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Tome 2 : Seconde partie
 

Kililana Song, tome 2 : Seconde partie

 
 

Résumé

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Planche de Kililana Song, tome 2 : Seconde partieLa première partie de "Kililana Song" avait séduit par la simplicité forte de son récit et par la beauté de ses dessins. On avait donc hâte de lire la suite et fin de ce diptyque consacré à l'Afrique que Benjamin Flao parvient à mettre en scène avec beaucoup d'intensité.

Dès la couverture, le charme agit. Les planches intérieures consacrées à la mer déchainée sont tout aussi réussies, avec une ambiance ahurissante qui fait que le lecteur s'attend presque à ressortir trempé. Loin de l'utilisation massive de l'informatique menée par nombre de ses confrères, Benjamin Flao joue les artisans XXe siècle avec brio. On n'est pas du genre hostile au numérique, mais voir des auteurs s'obstiner à dessiner à l'ancienne n'est pas du tout pour nous déplaire. De plus, ce choix cadre particulièrement bien avec le dénuement des protagonistes (néo-colons exceptés bien sûr) qui nous ramènent à l'essentiel. C'est beau, très beau même, y compris les peintures en pleine page, mais les planches lambda sont de toute façon au-dessus du lot. Flao a du talent. On lui souhaite que ça se sache le plus possible.

Le récit évolue vers une part plus mystique, tout en cherchant à mettre une touche de géopolitique (industriels et islamistes, en vrac). Pour tout dire, le résultat est un peu moins convaincant que dans la première partie, avec quelques temps morts et un récit moins fluide. Mais on ne va pas bouder son plaisir : les scènes de la vie africaine sont dépeintes de manière réjouissante, comme si le continent débordait d'humanité en comparaison d'un Occident qui ne sait plus trop à quel saint se vouer. Les personnages sont hauts en couleur et sauront marquer durablement le lecteur.

Même un ton en-dessous de la première partie, "Kililana Song" reste une belle histoire dessinée avec une passion communicative. Offrir les deux volumes sous le sapin serait une bonne manière de montrer de l'affection à leur futur lecteur. Et si vous lisez ces lignes après les fêtes de fin d'année, faites-vous plaisir tout seul !


Chronique rédigée par Jean Loup le 01/12/2013
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 3,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.75
Dépôt légal : Octobre 2013

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Kililana Song, tome 2 : Seconde partie, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

7 12 2013
   

Après avoir illustré deux scénarios de Christophe Dabitch ("La Ligne de fuite" et "Mauvais garçons"), Benjamin Flao livre la conclusion de son premier projet BD en solitaire. Pour ce premier voyage en solo, servi sous forme de diptyque, ce grand amateur de périples autour du monde invite les bédéphiles à l’accompagner en terre africaine, dans l’archipel kenyan de Lamu.

Si la vedette du premier volet était incontestablement le petit Naïm, c’est dorénavant la chanson de Kililana, accompagnée d’un vent de tempête, qui fait la pluie et le beau temps de cette suite. En suivant les pérégrinations de ce jeune orphelin de onze ans à travers les rues de la ville portuaire de Lamu, le lecteur avait fait la rencontre d’une galerie de personnages hauts en couleur. Les diverses rencontres du petit Naïm permettaient également au lecteur de découvrir les mœurs et le quotidien d’une région riche en traditions, dont l’identité s’apprête à être souillée par le capitalisme. Maintenant que la mise en place est terminée, Benjamin Flao continue d’entrelacer les destinées de Naïm, perdu en pleine mer avec le vieux Mzé et la dépouille sacrée du légendaire Liongo Fumo, du capitaine Günter, aux mains d’impitoyables ravisseurs Shebabs somaliens, d’Hassan, qui continue de s’inquiéter pour son frérot, de Jahid, le roi du trafic en tout genre, de cet ancien pêcheur devenu très philosophe au fil des ans ou des expatriés qui pullulent sur l’île. Tout en abordant les problématiques liées à la pauvreté, au trafic d’armes et de drogue, au colonialisme, aux magouilles, au capitalisme et à l’islamisme radical, l’auteur donne encore plus de profondeur à ses personnages et propose un récit débordant d’humanité et d’authenticité.

Si cet album appel au voyage, le graphisme somptueux de Benjamin Flao n’y est certainement pas étranger. Ce trait proche du crayonné, littéralement sublimé par une mise en couleur directe chaude et chatoyante, contribue à immerger le lecteur dans cette délicieuse ambiance africaine. En proposant des scènes maritimes époustouflantes, l’auteur étale tout son talent de dessinateur… et de narrateur. Alternant des scènes plus calmes dans les petites ruelles pittoresques de la ville à des passages plus dynamiques qui restituent toute la puissance de cette tempête venue balayer la bêtise des hommes, il maîtrise à merveille le rythme de ce récit chorale.

Même si quelques destinées méritaient d’être éclairées un peu plus longtemps, ce diptyque fait indéniablement partie des coups de cœur de cette année.