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Initialement prévu pour être éditée au sein de la défunte collection Dédales, ce diptyque scénarisé par Alain Paris et dessiné par Simon Dupuis se retrouve finalement dans le format standard des Humanoïdes Associés. Retrouver cette cité mythique aux jardins suspendus comme décor n’est pas vraiment étonnant étant donné les antécédents de cet auteur qui s’est déjà souvent frotté à des civilisations anciennes en tant que romancier et en tant que scénariste des séries "Galata" et "Antarcidès". L’expérience d’Alain Paris se ressent d’ailleurs au niveau de cette société et culture babylonienne brillamment restituée. Si cet environnement datant du neuvième siècle avant notre ère est didactiquement intéressant, la triple enquête policière menée par Taliya finit également par séduire et cela, malgré un début moins convaincant et légèrement confus. Les rôles joués par son jeune adjoint Adad-Bela-Ukin et par l’ancien conseiller du roi Saduqa, tous deux venus assister Mia dans ses recherches criminelles, sont également intéressant, à l’exception d’une scène de baignade somme toute assez inutile.
Le travail graphique de Simon Dupuis contribue également au rendu réaliste de cette époque et semble reposer sur une excellente documentation. Les personnages manquent par contre de naturel, principalement au niveau des expressions faciales qui donnent souvent l’impression que les acteurs sont en train de «surjouer» leurs scènes. Mais malgré ces quelques imperfections, ce récit proposant trois enquêtes policières en parallèle au sein d’une époque minutieusement reconstituée devrait ravir les amateurs de polars historiques.
3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD La porte d’Ishtar, tome 1 : La nuit des masques, lui attribuant une note moyenne de 3,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Je suis amateur de polar historique et la Porte d'Ishtar en est manifestement un. Le décor est la Babylone du 9e siècle avant notre ère, un décor original et visiblement bien documenté. Quant au récit, c'est celui d'une jeune scribe désignée par la reine pour être enquêtrice royale officielle et qui va donc tenter de faire éclater la vérité dans diverses histoires criminelles complexes. Intéressant dans le concept, n'est-ce pas ?
Mais j'ai eu les plus grandes difficultés à apprécier les premières pages de cette BD. Elles accumulent en effet les défauts qui rendent le lecteur réticent et l'empêchent de rentrer dans l'histoire.
Le dessin, tout d'abord, est très moyen. Il est correct à première vue, avec des décors simples mais efficaces. De même, les personnages, brièvement observés, sont satisfaisants et à feuilleter l'album on pourrait se dire que le niveau technique est plutôt bon. Mais à la lecture, les défauts sont trop manifestes. Les anatomies sont approximatives, les mains trop petites et les personnages affichent trop souvent des poses qui manquent totalement de naturel. Et personnellement j'ai été rebuté par les expressions outrées des visages, les rictus et sourires exacerbés et bien souvent en contradiction avec les émotions que devraient dégager les personnages dans les scènes concernées. Le visage de l'héroïne notamment est l'un des plus touchés par cette discordance agaçante.
Quant au récit, les premières pages sont très difficiles. J'ai véritablement eu le sentiment que l'auteur voulait faire preuve d'emblée de toute sa connaissance de la civilisation mésopotamienne et les dialogues accumulent beaucoup trop de noms compliqués, de fonctions, de lieux, etc. Qui plus est, l'intrigue poursuit trois enquêtes en parallèle, chacune avec son lot de personnages et encore tout autant de noms à retenir. J'ai franchement été perdu pendant près de la moitié du premier tome. A chaque fois que je tentais de rattraper les morceaux, le récit amenait de nouvelles données à assimiler. A tel point que la lecture se révèle pénible et qu'on peine vraiment à entrer dans l'intrigue.
Pourtant, passé ce démarrage compliqué, les choses se mettent en place et le lecteur finit par bien comprendre les tenants et aboutissants de chaque enquête et à cerner la situation de l'héroïne au milieu de tout cela. Et c'est alors que je me suis mis à accrocher.
Le décor historique est rendu avec réalisme et amène un premier intérêt. Mais les enquêtes en apportent également un autre, notamment l'enquête principale qui devient assez prenante vers la fin du premier album.
Tant et si bien qu'alors que le début de ma lecture m'avait un peu rebuté, j'ai ressenti une véritable envie de lire la suite quand je suis arrivé à la fin du premier tome.
Si le dessin faisait preuve d'un peu plus de technique et si le début du scénario n'était pas aussi dense et confus, je pense que nous aurions là un bon polar historique. En attendant, je réserve mon opinion en attendant la suite.
Et hop !… un très grand bond dans le temps. Je me suis retrouvé dans l’antique Babylone dirigée d’une main de fer par la reine Sémiramis. Pas de chance, son scribe de justice : mort suite à la piqûre d’un scorpion. Le remplacer ?.. ce sera par Talya, fille d’un sculpteur sur ivoire. Mais Talya a un problème : elle n’accepte pas les supplices divers et les sentences de mort qu’elle doit notifier. Qui plus est elle est menacée, car la place qui lui a été dévolue par Sémiramis est traditionnellement réservée à un homme…
Pas mal. Alain Paris est déjà auteur d’une quarantaine de livre et il sait comment écrire une histoire. Une bonne histoire d’ailleurs, dans un contexte historique rarement utilisé en BD. Le postulat, simple quand même au départ, enfle au fur et à mesure de ses développements et offre une belle page d’histoire dans laquelle vont se débattre, s’aimer, se déchirer, se haïr divers personnages. Le scénario est solide, bien structuré MAIS est surtout réellement mis en valeur par le graphisme de Simon Dupuis.
Bien documenté, Simon fait revivre ici les ors et fastes, le modus vivendi de cette mégapole d’antan. Son dessin au trait réaliste joue également sur des ambiances, fait ressortir les caractères des intervenants, fait participer le lecteur à l’action par une mise en scène aux cadrages parfois cinématographiques. Plans larges, courts, zooms, plongées, contre-plongées, panoramiques… m’ont fait apprécier ce qui s’annonce comme une future bonne série. Scénario solide, beau graphisme, déroulement d’intrigue attrayant… un bien bon et beau début que cette « nuit ».
| Album | Avis | Moyenne |
|---|---|---|
| La porte d’Ishtar, tome 1 : La nuit des masques | 3 | 3.00 |
| La porte d’Ishtar, tome 2 : Le masque de chair | 2 | 2.50 |