40 548 Avis BD |17 180 Albums BD | 6 922 séries BD
Accueil
Jolies ténèbres
 

Jolies ténèbres

 
 

Résumé

Jolies ténèbresAfin d'acceder au résumé de Jolies ténèbres, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Jolies ténèbresAvec "Jolies ténèbres", Fabien Vehlmann ("Marquis d'Anaon", "Cinq Conteurs de Bagdad", "Seuls") et le duo Kerascoët ("Miss pas touche"), alias Marie Pommepuy et Sébastien Cosset, livrent un conte de fée morbide inspiré par Marie Pommepuy.

Alors que le récit débute comme un jolie conte enfantin, le lecteur se retrouve soudainement (et sans la moindre explication) en face du corps inanimé d’une fillette gisant dans la forêt. De ce cadavre en pleine putréfaction sortent de petits êtres qui vont, tant bien que mal, tenter de s’organiser pour survivre. C’est pour le moins surprenant !

Ce petit peuple représente-t-il des morceaux de la personnalité de cette fille qui vient de décéder ? Quoi qu’il en soit, de cette petite communauté hétéroclite vont lentement émerger les nombreuses individualités. Au fil des pages, égoïsme, orgueil, méchanceté, indifférence, cruauté et autres mauvais penchants de la fille vont réduire la part d’humanité et plonger le récit dans l’horreur. Déjà dans "Seuls", Fabien Vehlmann mettait en scène un groupe d’enfants privés d’adultes et tentant de s’organiser, mais ici il pousse la barbarie et l’horreur beaucoup plus loin, tout en conservant le côté enfantin et magique du récit.

Ce contraste se retrouve également au niveau du graphisme avec d’un côté, un dessin qui pourrait faire croire que cet album est destiné à un jeune public, et de l’autre, la brutalité et l’horreur (souvent suggérées) du récit.

Mais, malgré l’originalité indéniable de ce one-shot sombre et féérique et les nombreux sentiments qui envahissent le lecteur lors de la lecture, allant de l’émerveillement au dégoût, le côté trop ouvert du récit est quand même un peu dommage. Vehlmann a d’ailleurs souvent tendance à laisser quelques portes ouvertes à ses récits, mais ici il laisse la quasi totalité de l’interprétation, de l’origine et de la conclusion au lecteur. Ce côté «meuble IKEA» qui oblige le lecteur à faire la majeure partie du boulot m’a quand même un peu dérangé au final.

Un conte horrifique surprenant, voire magistral, mais qui manque quand même cruellement d’explications.


Chronique rédigée par yvan le 24/03/2009
 
 
Statistiques posteur :
  • 2126 (59,14 %)
  • 920 (25,59 %)
  • 549 (15,27 %)
  • Total : 3595 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
Acheter d'occasion : 8,95 5,00
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.20
Dépôt légal : Mars 2009

Avis des lecteurs

5 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Jolies ténèbres, lui attribuant une note moyenne de 4,20/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

22 6 2012
   

Je ne partage pas l’enthousiasme des autres lecteurs qui se sont déjà exprimé sur cette page. Pourtant le trio d’auteur a un sacré CV. Fabien Vehlmann auteur de seul ; green manor ; ou les derniers épisodes de spirou et Kerascoët, duo de dessinateur, à qui on doit miss pas touche et beauté. La couverture très jolie, poétique attire également l’œil.

Jolies ténèbres est un récit poétique abstrait. L’histoire commence comme un conte de fée ou une princesse dans le rôle de la parfaite femme au foyer invite un prince pour le thé. Puis sans savoir pourquoi tout bascule. On se retrouve avec un cadavre de petite fille allongé sur le sol, au beau milieu d’une forêt. Par ses diffèrent orifice sorte de petits être, une tribu lilliputienne juvénile. Je suppose qu’il s’agit de partit de l’âme de la jeune fille, des personnages sortit de son imagination. Une fois la mise en place opéré le lecteur est invité à suivre l’évolution de cette petite communauté.

Petit à petit le compte gentilé va basculer vers l’horreur la plus total. La loi du plus fort restera la seul règle. A l’image du corps de la pauvre enfant le récit va se décomposé pour arriver vers les ténèbres les plus sombre. Même le dessin enfantin des dessinateurs ne parviendra pas a allégé le récit. Au contraire le paradoxe entre la cruauté du récit et la naïveté du dessin m’a mis mal à l’aise.

Tous ces éléments font que je n’ai pas du tout aimé cette lecture. Pourtant on ne peut pas honnêtement dire que cet album est mauvais. Le scénario se tiens la narration est bonne, le dessin est de qualité. Malgré ces qualités indéniables le flou autour du point de départ et le coté abstrait (ou poétique jusqu’auboutiste) m’ont entrainé dans un malaise qui ne m’a pas quitté du début à la fin de la lecture.

Pour résumé, ce n’est pas fait pour moi.

12 12 2010
   

Wouaaaah !!!... Une BD qui nous retourne.

De la couverture à la toute dernière page, cette BD est déjà en soit un très belle objet...Un album solide et une des plus belle couverture que j'ai jamais vu, sobre, intrigante, attirante mystique... Mais on ouvrant la BD, je ne connaissais toujours pas son thème.

Ce qui m'a d'abord frappé (en crescendo dans l'album quand même), c'est le dessin, le contraste entre ces petits personnages mignons, plein de belles couleurs, digne des meilleurs livres illustrés, rempli d'une gaieté pastel, et ces décors, les animaux et les humains représentés (vivants ou non) qui sont d'une grande qualité et force graphique, d'un réalisme rare, avec des couleurs (je dirais de l'aquarelle) incroyablement belles... Il y a une grande recherche...les cases sont loin d'être brouillonnes. Je connaissais que peu le travail des Kerascoët (à vrai dire je ne leur savais pas une telle maîtrise pour dépeindre les animaux et la nature avec tant de réalisme) qui est un peu dans la veine des auteurs du style Lucie Durbiano ou autres, mais grâce à cet album, ils font désormais parties de mes dessinateurs préférés : "Jolies ténèbres" ? Assurément dans mon top 5 des plus belles BDs que j'ai pu lire...

Et ce scénario... C'est sûrement le plus morbide que j'ai pu lire en BD... Tout commence lorsque une ribambelle de petits personnages sortent du cadavre encore chaud d'une petit fille qui vient de décéder.... Je me plais à imaginer que ces personnages sont la partie invisible de cette fille... L'âme ou l'esprit, le caractère, ses émotions, ses états-d'âmes, ses sentiments, sa mémoire... Tout ce qui est stocké dans notre cerveau. C'est assez trash comme introduction (du moins moi je n'ai jamais vu ça). Et l'on va suivre toute cette marmaille qui va organiser une petite communauté en essayant de survivre (ce qu'ils n'y arrivent pas) avec leur insouciance. Et c'est là que l'horreur s'installe...En crescendo bien sûr !
On est que très rarement confronté à la mort, tout d'abord, on y fait allusion ("-Non, les champignons on a dit qu'on arrêtait ! Il y en a qui sont VE-NE-NEUX. - Ah oui, c'est vrai... Pauvres Joséphine, Margot et Agathe, je les aimais bien.") Au début, je trouvais ça assez drôle (le décalage entre le dessin mignon et les thèmes abordés, y était je pense, pour beaucoup), mais plus j'avançais dans la BD, plus j'avais des espèces de hauts-le-cœur... Combien de fois me suis-je écrié "C'est vraiment dégueulasse ?"

Contrairement à pas mal d'autres posteurs, je me suis pas posé trop de questions : "Pourquoi est-elle morte ? Qui est cet homme ? Son meurtrier ? Son père ? A-t-il un rapport avec elle ?"
Non, je me suis juste laisser bercer par les sentiments (généralement de dégout) que m'a inspiré la BD. J'en est arrivé à détester certains personnages ( Plim, Zélie... En général j'avais du mal à associer un caractère aux personnages vu qu'ils étaient tous des monstres : d'ignorance, d'orgueil, de gourmandise etc...).
J'ai juste trouvé le final légèrement plus léger que le reste de l'album, qui était très dense.

Bref, une excellente BD, morbide à fond (voir l'état d'avancement de la décomposition est assez dégoutant), avec un scénario assez bien construit, drôle et écœurant à la fois (on offre toute notre compassion à la pauvre Aurore), avec un dessin vraiment, magnifique... Je vous la conseille... A vos risques et périls !

21 6 2009
   

"Il manque cruellement d'explications"
"on ne sait pas pourquoi la fille est morte au début"
"qui c'est le géant ?"

Autant de phrases que j'ai pu entendre à propos de cet album.
Une seule réponse : ON S'EN FOUT !!!

Le principe des contes est de ne pas vouloir donner d'explications. Vehlman l'a très bien dit lui-même, il voulait faire vivre cette petite société, de la façon la plus crédible possible, sans savoir où cette société voulait aller.

Et malgré lui, il délivre des vérités sur la vie, sur les relations sociales, sans vouloir donner de leçons (exactement à l'inverse du décevant Donjon Crépuscule 106 Révolutions). A travers cette société d'enfants, c'est notre société d'adultes que nous voyons.

L'histoire est tragique, mais sans complaisance aucune. Le dessin est magnifique, et son caractère enfantin accentue encore le tragique du scénario.

Un album à relire, et à garder.

24 3 2009
   

Imaginez une petite fille morte, son corps d'écolière oublié et gisant au coeur d'une forêt. Imaginez alors que tous les petits personnages qui peuplaient son esprit et son imaginaire s'en échappent, fées, ballerines, poupées et autres princesses. Tout ce petit monde, insouciant et désemparé, va alors tenter de vivre autour, voire à l'intérieur, du cadavre bientôt en décomposition. Un petit peuple de conte de fées côtoyant la mort et la pourriture, voilà qui entame le récit sur une note bien morbide et étonnante.
Mais ce n'est là que le début d'une fable largement plus cruelle.

Sa Majesté des mouches est enfoncé. Jolies ténèbres fait exploser la douceur et l'insouciance des rêves d'enfant, de petites filles, pour afficher la dureté de la réalité et plus encore la cruauté des personnages enfantins.
Car bien rapidement, la vie de cette communauté de petits personnages va se transformer en véritable jeu de massacre. La naïveté va être la première cause des disparitions, dans cet univers naturel où les dangers et les prédateurs rôdent un peu partout. Mais ce seront surtout les comportements de chacun d'entre eux qui vont entrainer les pires atrocités. Egoïsme, inconscience, orgueil, méchanceté, fainéantise, régression, peur, manque d'assurance...

Sous des aspects enfantins, ce récit est incroyablement dur. Les morts sont plus cruelles et horribles les unes que les autres, d'autant plus marquantes qu'elle se masquent sous des allures d'amusement d'enfants, de recherche de nourriture ou de découvertes insouciantes et souriantes de la nature environnante. Certains petits personnages, aux traits de princesses ou de gentils garçons, se révèlent de véritables monstres. C'en est parfois à vous retourner le coeur. Le pire étant l'indifférence souriante de ceux qui voient mourir leurs comparses dans d'atroces situations sans réagir.

Le graphisme joue précisément la carte du contraste entre un style simplifié, assez enfantin, servi par de très jolies couleurs, comparé à l'horreur de ce qu'il raconte. Je regrette cependant le manque de détail du trait des Kerascoët sur la majorité des pages. Seuls les décors et certains animaux sont joliment ouvragés et peints. Les Kerascoët prouvent pourtant dans une double page de cet album qu'ils sont capables d'un style nettement plus soigné et réaliste.

La narration est parfaitement orchestrée. Elle se déroule avec une fausse insouciance enfantine. Le récit est dense et l'album très conséquent. Les auteurs ont su savamment doser la progression dans l'horreur, par touches de plus en plus saisissantes pour les lecteurs. Cela frise l'accumulation sans jamais l'atteindre pour de bon. Et tandis que les émotions se font de plus en plus noires, la fin vient donner le coup de grâce vengeur attendu depuis de nombreuses pages.

Voilà une oeuvre vraiment très forte. Elle est puissante par son contraste entre horreur et imaginaire enfantin. Elle est belle et très dérangeante à la fois. Une lecture marquante, suffisamment saisissante pour pouvoir créer soit un rejet soit un envoûtement total. Un vrai coup au ventre en ce qui me concerne, et un album possiblement culte.
Vive recommandation de ma part mais sachez que vous risquez de ne pas en sortir indemne.