46 429 Avis BD |20 122 Albums BD | 7 880 séries BD
Accueil
La Terre des fils
 

La Terre des fils

 
 

Résumé

La Terre des filsAfin d'acceder au résumé de La Terre des fils, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de La Terre des filsTrois ans après "Vois comme ton ombre s'allonge", Gipi ("Ma vie mal dessinée", "S.", "Notes pour une histoire de guerre") revient avec une œuvre post-apocalyptique en noir et blanc.

Le récit se déroule après le chaos, sur les rives d’un lac où quelques rescapés vivent de chasse et de troc. Parmi eux, le lecteur est invité à suivre un père et ses deux fils qu’il élève à la dure, allant même jusqu’à interdire l’utilisation de certains mots, comme le verbe « aimer », afin de les préparer à ce monde hostile dans lequel ils doivent dorénavant (sur)vivre. En pleine adolescence, les deux enfants commencent néanmoins à se rebeller et se demandent ce que leur père écrit quotidiennement dans son cahier. Malheureusement, ils sont tous les deux analphabètes car, dans cet environnement hostile, il est bien plus important d’apprendre à dépecer qu’à lire…

L’origine de ce monde totalement dévasté et partiellement inondé n’est jamais révélée par l’auteur, mais ce n’est pas primordial car il s’agit là d’un prétexte pour démontrer à quelle vitesse l’humanité peut sombrer. L’utilisation d’un vocabulaire réduit, dont certains mots découlent encore clairement de l’utilisation de réseaux sociaux bien connus, fait ainsi carrément froid dans le dos. L’auteur utilise également ce décor délabré pour livrer un récit initiatique montrant deux jeunes qui, en passant à l’âge adulte, se posent de plus en plus de questions, tout en ayant de plus en plus de mal à accepter l’autorité parentale. Si ce one-shot aborde l’éducation et la transmission, sa chute, absolument brillante, apporte un brin d’amour et d’espoir tellement bienvenu dans ce monde plein de noirceur.

Visuellement, la maîtrise du noir et du blanc de Gipi est époustouflante. Son coup de crayon hachuré transmet avec brio toute la désolation de l’univers qu’il a imaginé, tout en insufflant beaucoup d’expressivité aux personnages.

Un coup de cœur que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !


Chronique rédigée par yvan le 19/02/2018
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
  • 572 (14,06 %)
  • Total : 4069 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
Acheter neuf : 21,85 21,85 21,85
Acheter d'occasion : 18,01
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Mars 2017

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD La Terre des fils, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

9 2 2019
   

Voici un ouvrage très percutant. On pourrait se dire qu’il s’agit là d’une n-ième déclinaison d’un monde post-apocalyptique mais l’ouvrage va bien au-delà. Certes on retrouvera des personnages démunis suite à une catastrophe, probablement écologique, qui tentent de survivre dans un environnement hostile. D’autant plus hostile que bien sûr, certains affirment leur puissance grâce à la violence, et que pour la justifier, on fait appel à une divinité sortie de nulle part, le dieu Trokool. Une secte qui mange les visages de ses ennemis, qui tient au final plus de l’animal que de l’humain.

Mais l’intérêt de l’ouvrage ne réside pas uniquement dans cet environnement. Il est surtout centré sur la relation entre le père et ses deux fils. Un père craint, dont la violence rebute, qui impose des règle très strictes et dont les deux enfants sont plus apprivoisés que véritablement élevés. Un père également qui a un secret, qu’il écrit dans un cahier, alors que les deux enfants ne savent pas lire. A la mort de ce géniteur, les ados vont goûter à la liberté et vont tenter de comprendre le secret, en cherchant quelqu’un qui pourra leur déchiffrer l’ouvrage.

S’engage alors un parcours plein de dangers compte tenu de l’environnement, mais surtout initiatique, au cours duquel les deux frères vont aller à la découverte de leur père, et des raisons de son intransigeance et de sa violence. Le message délivré sera tour à tour dur et tendre, plein de violence et d’amour, le scénariste n’hésitant pas à frôler et caresser quelques idées dangereuses.

Le dessin est minimaliste mais ô combien expressif, et son dénuement est en parfaite adéquation avec le monde post apocalyptique proposé.

On s’attend à un récit post- apocalyptique un peu classique mais ce n’est pas le monde extérieur qui est au centre du récit : ce sont bien les personnages, leurs relations, et leur apprentissage, avec même une pointe de tendresse qui n’a pourtant pas sa place dans ce monde.