
Tirabosco et Wazem livrent une troisième collaboration, après "Week End Avec Préméditation" et "Monroe". "La fin du monde" est un nouveau one-shot, au ton introspectif et au traitement monochrome.
On ne comprend que progressivement qui sont les personnages qui sont mis en scène. Les planches qui ouvrent l'album ne sont éclaircies qu'à la fin, lorsque chaque pièce du puzzle a pris sa place et que les personnages eux-mêmes sont prêts à se voir révéler les secrets de leur existence. Ce traitement scénaristique est efficace car le lecteur ne se sent jamais largué par un récit qui n'est pourtant pas d'une linéarité basique.
Le dessin ne sombre pas davantage dans la facilité. Tons gris, blancs et bleutés : Tirabosco utilise très peu de couleurs (le parti-pris sur le bleu n'étant pas particulièrement compréhensible par le lecteur, mais le dessinateur a dû lui donner beaucoup de sens !). Les planches baignent ainsi dans une atmosphère particulière, cadrant naturellement avec un récit qui lorgne constamment vers le fantastique.
Moins puissant que "Week End Avec Préméditation" mais plus réussi que "Monroe", "La fin du monde" est un honorable roman graphique qui séduira sans doute les lecteurs s'intéressant aux récits psychanalytiques.