46 560 Avis BD |20 193 Albums BD | 7 888 séries BD
 

La Mondaine, tome 2

 
 

Résumé

La Mondaine, tome 2Afin d'acceder au résumé de La Mondaine, tome 2, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de La Mondaine, tome 2Les auteurs de l’excellent one-shot "Lydie" proposent la suite et fin de ce diptyque qui s’intéresse à la Mondaine.

Si le premier volet invitait à suivre les débuts du jeune inspecteur Aimé Louzeau dans le Paris des années trente, plongeant ainsi le lecteur dans les coulisses de l’ex brigade des mœurs du 36 Quai des Orfèvres, cette conclusion se déroule cinq ans après les évènements du tome précédent.

Au niveau de la grande Histoire, l’occupation Allemande se fait de plus en plus ressentir et le ton devient de plus en plus sombre. En évoquant la rafle du Vel d’Hiv, montrant des milliers de juifs entassés au vélodrome d’hiver dans des conditions inhumaines avant d’être déportés vers les camps de concentration, les auteurs s’attaquent à une page particulièrement sombre de l’Histoire et mettent en avant les faiblesses d’êtres humains qui ne font pas toujours les bons choix durant ses périodes où les notions du bien et du mal ont malheureusement souvent tendance à se perdre.

Malgré des affaires de mœurs qui continuent de mettre à jour des pratiques sordides et un ancrage historique de plus en plus présent, Zidrou s’intéresse en effet principalement à l’humain, comme il sait si bien le faire. En se concentrant sur les états d’âme du policier, Zidrou brosse le portrait d’un personnage finalement attachant, malgré ses défauts. L’inspecteur Louzeau a beau avoir mûri par rapport au tome précédent, il doit néanmoins toujours faire face à des démons intérieurs de plus en plus présents. Il y a d’une part son passé familial très lourd à porter, mais surtout ses sentiments amoureux indécis. Entre une prostituée dont il est follement amoureux, une sauvageonne tahitienne qui continue d’hanter son esprit et une gentille concierge qui constitue une solution de rechange plus convenable, le jeune enquêteur de la Mondaine s’embourbe dans une impasse sentimentale à l’issue fort incertaine. Les seconds rôles ne sont évidemment pas en reste et viennent admirablement compléter ce tableau débordant d’humanité. J’ai cependant trouvé que l’entrelacement de ces drames personnels et de la grande Histoire manquait parfois de naturel, notamment au niveau du changement de ton.

Visuellement, le travail de Jordi Lafebre est par contre toujours aussi efficace. De son admirable restitution du Paris de l’époque à l’expressivité incroyable de ses personnages, en passant par sa capacité à mettre en images les scènes les plus chaudes sans verser dans le voyeurisme, le dessinateur espagnol livre un véritable sans-faute.


Chronique rédigée par yvan le 27/01/2015
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
Visitez ma fiche, lisez mes autres avis, comparez vos goûts avec les miens !
Avatar de yvanReflet de l'avatar de yvan
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
  • 572 (14,06 %)
  • Total : 4069 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
Acheter neuf : 14,25 14,25 14,25
Acheter d'occasion : 11,38
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 3.50
Dépôt légal : Aout 2014

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD La Mondaine, tome 2, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

22 5 2015
   

Le premier album de cette série avait réussi à nous présenter un personnage atypique : celui d'Aimé Louzeau, jeune flic peu aguerri, dans son travail comme dans la vie, qui intègre en 1938 les rangs de la police des moeurs de Paris, appelée La Mondaine. Si tout cela est raconté par l'Aimé Louzeau de 1944, c'est finalement en 1942 que se passe la grande partie de ce second tome. Aimé Louzeau a déjà bien changé : moins choqué par les petites entorses au réglement, il en profite, en se rendant régulièrement chez Valentine. Toujours obnubilé par l'envoûtante Eeva du Zoothrope, il tente de la retrouver et comble un vide en demandant sa concierge en mariage : on le sent bien, en 1942, Aimé Louzeau est certainement devenu plus sûr de lui, mais il est également plus paumé et désabusé. Il faut dire que l'époque également a changé, et que les forces de police sont obligées de travailler avec les Allemands installés à Paris.

Ce travail autour du personnage d'Aimé est admirable et chacun se fera son interprétation. Mais il apparaît bien comme un immonde salaud, insensible aux autres lors de la rafle du Vel d'Hiv, à tel point d'ailleurs que l'on peut se demander si ce n'est pas lui qui a informé les Allemands des origines juives de Duglu... Mais Zidrou se garderait bien d'en faire cas, et Aimé devient un salaud "normal" en ces temps de guerre, employé d'une adminsitration qui collabore avec les Allemands... une administration qui peut se poser des questions mais qui reste soumis à une autorité. Le personnage de Séverin est en ce sens encore meilleur que celui d'Aimé, et dans ce contexte du Vel d'Hiv, son amour du vélo du premier tome prend un tout son sens. Zidrou nous propose ici une terrible chronique sociale, où il est difficile de savoir où est le gentil et où est le méchant, où Aimé se qualifie lui-même de "gentil méchant", où finalement, les temps de guerre font sauter les répères personnels, même si certains semblent rester conscients et effarés de ce qui est fait.

Là où je trouve l'album un poil moins bon, c'est que l'histoire d'Aimé prend le pas sur l'Histoire de Vel d'Hiv'. Finalement, Zidrou ne fera que mentionner ce fait dramatique, comme une toile de fonds. On ne saura pas bien comment la rafle impacte Aimé, lui qui fait une fixation sur Eeva... Finalement, si Aimé se révèle un personnage trouble et donc intéressant, son parcours semble totalement déconnecté des événements qui se déroulent à Paris. Par ailleurs, je ne suis pas bien sûr d'avoir compris le coup de l'île déserte, le coup du destin d'Eeva : impossible pour moi de savoir s'il s'agit d'une réalité ou d'un fantasme.

J'aime beaucoup Zidrou pour son authenticité et la vérité des sentiments de ses personnages (comme par exemple dans "Lydie", dont il est fait directement référence dans cet album). Une authenticité retranscrite dans ce dessin si parfait, qui n'épargne rien ni personne, mais qui sonne si juste. Si je regrette un petit peu que ce second tome s'attache plus à un Aimé qui semble prendre ses distances avec l'Histoire, il faut avouer que la sensibilité reste à fleur de vignettes et que cet album, comme le précédent, a su me toucher.

Tous les albums de la série
Album Avis Moyenne
La Mondaine, tome 1 2 3.75
La Mondaine, tome 2 2 3.50