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Le premier tome de cette trilogie (elle-même considérée par beaucoup comme l’œuvre majeure de Hulet), a le mérite d’être original et dérangeant. On sent un investissement total de l’auteur et, que l’on adhère ou non à son scénario, on peut difficilement lui reprocher de nous servir du déjà vu ou quelque chose d’insipide.
Le décor est planté, décor digne d’un film d’horreur des années 80. Rien de dérangeant, bien au contraire, mais à trop vouloir en faire, on tombe facilement dans le sordide et le ridicule. La limite est parfois subtile mais l’auteur, malgré une accumulation de clichés « gore » sur la fin de l’album, ne s’en sort pas si mal et parvient à rester, à mon goût, dans le domaine du plausible. Encore une fois, c’est vraiment limite mais le seuil de tolérance n’est pas franchi. Ressenti difficile à partager mais sans doute, cela est-il dû à l’ambiance morbide qui pèse (c’est le mot !) sur l’ensemble de l’album de façon homogène.
J’aurais sans doute apprécié que l’œuvre de Charles soit encore d’avantage développée tant le scénario s’avérait intéressant mais l’auteur a choisi de ne pas s’apesantir sur une histoire à l’intérieur de l’histoire, juste une digression avant que l’histoire centrale ne reprenne ses droits.
Le dessin est un poil vieillot mais conserve un charme certain. La colorisation est parfois hasardeuse, les rouges trop vifs dans des environnements à dominante de noir étant parfois trop criards. Cet effet de style étant un peu éculé, ça renforce le côté vieillot que j’évoquais.
Là où j’ai d’avantage de difficulté à accepter le parti pris de l’auteur c’est dans son découpage des planches. Là encore, sans doute un effet de style pour ajouter un nouveau brin de folie là où il n’en manquait pas mais un effet que j’ai trouvé dérangeant, la complexité du scénario se suffisant amplement à elle-même.
Au final, voici une œuvre que je redécouvre après l’avoir découverte il y a une vingtaine d’année et que je vous invite à aborder si vous en avez l’occasion. Pour être franc, je n’avais pas accroché à l’époque, je ne suis aujourd’hui pas totalement convaincu, mais, avec un regard plus mâture, cet album possède des qualités intrinsèques indéniables. Note moyenne pour l’instant qui évoluera après relecture des tomes suivants.
| Album | Avis | Moyenne |
|---|---|---|
| L'etat morbide, tome 1 : La Maison-Dieu | 1 | 2.50 |
| L'etat morbide, tome 2 : Le passage avide | 1 | 2.00 |
| L'etat morbide, tome 3 : Waterloo exit | 1 | 1.50 |