Afin d'acceder au résumé de La Cité de Verre de Paul Auster, tome 1 : La cité de Verre, merci d'activer Javascript.
Risquer une adaptation de «La cité de verre» de Paul Auster, livre culte (et que je n'ai pas lu, pour être franc), en narration figurative comme on dit pour faire sérieux, semble à première vue une entreprise difficile; et ce, même en considérant l'équipe de choc mise aux commandes: illustrations de David Mazzucchelli (qui pour la petite histoire collabora avec Frank Miller pour les «Batman Year One»), Art Spiegelman au poste de responsable graphique (l'auteur de «Maus», la seule oeuvre dessinée jamais récompensée pour le Pulitzer, mais aussi un ancien du U-Comics au côté de personnes comme Deitch ou Williamson) et Paul Karasik à l'adaptation narrative.
Si je ne peux, n'ayant pas lu le roman de Paul Auster, juger l'adaptation dudit ouvrage en bande dessinée, je peux par contre tenir compte de l'intérêt propre de cette dernière.
Sans vouloir trop en dévoiler, je dirais que le rythme créé par l'écriture est envoûtant, doublé d'un travail scénaristique fin: si il y a une nette prédominance de l'écrit sur le dessin, ce dernier reste toujours porteur de sens et permet d'explorer les deux niveaux de lecture de l'oeuvre (si vous préférez, la traduction graphique de la narration de Paul Auster rend le deuxième niveau de lecture du récit plus évident).
Parmis ceux-ci, je pense en particulier à l'impression de dédoublement que donne le héros, le travail réalisé sur les moyens de contourner le langage pour communiquer, ainsi qu'à l'isolement provoqué par la cité même (New York) qui permet ce dédoublement; la «Grosse Pomme» devient un labyrinthe hiératique, où le héros se perd au sens propre...
Le graphisme développé par Mazzucchelli, s'il est techniquement simple, tente de coller au récit et à ses métamorphoses (la tonalité du graphisme accompagne celle de l'histoire: lorsque cette dernière est réaliste, le dessin l'est aussi, lorqu'elle bascule dans des visions émotives propres à la conscience d'un personnage, ce dernier devient plus surréaliste et se métamorphose à la façon d'un Fabrice Néaud...) et y réussit plutôt bien.
«La Cité de verre de Paul Auster» est donc ce qui s'approche le plus d'un roman graphique au sens littéral du terme, et pour cause, c'est l'adaptation d'un roman. C'est une oeuvre au rythme envoûtant et au thème (que je vous laisse découvrir!) traité de manière particulièrement pertinente. A lire.
*inteview de Mazzucchelli: http://www.pastis.org/jade/aout01/mazzucchelli.htm
4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD La Cité de Verre de Paul Auster, tome 1 : La cité de Verre, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Même si j'en ai beaucoup entendu parler, je n'ai jamais lu de roman de Paul Auster. Je suis plutôt heureux de découvrir une part de son oeuvre par le biais de cette bande dessinée mais je pense ne jamais lire d'autres livres de cet auteur car ce n'est pas un genre que j'apprécie.
Il faut avouer que le scénario est original, très difficilement résumable.
En fait si, sa thématique superficielle est facile à dicter en quelques mots. Il s'agit d'un romancier à qui le hasard va permettre de se prendre pour son personnage de détective privé et mener une enquête sur un homme un peu illuminé qui a été jugé il y a des années pour avoir enfermé son fils dans le noir pendant 9 ans, et qui vient de sortir de prison, menaçant probablement la vie à peine rebâtie de son fils.
Mais ce n'est que la surface d'un récit qui en fait joue fortement sur la quête d'identité d'un personnage qui pourrait bien être l'auteur lui-même et qui s'incarne tour à tour dans presque tous les protagonistes du récit. La frontière entre réalité et imaginaire est floue, celle entre l'esprit de chaque personnage l'est encore plus. Daniel Quinn le romancier, Warren Wilson son nom de plume, Mark Work son personnage de détective, Peter Stillman père, Peter Stillman fils, Paul Auster le détective imaginaire, Paul Auster le romancier du livre et le véritable Paul Auster auteur du livre semblent tous à un moment ou à un autre être une facette du même personnage. Le récit fait d'ailleurs une nette référence à Don Quichotte, l'histoire d'un homme qui écrit sa propre histoire en la vivant autant qu'en la fantasmant.
Pas facile de bien tout saisir, et d'ailleurs l'auteur fait le choix de ne pas apporter une explication nette à son récit. Au lecteur de se faire son opinion, ou de simplement ressentir ce qu'il lui plait de ressentir.
C'est en cela que je ne suis pas convaincu, car je tombe très difficilement sous le charme d'un tel type de récit et, là encore, je suis resté en bonne partie sur le bord de la route.
Par contre, même si je n'ai pas idée du contenu détaillé du véritable roman, je trouve l'adaptation réussie. Par le biais de l'image et d'une narration assez particulière, les auteurs parviennent à transmettre des concepts assez indicibles. C'est bien foutu et formellement assez beau. Les vrais amateurs de Paul Auster et de son oeuvre seront certainement ravis de cette adaptation en bande dessinée qui est loin d'être une basique mise en image d'un récit complexe mais qui, au contraire, apporte une dimension supplémentaire et retranscrit probablement avec justesse l'âme de son intrigue.
J'ai parcouru pour ma part une nouvelle édition de l'ouvrage, parue en juin 2005 chez "Actes sud BD".
La couverture est verte-foncée et noire, plus dans l'ambiance du livre que la jaune initiale.
Le livre est préfacé par Art Spiegelman, qui explique sa genèse, et comment l'idée est venue d'adapter Paul Auster, avec l'aide de ce dernier, en BD.
Cet ouvrage possède d'excellentes idées, et les deux premiers tiers sont passionnants.
La fin est moins réussie, plus rapide, un peu gaspillée.
Mais les auteurs, disent-il, ont tenté de coller à l'écriture d'Auster, d'y rester fidèle au maximum, d'adapter graphiquement ses idées à l'aide d'autres trouvailles, correspondantes.
On a donc affaire à plusieurs choses en une.
A un dessin léché, géométrique, propre, puis à des traits libres, anarchistes, dispensés sans réserve, à un style plus lâche. Ca correspond bien à l'errance, à la même période, du héros.
L'histoire, aussi, est prenante, avec une fin forte, mais un peu obtuse.
En tout cas, il s'agit d'un livre qui porte sa propre lecture, qui encourage le lecteur à aller plus loin, un ouvrage d'adaptation réussie.
Maintenant (est-ce que ça vient de Auster avec ses qualités et ses opacités aussi ?) parfois c'est complexe.
Il faut suivre. ce n'est pas toujours simple.
C’est un faux numéro qui a tout déclenché …
Quinn a 35 ans, sa femme et son fils sont morts. Autrefois Quinn écrivait des poèmes, des pièces de théâtre, et des essais. Désormais Quinn n’écrit plus que des romans policiers qu’il signe William Wilson. Quinn ne semble plus vouloir exister.
Quinn reçoit plusieurs coups de téléphone d’un certain Peter Stillman, il demande le détective Paul Auster. Apres avoir refusé plusieurs fois Quinn accepte de le rencontrer, il se fait passé pour se détective.
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus :
Après la mort de sa mère, lorsque Stillman était enfant son père l’enferme dans une chambre noir pendant les 12 premières années de sa vie.
Le père qui se nomme aussi Peter stillman a été emprisonné pendant 13 ans, il sort de prison à l’heure où Peter Stillman lui raconte son histoire. Quinn est engagé par Peter pour empêcher son père de le tuer. Pendant des semaines Quinn va suivre le vieux Stillman jusqu’au jour où il perd sa trace. Quinn restera dans une ruelle devant la maison de Peter Stilman fils pendant des mois. Au bord de la folie il s’enfermera et écrira ce récit.
Pour ceux qui apprécient Paul Auster je recommande fortement cette œuvre.
Cette Bd qui est adaptée du roman de Paul Auster est un vrai plaisir graphique. Le texte met en avant le dessin. Le dessin lui complète intelligemment le texte. Le dessin apporte énormément à l’œuvre car il est explicite et il dégage davantage l’ambiance parfois angoissante du récit.
Pour le scénario je pense que beaucoup d’avis seront divergent. Personnellement j’ai apprécié de voir comment cet homme peut emprunter l’identité d’un autre, puis pour finir, s’oublier et ne plus savoir qui il est.
C’est un livre assez noir qui laisse un certain malaise lorsqu’on le referme.