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Tome 1 : Conquête de l'Est
 

Klezmer, tome 1 : Conquête de l'Est

 
 

Résumé

Klezmer, tome 1 : Conquête de l'EstAfin d'acceder au résumé de Klezmer, tome 1 : Conquête de l'Est, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Klezmer, tome 1 : Conquête de l'EstJoann Sfar devait être sous sa bonne étoile le jour où il a eu l'idée de mettre en œuvre Klezmer. L'idée est là : Du spontané, du vrai, du sentiment, de l'émotion, bref, un concentré de vie.

On est transporté par cette BD presque musicale, puisque les chansons sont là, en hébreux, en russe, on les entend fredonnées à nos oreilles tout le long de notre lecture assidue.
Que dire de ces personnages à part qu'ils sont attachants parce qu'imparfaits, remplis de contradictions, de défauts, vils où agaçants. Ce qui est touchant c'est l'évidence et la simplicité qui émane de leur personne et de leurs actes, notamment lorsqu'ils se bornent à apprécier leur existence, se forcent à continuer, se contentent de ce qu'ils rencontrent, et tout ça dans la musique.
La musique, noyau, moteur de l'histoire, qui les rapprochent les uns des autres. C'est là aussi qu'ont les découvre, nous autres lecteurs mais aussi les personnages, entre eux. Vincenzo en est l'exemple frappant. Englué dans les principes sévères et figés de son éducation, il est incapable de se débrouiller seul, paralysé par la peur du monde qui l'entoure. Banni de sa Yeshiva, il rencontre Yaacov son contraire, mais qui pourtant doit pour les mêmes raisons savoir se débrouiller seul. Et lorsque Vincenzo prend son violon et se met à en jouer ( on le suppose !) magnifiquement bien, qu'il vit, son attitude change, il est fier et digne, s'impose avec assurance.
Tous les personnages de cette histoire gagnent en profondeurs, en nuances, en vérité, progressivement. Et ça, Joann Sfar le fait très bien, habilement et de manière invisible.
La légèreté de l'histoire et sa fluidité contribuent à l'atmosphère qui s'immisce soudain dans notre environnement! Joann Sfar sait intégrer ses histoires, ses impressions, ses personnages dans nos vies à nous, il sait effacer toute frontière entre la réalité et la sienne, dans les livres.

Et puis il y a le dessin, ce trait si spontané, si juste. Il est approximatif cependant, il est dénué d'artifice, il est vrai, mince, à peine visible quelquefois. Mais l'expression d'un personnage est rendu réelle avec seulement trois coups de crayons, qui ne cherchent même pas à atteindre un certain degré de réalisme. Les couleurs sont transparentes, superposées, calquées maladroitement sur le crayon, elles sont fraîches et pâles, elles se mélangent, se confondent. Elles dépassent aussi, mais c'est dans l'imperfection même que la qualité graphique de l'œuvre transparaît. Elle est accessible si on ouvre les yeux, si on réussit à assembler nous mêmes les couleurs et les traits qui qualifient implicitement tout une histoire.

Conclusion, personnellement je ne trouve rien à redire comme on a pu le remarquer à cette bande dessinée, c'est un premier tome qui donne envie de s'attaquer rapidement au second. Bonus : des planches, des esquisses, des pensées de Sfar à la fin, un vrai bonheur de réflexion.


Chronique rédigée par liloslash le 27/07/2008
 
 
Statistiques posteur :
  • 97 (93,27 %)
  • 7 (6,73 %)
  • Total : 104 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.67
Dépôt légal : Mai 2006

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Klezmer, tome 1 : Conquête de l'Est, lui attribuant une note moyenne de 3,67/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

23 6 2015
   

Un opus interpelant car il narre une sorte d’ode à un univers musical.
Mais cet univers est celui des Juifs ashkénazes, c’est-à-dire d’Europe de l’Est.
Comment allais-je appréhender ce tome, surtout que la couverture me semblait un tantinet rébarbative ?... Ben… je suis entré dans cet univers, où la couleur prend une « autre » dimension, et j’ai fait des rencontres pour le moins inattendues.
Je suis entré dans cet univers à part, où une grande réflexion se fait jour, et j’ai vu ce qu’était la mémoire, ce que la musique pouvait vraiment donner, vous envoûter presque.
Cet opus se déguste car il se livre au lecteur doucement, rendant ainsi la liberté à ceux qui ont créé cette musique ; bien mise en exergue par Sfar.
Une fois de plus, le talent m’a été montré et cet opus est une sorte de petit chef-d’œuvre à part entière.
Bon, je ne suis pas un « fan » de son talent de dessinateur MAIS c’est si bien fait, si bien « arrangé » au niveau de la mise en page… en scène, écrirais-je, que je ne peux que y adhérer.

27 7 2008
   

J'ai entamé cette BD avec appréhension et en pensant que je n'allais pas aimer. Et effectivement, j'ai eu du mal au début. Cela tient au dessin et aux couleurs. Le dessin, sincèrement et même après m'y être habitué, je le trouve souvent... moche. Il est assez évocateur, sa lecture est fluide, il permet en quelques courbes de faire naître des impressions, des idées de décors et de personnages... Mais par goût personnel, je n'aime pas les traits aussi lâchés. Quant aux couleurs, j'écrivais un jour en parlant d'une autre BD que j'avais l'impression qu'une pizza s'était renversée sur ses pages; c'est la même impression que j'ai ici. Là aussi, on finit par s'y habituer mais sincèrement je n'arrive absolument pas à accrocher à ce type de colorisation... très lâchée une fois de plus.

Mais au-delà du dessin, c'est le récit qui a fini par me séduire. Là aussi, j'ai mis quelque temps, il m'a fallu passer quelques chapitres avant de vraiment m'attacher aux personnages. Mais ensuite, je me suis relativement bien laissé absorber par l'ambiance et l'histoire. Et même si je n'ai pas les références musicales pour "entendre" la musique Klezmer des pages où les musiciens jouent et chantent (je ne suis pas sûr d'en avoir jamais entendu), cette BD m'a donné envie de la découvrir. Et elle m'a aussi permis de découvrir, avec "Le Chat du rabbin", une autre facette de la culture juive, une culture représentée de manière attachante et assez charmante malgré les peines qu'elle endure.

Un joli hommage à toute une culture musicale et à un peuple.