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Ce one-shot débute comme un thriller en compagnie d’une jeune parisienne qui a perdu la mémoire. Au fil des pages, Eloïse tente de recoller les morceaux et se retrouve confrontée à une multitude de questions concernant sa propre existence : comment s’appelle-t-elle, où habite-t-elle, a-t-elle un boulot, des amis, des centres d’intérêts particuliers… qui est-elle ?
Si la quête identitaire de cette amnésique ressemble à du travail de détective, ces recherches ne sont pas dénuées d’humour, comme en témoigne cette scène où elle s’imagine ce qu’elle pourrait éventuellement découvrir derrière la porte de ce qui semble être son appartement.
Mais, à travers la perte de mémoire de son héroïne, Boulet dénonce également le conformisme de notre société de consommation et invite le lecteur à s’interroger sur ce qui le différencie des autres. Quand on enlève ce que nous copions des autres et ce qui est imposé par la société, reste-t-il plus qu’une page blanche ? Avons-nous une propre identité ?
Si le scénario aurait peut-être pu creuser un peu plus profondément cette piste philosophique, il s’avère néanmoins très maîtrisé et parfaitement accompagné par le dessin limpide de Pénélope Bagieu. D’une grande lisibilité, ce graphisme qui se passe volontiers de texte est d’une efficacité exemplaire.
Un bon one-shot.
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD La Page blanche, lui attribuant une note moyenne de 3,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Plus de 200 pages pour ce one-shot dans la collection Mirages de Delcourt : "La Page blanche" ne désigne visiblement pas les problèmes créatifs du duo Boulet-Pénélope Bagieu, qui n'a pas hésité à prendre son temps pour raconter son histoire de jeune fille amnésique. C'est bien ce thème de la perte totale de mémoire du personnage principal, qui va passer tout l'album à courir après des traces de sa propre existence, qui se cache derrière le titre.
On ne croit guère à cette amnésie absolue, qu'un médecin qualifiera en cours d'album d'amnésie de film. Le scénariste lui-même avoue ainsi qu'il ne cherche pas à convaincre le lecteur et c'est en fin d'album qu'on a un semblant d'explication. Qu'on pourra trouver un peu court, d'ailleurs. Autant le dire franchement aux esprits cartésiens : "La Page blanche" n'est pas un thriller, même si la jeune amnésique enquête sur elle-même, c'est un roman graphique qui s'attarde sur le quotidien banal d'une jeune femme du XXIe siècle.
On peine à vrai dire à dépasser cette banalité. Le personnage n'est pas hyper intéressant (ce qui se justifie au bout du compte, mais on n'en dira pas davantage pour ne rien dévoiler de l'intrigue), les scènes ne sont pas captivantes, et l'on se demande parfois où l'on veut nous emmener. D'où une certaine déception tout de même quand on arrive au bout du chemin et qu'on s'interroge encore sur l'utilité de certaines scènes.
La lecture est plutôt sympa, avec un graphisme simple mais agréable. On reste cependant sur sa faim par rapport à la longueur de l'album qui ne laisse pas une impression de densité ni de profondeur. Semi-échec ou semi-réussite ? En tout cas, "La Page blanche" a du mal à se distinguer d'une flopée de romans graphiques du même acabit.