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La nuit des rapaces est l’introduction de la série Jeremiah. Hermann y tient le double rôle de scénariste et dessinateur. Ce tome datant de 1979 est créé à la demande de l’éditeur germanique Koralle qui lui demande de produire une série d’anticipation post apocalyptique. Et le résultat est là puisque cet album inaugure selon moi un renouveau dans la BD d’aventure mais aussi du western !
En effet, on découvre ici un duo de héros un peu différent des séries classiques. Jeremiah est un fils de fermier, un peu naïf et idéaliste, mais rudement costaux et avide de connaissances et de découvertes. Pour Kurdy, le tableau est plus confus, c’est une sorte de profiteur, aventurier, voyageur et fine gâchette ; mais sa relation avec Jeremiah a quelque chose d’étonnant, comme si il prenais le rôle de son père et lui apprenais la dure réalité.
Au scénario, Hermann nous invite dans un monde hostile et en pleine reconstruction, avec l’émergence de quelques figures égocentriques et expéditives. Dans sa quête de justice, Jeremiah agit en sorte de héros sans pour autant en être un. Et c’est tout ce qui fait le charme de cette BD, c’est l’absence de démesure au profit d’un réalisme et d’une profondeur inhabituelle pour ce genre de BD. Ce tome 1 inaugure aussi un univers certes maintes fois exploré, mais cette fois de façon originale puisque ce pays dévasté est peuplé de pseudo « cow-boys ». Cela donne un toute autre dimension au récit et permet d’introduire une action et une intrigue classique mais novatrice par son ambiance et par sa façon de le traiter : sans grandiloquence.
Coté graphique, le résultat est certes très prometteur, mais pas encore assez personnel à mon goût. On ressent encore trop l’influence du style d’un Giraud et de sa série phare du genre : Blueberry. Les couleurs aussi s’en rapprochent étrangement… Mais malgré tout, l’album tire son épingle du jeu grâce à ce savant mélange d’un monde actuel avec une ambiance de western.
Pour finir, je dirais que ce tome 1 est un bon cru. Pas exceptionnel aux vues de ce que la série réserve, mais il introduit d’ores et déjà le ton et l’ambiance de cette longue série à venir. Sans être époustouflant ni vraiment original, cette série démarre bien et ose mélanger les styles. Et je tiens quand même à saluer le travail de Hermann qui arrive à réussir autant au niveau du scénario que du dessin !
6 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Jeremiah, tome 1 : La nuit des rapaces, lui attribuant une note moyenne de 3,42/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Le premier tome d'un western post-apocalyptique prometteur.
Le scénario est relativement bancal car certains passages ne sont pas assez exploités (les motivations de révoltes entre autres...), mais l'univers est très réussi et les personnages sont correctement présentés.
Les dessins sont plutôt jolis mais ce sont surtout les couleurs qui m'ont véritablement séduit...
Bref, les bases sont posées et on espère que la suite gagnera en maîtrise scenaristique...
Je découvre, en lisant cet album, la série "Jeremiah". C'est un bon moment de lecture, qui commence par une planche très efficace : sans long discours, le décor est planté. Une guerre a conduit les survivants à vivre comme au temps des western, l'univers ainsi constitué étant ponctué de ci de là, par quelques éléments qui semblent anachroniques par rapport à cet environnement qui fleure bon les cow boys et les indiens. Ici, c'est une caravane, et en premier lieu, bien sûr, le casque de Kurdy assure ce rappel constant que l'on se situe dans le futur, dans un monde dont le visage aura été modifié par la guerre. J'ai aimé cet environnement et cette imagination même si je pense que j'aurais trouvé cela plus marrant si cet aspect "décalage" avait été un peu plus souligné. J'ai également apprécié le dessin, " à l'ancienne", très fouillé au risque de devenir parfois fouillis, mais qui met bien en avant les personnages et leurs expressions. C'est donc un album qui présente bien.
Pour autant, je dois dire que j'ai été un peu déçu par le scénario, et cela est certainement dû au fait que je n'ai pas bien compris l'intrigue de fonds concernant certains esclaves... en fait, cette partie est plus que survolée. De même je trouve Jérémiah assez changeant : il ne sait pas se servir d'une arme mais en vole une pour attaquer seul le repère des méchant... En bref, je trouve que tout va un peu trop vite, que l'auteur ne prend pas le temps de véritablement nous expliquer les fondements de ce scénario et du coup, je suis un peu resté en retrait.
Il n'en reste pas moins que ce premier tome présente une amitié naissante entre Kurdy et Jérémiah, et que cette amitié est prometteuse. Il suffit de regarder le nombre de tomes parus pour s'en convaincre. L'univers m'a plu, les personnages méritent peut-être de s'affirmer (à part Kurdy qui est déjà un personnage complexe), et les prochaines intrigues méritent à gagner en clarté. A voir donc pour la suite des évènements.
Jérémiah ! Une de mes séries fétiches, voire, MA série fétiche si j'oublie ma bible intouchable qu'est Tintin. Quand je l'ai découvert adolescent ç'en était au tome 6 et j'avais dépassé le stade de l'admiration, c'était plutôt de l'idolatrie. Je bavais devant chaque nouvel album.
On découvre donc ici un monde post-apocalyptique ou tout est à reconstruire presque de zéro, avec des groupes d'hommes qui survivent comme ils peuvent. Un point de départ qui suffit à faire mon bonheur.
C'est bourré d'action et 46 planches semblent trop peu. Tout s'enchaine très vite et on aimerait profiter plus longtemps de cette aventure.
Pour l'instant les éléments modernes sont assez discrets (quelques armes, des ruines diverses, de vieeeeilles carcasses de voitures...). Hermann donne plutôt un ton majoritairement western à cet album mais les quelques éléments modernes qu'on y croise suffisent à transporter l'album au-delà d'un banal western.
Hermann fait déjà du grand art. Son dessin fin, nerveux, en recherche constante de l'attitude juste et originale. Ses cadrages et sa mise en scène très cinématographiques : sublime. Il y a déjà quelques scènes et cases mémorables dans ce 1er album.
Sa première page est une leçon ! En 4 cases il condense et résume les évènements qui ont conduit à la situation de la série, sans aucun texte, et tout est très claire. Un conflit entre noirs et blancs qui dégénère, et apparement c'est les blancs qui ont gagné (si on peut parler de gagner) puisqu'on ne voit aucun noir dans l'album.
Par contre il semble que les peaux rouges aient tiré parti du conflit pour se reformer en "nation indienne", à l'écart des autres et à tendance maffieuse. Un exemple du mélange western/monde moderne de la série.
Les couleurs ne sont pas en reste, bien que loin du sublime qu'il atteindra plus tard, l'auteur rend très bien les crépuscules, plein soleils, pénombres...
Pour les personnages, les principaux nous sont présentés : La tante Martha qui disparait dans l'attaque du village mais surtout Kurdy, qui ne changera plus beaucoup et sur lequel flotte l'ombre d'un passé criminel récent qu'on s'évertue à deviner. Et Jérémiah, qui n'est qu'un gamin extrêmement naïf et qui lui, changera beaucoup, sauf son côté boy-scout qu'il trainera longtemps encore.
Les 2 se rencontrent sur cet album et font un duo du tonnerre.
Et il y a les personnages secondaires : Fat-eye, haut en couleur et Fellinien comme les affectionne l'auteur.
Je m'aperçois en le relisant de l'ambigüité homosexuelle de cet album (comme l'étaient les épisodes des "mystères de l'ouest" auxquels nous renvoie le titre (comme le souligne Mike2a)) : D'abord ce Fat-eye, grosse tapette méchante comme une teigne entourée de ses "mignons", et Kurdy qui, le 1er soir où Jérémiah entre chez lui, se déguise en femme ! Pour les besoin de sa mission certes. Heureusement que Jér. est encore trop naïf pour se poser la moindre question déplacée !
Je le relis et j'adore toujours ! si vous ne connaissez pas, réparez ça de suite !
Je met un petit 4 mais un 4 quand même.
Allez c'est parti pour la chronique complète (y a du boulot...) d'une des mes séries fétiches... Donc forcément ça va être plutôt flatteur, mais on va essayer de garder un certaine objectivité !
Ce tome est le premier, il constitue une introduction à l'univers et aux personnages de la série. On fait connaissance avec Jérémiah et Kurdy, pour l'instant presque caricaturaux dans leurs caractères respectif - il faut bien qu'on comprenne quel sera les ressorts des relations du duo et de leur rapport à leur entourage.
Hermann assurant scénario et dessin, on peut difficilement les dissocier... Disons que c'est un galop d'essai, dans lequel on reconnait plusieurs influences graphiques (mais aussi certains éléments du trait caractéristique d'Hermann qui va s'affirmer et évoluer au fil de la série...) et une utilisation intéressante d'un concept connu : la société post-apocalyptique plus ou moins arriérée...
Globalement, dans une série marquante par sa qualité globale, ce n'est pas le meilleur tome (peut-être un des moins bons), mais il donne vraiment envie de découvrir le monde de Jérémiah ! Pour un tome initial, on peut donc dire que c'est une réussite !
Ce premier tome de la série Jérémiah est tout simplement formidable. Le titre est très accrocheur : "La nuit des rapaces" sonne comme un des titres de la série télévisée "Les mystères de l'Ouest", ce qui est un premier clin d'œil. En effet la série est un Western sans en être un. Les protagonistes se déplacent à cheval, sont armés de revolvers ou de Winchesters, et la technologie semble au premier abord très limitée. Mais il n'est pas question ici de cow-boy, de guerre indienne, de chercheurs d'or, ou d'un de ces autres grands classiques du genre. Tout au moins pas pour l'instant.
Non, Jérémiah est une série post-apocalyptique, un peu comme Mad Max, mais où, en plus on n'aurait plus d'essence. Donc pas de grand rodéo urbain, pas d'asphalte, pas de blousons de cuir. La préoccupation principale des uns et des autres est avant tout de survivre. Et pour l'instant, l'auteur nous propose trois grands genres de survivants : les tribus organisées, qui travaillent dur pour survivre, observent une discipline stricte, ne se mêlent pas des affaires des autres, sont impitoyables si l'un des leurs se casse une jambe : il est tout simplement abandonné au bord de la route. C'est à l'une de ces tribus qu'appartient Jérémiah. Autre style : les despotes fortunés, qui entretiennent une bande de voyous pour obtenir de quoi survivre sans se fatiguer en volant, tuant, menaçant, trafiquant, bref toutes les activités illégales possibles. Enfin, les bandes de voyous elles-mêmes qui se vendent au plus offrant, se nourrissent des restes des champs de bataille, bref, des charognards. C'est le profil de Kurdy, le second rôle de cette histoire, qui malgré tout va devenir l'associé, le partenaire et finalement l'ami de Jérémiah.
Comment ces communautés coexistent-elles ? Dans la douleur, bien sûr, car il ne semble y avoir aucune organisation légale, police, armée milice ou autre. C'est la jungle, la loi du plus fort. Perdu dans ce monde hostile, Jérémiah n'a d'autre choix que de suivre Kurdy, qui est pourtant tout ce que son éducation étroite d'esprit lui a appris à détester. Voleur, menteur, joueur, et peut-être pire. Mais Le héros va vite se rendre compte que ces bons sentiments sont illusoires face à la réalité, et en même temps que Kurdy glisse vers l'honorabilité, Jérémiah s'encanaille et se durcit. Ce sont donc des antagonismes magnifiquement restitués dans ce premier tome, ajoutés à une intrigue prenante, et de très beaux dessins.
On peut sans hésiter se lancer dans la série avec ce premier tome.