
Voilà un nouveau récit signé Fabien Nury, l’auteur de WEST, le maître de Benson Gates, ou Il était une fois en France, même si ici il n’est pas seul au scénario puisque l’histoire a été imaginée par Maurin Defrance.
Un bon premier tome, même si souvent comme c’est le cas dans ce genre de sagas au long cours, il sert surtout à poser la situation et à faire une présentation efficace et sincère des personnages.
L’amitié entre les deux hommes et leur différence de milieu social n’est pas sans rappeler le film la grande illusion qui déjà évoquait les rapports entre un aristocrate et un homme du peuple dans les tranchées. Enfin, la comparaison avec le film s’arrête là car les auteurs ne se servent de la Grande Guerre que comme point de départ…
Le dessin signé Bedouel et Merwan est assez intéressant et fort moderne, certains traits sont même quasiment effacés par la couleur. Les scènes de guerre sont assez impressionnantes.
Alors un conseil, ce premier tome est un bon cru qui prouve une fois encore que Fabien Nury est un des plus grands scénaristes mainstream de l’époque.

Voilà une suite passionnante du premier opus de l’or et le sang, dont l’action se passait essentiellement dans les tranchées.
Le retour de Calixte de Prampéand l’aristo et de Léon Matillo, ancien pensionnaire des Baumettes est particulièrement savoureux. Fabien Nury, sans doute un des scénaristes mainstream les plus doués de sa génération, auteur du prodigieux et remarqué "Il Etait Une Fois en France" livre une histoire pleine de rebondissements, très linéaire, ne jouant pas sur les effets narratifs qui alourdissent bien souvent la bd contemporaine.
L’action se passe pendant la guerre du Rif, elle montre la lutte des hommes du désert d’Abd El Krim contre l’armée espagnole. Si l’aspect politique est plutôt peu développé : Nury et Maurin Defrance ont écrit une sorte de roman d’aventures plein de dépaysement qui rappelle les grands films populaires des années 30 ou 40 ; une époque où le mot voyage avait un sens. Les auteurs nous mènent des souks de Tanger aux coins reculés du Rif.
On peut penser que Calixte et Léon sont en train de vivre un des derniers moments de l’héroïsme moderne ; notion, qui disparaîtra sans aucun doute dans les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Au dessin, c’est très beau, bien que particulièrement moderne, les couleurs atténuant certains traits des personnages.