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Tome 1 : Les bois de justice
 

La colère de Fantômas, tome 1 : Les bois de justice

 
 

Résumé

La colère de Fantômas, tome 1 : Les bois de justiceAfin d'acceder au résumé de La colère de Fantômas, tome 1 : Les bois de justice, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de La colère de Fantômas, tome 1 : Les bois de justiceComme le dit si bien le préambule de cette BD, Fantomas est sans doute le père de tous les super-héros actuels. Un super terroriste qui serait la parfaite synthèse entre le professeur Moriarty et Batman. Brutal, d’une intelligence supérieure, prêt à tout pour arriver à ses fins, bref un salopard de classe internationale.
Des dizaines de romans ont marqués les générations de nos grands-pères, je me souviens aussi des BD très matures dessinées par Frisano qui montraient encore Fantomas comme un ennemi implacable que seuls le commissaire Juves et le journaliste Fandor arrivaient parfois à contrer.

Mais les années ont passées et on se souvient surtout de Fantomas comme une sorte de polichinelle masqué fuyant en voiture volante pendant que Louis de Funès criait à tue-tête « je t’aurai un jour Fantomas, je t’aurai ». Un style très cartoon qui ne ferait par rougir l’inspecteur Gadget face au Dr Gang.

Oui il s’en est passé du temps, mais voilà, Fantomas est un héros sérieux et cette BD compte bien rendre ses lettres de noblesse au personnage ! Un récit beaucoup plus mature qui commence dans le sang, Fantomas se fait appréhender, juger et couper la tête, s’en est fini du monstre… oui mais dans ce cas comme se fait-il qu’on le voit ressurgir tel un démon sanguinaire ?
Olivier Bocquet nous dépeint un Paris dangereux, lieu de prédilection du plus grand criminel de la planète. Une enquête à la Sherlock Holmes digne d’un polar à l’ancienne. Le dessin de Julie Rochelau dans les teintes pastelles est très réussi, d’un style entre le moderne et l’ancien qu’on croit parfois voir des toiles impressionnistes.

Bref ce Fantomas est un récit noir, dur qui nous plonge dans le Paris du début du XXème siècle. Une enquête policière rondement menées avec une patte graphique très marquée mais très réussie. Un vrai Fantomas, un vrai salopard, celui-là même qui fit faire des cauchemars à nos parents et qu’on redécouvre avec un très grand plaisir.


Chronique rédigée par sigmar le 29/01/2013
 
 
Statistiques posteur :
  • 141 (30,32 %)
  • 134 (28,82 %)
  • 190 (40,86 %)
  • Total : 465 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.75
Dépôt légal : Janvier 2013

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD La colère de Fantômas, tome 1 : Les bois de justice, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

12 6 2018
   

Il est bien ce tome. Il reprend l'histoire de Fantômas, le premier super héros comme le précise la préface, ou plutôt le premier super vilain. Personnellement je ne connais que les films avec Louis de Funes, c'est à dire pas grand chose, ou plutôt une vision biaisée et édulcorée de ce que représente Fantomas.

Car Fantomas existe depuis bien plus longtemps et la préface permet de se rendre compte et de resituer l'action.

Je ne vais pas répéter ce qui a été déjà dit avant moi, mais ce premier album permet une bonne immersion du Paris de l'époque. Le récit est suffisamment étayé d'action et de rebondissements pour passionner le lecteur pour ce personnage finalement assez antipathique. On retiendra pour commencer le procès et son final, la décapitation ou encore l'annonce du vol de la banque.
Oui, l'histoire est passionnante, alors pourquoi une note aussi basse ? Tout simplement parce que le dessin, même si il est en adéquation parfaite avec l'époque, avec Toulouse Lautrec comme dirait Gdev, je ne l'ai pas trouvé séduisant. Il manque certainement de définition, de contour, pour que les personnages ressortent plus, pour que les images soient plus dynamiques.

ça reste un bon début tout de même.

21 11 2014
   

La préface de cette BD est très importante et très instructive. Elle rappelle que Fantômas est un héros de roman qui a vu le jour en 1911 et que c'est le premier super héros de l'Histoire. Un terroriste sans foi ni loi qui terrorise l'Europe, qui préfigure certainement le premier super-héros américain intitulé de Phantom (qui a vu le jour avant Batman et Superman). C'est intéressant de voir que la culture Comics, très ancrée aux USA, ait pu voir le jour en Europe. Il est également intéressant de rappeler que Fantômas est un vrai méchant : le premier super-héros serait donc un super-vilain. Par ailleurs, cette préface permet également de rétablir la vérité : les romans le mettant en scène sont avant tout noirs et morbides, et rien à voir, donc, avec ces films de De Funès. On le sent bien, depuis la préface, l'objectif de l'ouvrage est de redonner à Fantômas cette personnalité d'origine, bien loin de ce que l'on peut garder en souvenir.

Et ca marche. On commence en 1885, lorsqu'un femme se précipite vers l'agent de police Juve pour lui confier son enfant, avant de se faire assassiner par un personnage sans visage, qui se fait appeler Fantômas. On se retrouve ensuite en 1911, 26 ans après ces faits : le garçon est devenu journaliste et Juve est devenu inspecteur. Ensemble, il n'auront eu de cesse de pourchasser un Fantômas qui a terrorisé l'Europe. Des recherches qui ont fini par payer puisque l'on assiste au procès de Fantômas, qui le conduire à la guillotine... sauf que bien vite, on se rend compte que Fantômas est toujours bien vivant. C'est rythmé, et les trouvailles sont légions. En particulier, cette scène du procès, presqu'immédiatement suivie de cette pièce de théâtre, sont des moments forts du récit. Par ailleurs, on commence à comprendre pourquoi Fantômas se fait appeler l'homme aux cents visages, ou l'homme sans visage. Un nouveau duel s'engage entre Juve et Fantômas, ce dernier ayant informé la police de son intention de voler tout l'or de Paris. Le tout est enveloppé dans une espèce de noirceur qui vient renforcer la violence gratuite de Fantômas, une violence qui vient donner du corps à ce personnage. C'est bien construit et on se laisse porter par l'ambiance.

Une ambiance parfaitement rendue par ce dessin particulier, aux traits peu appuyés, aux contours pas vraiment définis, à la colorisation un peu débordante. Ca le fait penser à du Toulouse Lautrec, ou tout autre peintre impressionniste de cette période, qui permet justement de renforcer notre immersion dans cette époque.

J'ai l'impression que cet album a atteint parfaitement son but : rendre son vrai visage à celui qui justement, n'en a pas.

24 1 2014
   

Voilà un challenge de derrière les fagots, faire redécouvrir au public à travers un prisme nouveau les aventures de Fantômas alors que l’imagerie populaire a toujours en tête le film ultra-kitch sorti dans les années soixante avec Jean Marais et De Funès dans le rôle-titre. Mais siiii rappelez-vous ce film mitonné d’humour et de cascades, qui a convaincu tout le monde que Fantômas était un genre de clown avec des préservatifs mauves sur la tête, qui roulait en « Citroën DS » kitée comme une voiture de James Bond ; et que l’inspecteur Juve était complètement abruti et survolté. Ridicule me direz-vous ? Il faut croire que les réalisateurs étaient sous l’emprise d’un savant mélange d’ecstasy et d’amphétamine car l’histoire n’a retenu que celle du condom bleu.

« Je t’aurai un jour Fantômas, je t’aurai ! »

Il faut tout de même savoir qu’à l’origine, les histoires de Fantômas sont des romans feuilletons écrits lors de l’avant-guerre par Marcel Allain et Pierre Souvestre (à qui nous envoyons le bonjour), et qui mettaient en scène un méchant méchant genre très méchant dans un Paris dépravé du début du XXe siècle. Ces romans à succès, qui ont inspiré une multitude d’auteurs célèbres de l’époque (Sartre, Apollinaire …), racontaient les histoires machiavéliques et diaboliques de cet anti-héros français, terroriste, ennemi public numéro un, pourchassé et traqué par le duo Juve et Fandor. Autant dire que tout cela faisait vibrer les pacemakers des papys mamys au son des pages tournées. Mais avant toute chose, back to the past, back to…

Paris, début du XXe siècle, il neige.

Juve, encore agent de police, se laisse distraire lors d’une de ces rondes routinières par un spectacle fascinant présentant le renouveau du théâtre, le cinématographe. Mal lui en prend car lors de la projection, une femme terrorisée surgit de nulle part et le supplie de protéger son fils car elle est pourchassée par un mystérieux homme masqué. Policier dans l’âme, Juve se lance à la poursuite de ce dernier et lors d’une lutte acharnée, alors que les deux adversaires ont un pied à terre, l’un deux se relève brusquement et avant de dire mot, lancera un regard qui scellera leur destinée à jamais : « Je suis Fantômas » (à noter que le lascar m’a l’air de mesurer 1m80, ce qui s’avère être une taille relativement moyenne par ce que je peux en juger dans le métro tous les jours).

Fantômas, génie du mal, gangrènera tout Paris et même l’Europe ; bien des années plus tard, le 21 août 1911, Fantômas est décapitée ! … mais même la tête sous la guillotine, il criera à la foule « Je me vengerai ».

La légende du maître de l’effroi et le spectacle peuvent ENFIN commencer car … Fantômas ne perd jamais (musique siouplé).

Edité chez Dargaud avec Olivier Bocquet à la bouche et Julie Rocheleau (très sympa au passage à la brosse, les auteurs nous proposent, sous forme d’un triptyque, une série librement inspirée de l’œuvre initiale. Pour être honnête au début, quand on m’a parlé de triptyque j’ai rapidement fait l’amalgame avec le film qui lui aussi s’étalait sur 3 épisodes. Mais n’ayez crainte, c’est ici que s’arrête la parenté avec le film (ouf !).

La colère de Fantômas est avant tout une très bonne adaptation qui nous fait (re)découvrir la genèse de ce personnage mythique ainsi que l’origine qui poussera le commissaire Juve et son ami Fandor à rentrer dans ce jeu du chat et de la souris. Secondée par un scénario bien rythmé, vif et surtout expressif faisant la part belle à l’imagination, l’histoire arrive à mettre en abîme la société de l’époque, son ambiance et les personnages en trouvant le ton adéquat pour le récit. Fantômas, au final, incarne cette autre facette de Paris, celle de ses bas-fonds (un peu comme son opposé le Spirit de Wil Eisner).

Graphiquement on a une pâte graphique très stylisée, peu commune, voire singulière et qui rajoute un petit « plus » au côté immersif de l’histoire grâce à des jeux d’ombres subtils et un choix de couleurs puisant allégrement dans les tons orange, sang et neige. Maintenant c’est aussi cette singularité qui tranchera le lectorat entre ceux qui aimeront et les autres. Le trait, quant à lui, est tourmenté, parfois violent, et donne une belle impression morbide.

Cette bd redonne, à mon sens, toutes ses lettres de noblesse à la saga en la réhabilitant ; à tel point que j’ai presque eu envie de plonger dans les romans même (je ne vous le conseille pas, les romans ont mal vieilli, et ça pique aux yeux !).

Pour finir mes élucubrations de répondeur téléphonique, c’est donc une belle revisite du vil criminel avec un récit destiné principalement aux 14+ vu l’histoire et son côté sombre. À noter que le 2ème tome vient de sortir sous presse et mon petit doigt (le droit) me dit que cela va être du même acabit. Alors un conseil, laissez-vous emporter car le crime paie et ce soir, il va régler ses comptes !

Ps : Avec Fantômas, c’est Joie, détente et bonheur assurés…nan je plaisante ^^