83 %)
  • 642 (16,80 %)
  • Total : 3821 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,00 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 3,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
Acheter neuf : 13,25 13,25 13,25
Acheter d'occasion : 11,51
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 3.50
Dépôt légal : Octobre 2017

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Largo Winch, tome 21 : L'Etoile du Matin, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

edu :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
Avatar de Reflet de l'avatar de
22 10 2017
   

L’Étoile du matin sonne le renouveau particulièrement réussi de la série et annonce une mue profonde de l’univers où évolue le plus célèbre héritier du 9ème Art. « Le destin n’est pas une question de chance. C’est une question de choix. ». Cette citation de Nério Winch, Philippe Francq pourrait la faire sienne quand Jean Van Hamme lui annonce brutalement en 2014 son souhait de mettre fin à leur collaboration de 24 ans sur ce best-seller. Très rapidement le père graphique de la série opère des choix déterminants : nouveau scénariste, retour aux fondamentaux : l’économie et la finance révélées à la lueur de notre époque. Résultat : les deux compères signent l’un des meilleurs albums de la série et Largo Winch reprend son destin en main. Le nouvel album s’ouvre par une séquence illustrée d’un feu d’artifice en Russie. Cette scène inaugurale et spectaculaire donne le ton d’un récit enlevé et moderne, servi par l’efficacité des cadrages et le talent de mise en images du méticuleux Philippe Francq. Avec ce nouvel exercice ce dernier atteint un sommet graphique sur l’ensemble de la série. Les nuances et la variété de la mise en lumière servent l’esthétique globale des planches et leur lisibilité. Le tout dans un souci de constant équilibre de chaque composante. Les deux auteurs sont au diapason. A la richesse visuelle (les architectures), la diversité des lieux visités, parfois familiers au lecteur, font écho des séquences alternant flash-backs et nouvelles pistes densifiant l’intrigue et brouillant à dessein les intuitions du lecteur. Le scénariste et romancier n’est jamais loin pour agrémenter son thriller économique d’indices techniques. L’action emboîte le pas comme au plus belles heures de la série. La synergie de leur collaboration offre au lecteur le plaisir d’une lecture jubilatoire. Le texte nourrit l’image et l’image répond au texte, comme portés par l’ambition du projet que les deux auteurs s’assignent à délivrer aux amateurs de ce blockbuster dans les prochains albums. Le successeur de Jean Van Hamme réussit le tour de force de dresser à la fois un inventaire géographique et initiatique du personnage (la séquence de « la méditation sur la beauté chaotique de la bourse » clin d’œil au cycle du Tao, Lucerne, Chicago…) qui n’est jamais gratuit, et dans le même temps d’ouvrir des pistes multiples (Mexique, Russie, la fiscalisation de Largo…) qui sont autant de lignes directrices envisageables pour l’avenir de la série. Comme le souligne le milliardaire : « les temps changent… » L’objectif avoué étant une restructuration du Groupe Winch à terme. Pour P.Francq et E. Giacometti, l’époque actuelle offre de nouveaux schémas et modèles économiques que le Group Winch doit assimiler et intégrer. Récemment revenu de Russie pour des repérages, le dessinateur devrait rapidement s’atteler au destin de son héros dans un tome 22 intitulé Les voiles écarlates qui est d’ores et déjà très attendu.