45 930 Avis BD |19 891 Albums BD | 7 823 séries BD
Accueil
Tome 3 : Troisième partie
 

La mémoire dans les poches, tome 3 : Troisième partie

 
 

Résumé

La mémoire dans les poches, tome 3 : Troisième partieAfin d'acceder au résumé de La mémoire dans les poches, tome 3 : Troisième partie, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de La mémoire dans les poches, tome 3 : Troisième partieCeux qui n’ont pas la mémoire en poche, se souviendront probablement du premier volet de cette saga, datant déjà de 2006. Le chemin parcouru fut donc presque aussi long que celui de ce papy qui doit user de copions pour rafraîchir ses souvenirs… mais l’attente valait certainement le coup.

N’ayant pas d’aide-mémoires planqués dans mes vêtements, j’ai commencé par relire les deux premiers volets avant de plonger dans la conclusion de cette chronique sociale qui devait encore révéler la plupart de ses secrets. Si le premier volet suivait principalement les pas de ce mystérieux papy souffrant de troubles de la mémoire et trimballant un nourrisson affamé au milieu d’une banlieue populaire, le lecteur suit dorénavant ceux d’un Laurent Létignal, bien décidé à retrouver la trace de son père, disparu depuis plusieurs années. Accompagné de Marion, filmant chaque étape des éventuelles retrouvailles pour une émission télévisée, Laurent remonte donc la piste des indices abandonnés par son père en cours de route. Au fil des rencontres, il découvre les secrets et les véritables origines de son géniteur.

A l’aide de flashbacks habilement distillés et d’une narration exemplaire, qui soigne particulièrement les transitions entre les différentes époques, Brunschwig dévoile les mensonges qui fissurent progressivement cette famille en apparence tellement heureuse. Entre une mère devenue dépressive, un fils qui voit son père se transformer en véritable inconnu et le passé traumatisant du septuagénaire, Brunschwig libère progressivement toutes les souffrances de ses personnages. Si cette conclusion est une nouvelle fois d’une grande justesse et débordante d’humanité, elle s’avère surtout riche en émotions. Puisant dans son propre patrimoine familial, on sent que l’auteur a mis tout son cœur dans cette relation père-fils qui atteint son apogée sentimentale lors d’une scène finale particulièrement bouleversante.

Si la vie du septuagénaire est chargée en émotions, la découverte de son passé à travers le regard de ses proches permet également d’apporter une réponse à toutes les questions laissées en suspens lors des tomes précédents. Cet ultime volet est donc également celui des révélations, qui ne manqueront pas de surprendre le lecteur, tout comme elles abandonnent régulièrement Laurent sur le cul.

La première et la dernière case de cette conclusion ont beau être similaires, ce qui se déroule entre les deux est d’une grande densité. Pourtant, malgré la complexité et la richesse de l’existence de ce septuagénaire marqué par l’occupation allemande, Luc Brunschwig parvient à livrer un récit d’une fluidité exemplaire, qui ne perd jamais son lecteur.

Au niveau du graphisme, j’ai toujours été fan du graphisme d’Etienne Le Roux et, malgré le très bon travail de Jérôme Brizard sur la colorisation du tome précédent, je suis tout de même ravi de retrouver le dessinateur aux manettes de la colorisation. Outre sa capacité à donner vie aux petites gens, j’ai donc également pris grand plaisir à replonger dans l’ambiance unique, pleine de douceur, qu’il parvient à insuffler à ses planches à l’aide de tons savamment choisis.

Une saga qui restera dans les mémoires et un coup de cœur qui mérite une petite place dans mon Top BD de l’année !


Chronique rédigée par yvan le 21/02/2018
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
  • 572 (14,06 %)
  • Total : 4069 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
Acheter neuf : 16,15 16,15 16,15
Acheter d'occasion : 31,48
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.50
Dépôt légal : Mai 2017

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD La mémoire dans les poches, tome 3 : Troisième partie, lui attribuant une note moyenne de 4,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

2 9 2018
   

Cette série est un vrai de moment de BD, même si les trois tomes semblent traiter de sujets différents. Avec le premier tome, on nous proposait avant tout une chronique sociale de notre temps, où il était question d’intégration, d’alphabétisation dans les quartiers difficiles, de l’accueil des émigrés. Une histoire au terme de laquelle on avait perdu la trace de Sidoine. Le deuxième album transformait Laurent, son fils, en enquêteur, tentant de retrouver son père en Algérie. La chronique sociale laissait place à un récit centré sur le jeune homme, qui voyait toutes ses certitudes, notamment sur sa famille, s’effondrer. Avec cet ultime album, Brunschwig prend une nouvelle trame : exit la chronique sociale, exit le drame familiale, ,nous voici dans un récit historique, qui va nous replonger dans la seconde guerre mondiale, au travers notamment la jeunesse de celui que l’on connaissait comme étant Sidoine Letignac. Trois approches qui pourraient sembler différentes mais le scénariste fait une synthèse parfaite des différents éléments, les liant certes par ses personnages (et notamment Laurent et Sidoine), mais également par la maladie que suppose le titre dès le premier tome, et qui, quelques années après, devient plus que présente.

Brunschwig nous fait le cadeau ici d’une belle et terrible histoire, dans laquelle on comprend comment le jeune Isaac et devenu Sidoine, étant conditionné, pour survivre, à oublier ses origines. Un oubli « volontaire » qui non seulement fait reposer la vie de ce personnage sur ce qui pourrait ressembler à un mensonge, faisant également vaciller toutes les certitudes de la génération suivante, mais qui fait ironiquement écho aux oublis, bien involontaires, dûs à la maladie, et dans lesquels, finalement, Sidoine s’est retrouvé. L’ensemble des trois albums mis en perspective pourrait sembler complexe, laissant une impression de fouillis, mais ce dernier tome fait apparaître que l’histoire est avant subtile, sans oublier d’être fluide. L’histoire ne se contente pas d’être intéressante, elle devient poignante, pleine de sentiments, lesquels peuvent être contrastés, et ce jusqu’en fin d’ouvrage. Des sentiments que le dessinateur nous fait passer avec une impression de facilité et de douceur déconcertante, tant le trait et les couleurs se coulent dans la fluidité et la simplicité des émotions véritables.

Certains éléments apparaissent comme des surprises à Laurent, alors que le lecteur avait peut-être imaginé certains développements dans les tomes précédents. Mais qu’importe, puisque on n’aurait jamais pu anticiper les réactions, les émotions, ni toutes les révélations de cette conclusion parfaitement maîtrisée.