46 533 Avis BD |20 176 Albums BD | 7 885 séries BD
Accueil
Tome 1 : JOHNNY 23
 

JOHNNY 23, tome 1

 
 

Résumé

JOHNNY 23, tome 1Afin d'acceder au résumé de JOHNNY 23, tome 1, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de JOHNNY 23, tome 1"JOHNNY 23" est une version alternative de "ToXic". Un album au format à l’italienne, que Burns a confié à l’éditeur marseillais confidentiel Le Dernier Cri, pour une diffusion tout aussi confidentielle : 2000 exemplaires dont 500 assortis d’une sérigraphie, ce qui explique aussi qu’il n’ait pas de code barre, ni même de mois au dépôt légal, bien qu’il ait été édité en novembre 2010.

Un album très intrigant, parce qu’il présente plusieurs particularités, liées à des symboles propres à l’auteur. Il y a d’abord cet étrange langage, qui se présente sous une forme ressemblant à l’alphabet tibétain… Un énième hommage à Tintin, qui recouvre le sens suivant. Dans une de ces interviews, Burns explicite le choix de ce cryptogramme : alors enfant, il lisait avec fascination deux albums de Tintin en Français. Il se souvient encore qu’il ne comprenait pas les « bulles » et les textes, mais qu’il avait déjà une conscience de cet univers imaginaire qui allait au-delà de ce qu’il pouvait comprendre du monde réel : « un âge où je ne pouvais rien dire du monde extérieur mais où j’avais intériorisé celui d’Hergé »… La couverture de "ToXic" est un hommage à « L’étoile mystérieuse », celle de "JOHNNY 23" reprend de façon explicite « L’île noire ». Pour conclure avec cet étrange langage, il semble qu’il y ait des fans qui l'ont décrypté, pour une traduction en anglais...

L’aspect du livre fait penser à une édition pirate. Une sorte de bootleg non autorisé. Là aussi, Burns rend hommage à la culture underground des œuvres détournées, comme ces fameux enregistrements live d’une foule de groupes, revendus sous le manteau et non autorisés par les maisons de disques qui avaient signé les artistes…

Enfin, il y a la mise en forme, avec sa couverture en quadrichromie et sa pagination en papier rugueux et très épais, qui revoit entièrement le découpage de « Toxic », en livrant à la fin de l’album quelques vignettes inédites, comme autant d’indices encore plus énigmatiques… Ce découpage reformaté est aussi un clin d'œil à la technique de collage de textes aléatoire qu'un ami de Burroughs avait inventée.
Il est à noter que cette fois-ci, l’auteur renoue avec le noir et blanc, ce qui nous ramène inévitablement à ces œuvres précédentes, en particulier "Black Hole".

Voilà, Burns est un artiste majeur, dont le monde est complètement dingue et qui entraîne ses lecteurs dans sa folie. Et c’est bien pour ça qu’on l’aime ! Et c’est bien pour ça que ce "JOHNNY 23" ne s’adresse par définition qu’aux dingues de Burns…


Chronique rédigée par Hellspawn le 27/01/2011
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
Visitez ma fiche, lisez mes autres avis, comparez vos goûts avec les miens !
Avatar de HellspawnReflet de l'avatar de Hellspawn
Statistiques posteur :
  • 446 (38,99 %)
  • 689 (60,23 %)
  • 9 (0,79 %)
  • Total : 1144 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
Acheter neuf : Clic ! Clic ! Clic !
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Novembre 2010

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics JOHNNY 23, tome 1, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

28 12 2014
   

« Johnny 23 » propose une version pirate du fameux "ToXic", la dernière pépite imaginée par l’auteur du cultissime "Black Hole".

Ce « bootleg » au format à l’italienne souple proposé par l’éditeur marseillais alternatif « Le Dernier Cri » est en fait chapeauté par l’auteur lui-même. Le tirage est limité à 2000 exemplaires et seuls les 500 premiers ont eu droit à une sérigraphie couleur inédite de Charles Burns.

À l’instar de l’ouvrage original, cette version alternative est à nouveau clairement influencée par l’œuvre d’Hergé et de William S. Burroughs. Il y a tout d’abord cette logique du cut-up qui est omniprésente dans la trilogie de Burns et qui est à la base de cette version pirate qui s’amuse à réutiliser les cases de l’album dans un nouvel ordre narratif. Ce nouveau découpage donne ainsi naissance à une nouvelle version, inédite du récit. Le lecteur retrouve certes les mêmes images récurrentes, qui renvoient au traumatisme du personnage central, mais le fait d’agencer le même matériel dans un ordre différent, permet d’offrir une interprétation différente de l’ensemble, voire un nouvel éclairage.

De plus, Burns a remplacé tous les dialogues des cases par un alphabet inconnu afin de reproduire l’expérience qu’il a vécu étant jeune, en lisant des albums de Tintin en Français, dont il ne comprenait pas les textes. Cette approche permet également au lecteur d’être absorbé par l’univers mis en place, sans pour autant parvenir à comprendre les dialogues.

Visuellement, les dessins sont cette fois-ci entièrement en noir et blanc et non en couleur, mais ça ne les rend pas moins impressionnants… au contraire.

Bref, un « Johnny 23 » qui ne s’adresse qu’aux fans de Burns… et j’en fais partie !