44 873 Avis BD |19 348 Albums BD | 7 676 séries BD
Accueil
Je mourrai pas gibier
 

Je mourrai pas gibier

 
 

Résumé

Je mourrai pas gibierAfin d'acceder au résumé de Je mourrai pas gibier, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Je mourrai pas gibierAvec cette brillante adaptation du roman éponyme de Guillaume Guéraud, Alfred livre un nouveau récit profondément humain et débordant de sensibilité.

Tout démarre par l’acte incompréhensible d’un adolescent qui commet l’irréparable dans un bled perdu nommé Mortagne. L’auteur va ensuite remonter le fil des événements qui ont conduit à ce fait divers sanglant. C’est de manière détachée que le narrateur et auteur du crime remonte à la source de cette haine qui aveugla son geste impardonnable. Et pourtant, au fil des pages, le lecteur va lentement partager cette haine, s’imprégner des émotions qui parcourent le meurtrier et même comprendre son acte sans pour autant chercher à l’excuser.

Graphiquement, derrière cette couverture d’une grande sobriété, le dessinateur de "Pourquoi j'ai tué Pierre" démontre une nouvelle fois sa capacité à mettre en image des récits bouleversants. Un dessin qui, aidé par l’excellente colorisation de Henri Meunier, retransmet à merveille les émotions et les ambiances.

A ne pas manquer !


Chronique rédigée par yvan le 26/01/2009
 
 
Statistiques posteur :
  • 2329 (58,20 %)
  • 1102 (27,54 %)
  • 571 (14,27 %)
  • Total : 4002 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
Acheter neuf : 14,73 14,73 14,73
Acheter d'occasion : 6,21
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Janvier 2009

Avis des lecteurs

8 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Je mourrai pas gibier, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

23 7 2017
   

Je suis assez partagé en fin de lecture. D'un côté, je me rends compte que je n'ai pas pu abandonner la lecture en cours de route, impatient de voir comment on a pu arriver à la situation terrible qui est présentée dans les premières pages. Une espèce de fascination morbide entretient l'intérêt du lecteur que je suis, avec également une pointe de pathos lorsque l'on découvre comment l'idiot du village a été rossé. Toute cela relève d'une belle dynamique et la narration et le découpage se révèlent efficaces.

Pour autant, cet album pèche selon moi d'un manque d'authenticité : le village qui nous est présenté est coupé en deux, non pas un fossé, mais par les emplois des uns et des autres. Entre ceux qui travaillent la vigne et ceux qui bossent à la scierie, c'est la guerre. Une vision un peu réductrice d'un village, un comportement de masse absurde que l'on met sur le compte de l'isolement de ce village. De plus, les actions de Frédo et d'Arnaud ne sont pas non plus crédibles : pour se rabibocher, ils auraient vraiment besoin de faire mal à un plus faible ? Comme si finalement la violence débile, la bestialité aveugle, étaient l'apanage des gens vivant dans les petits villages reculés. Y compris le narrateur, dont le coup de sang reste une grande énigme : le personnage étant censé voir tout cela avec une certaine distance. Mais il faut croire que ses origines rurales l'ont rattrapé pour finalement le transformer en monstre sanguinaire, comme ses congénères. Pour moi, les personnalités présentées ne sont pas suffisamment crédibles ni authentiques, or c'est cette authenticité qui aurait véritablement permis au scénario de gagner en profondeur.

Une bonne dynamique d'ensemble, mais un récit qui manque de crédibilité et dont on ne voit pas bien, au final, quel peut être le message.

14 12 2010
   

Cette histoire adapte fidèlement le roman de Guillaume Guéraud. Alfred, grâce à un dessin coup de poing, plutôt "impressionniste", fait de traits relativement simples, décrit parfaitement ce drame se déroulant lors d'un repas familial qui tourne mal.
Cela m'a rappelé le "Pauvres Zhéros" de Baru : en moins bien cependant. Il y a aussi un peu du Elephant de Gus Van Sant, même si le réalisateur américain se contentait de décrire le comment sans jamais expliquer le pourquoi de Columbine. Alfred, grâce à son narrateur héros est lui parfaitement dans l'explicatif de ce terrifiant incident.
La description de la France profonde dans ce qu'elle a de pire est très bien rendue. Mais au final, je crois bien que je ne relirai pas cet ouvrage car passé l'onde de choc, le livre ne restera pas dans mes annales.

8 9 2010
   

Encore un récit choc que nous présente-là Alfred, après l'excellent et très bouleversant "Pourquoi j'ai tué Pierre" (d'ailleurs, en voyant la couverture avec cet œil dans l'ombre je croyais que c'en était la suite). Et c'est encore une réussite.

Dès le début on retrouve le graphisme si particulier mais tellement réussi et plaisant d'Alfred. Moi j'aime beaucoup et je trouve qu'il sert à merveille ce genre de récit avec son petit côté désuet et parfois brouillon.

Et puis il y a le scénario choc, même si je le trouve légèrement cliché. Je trouve que la façon dont l'intrigue et le caractère des personnages, est très bien amenée. J'ai toujours aimé, dans les histoires, les personnages d'idiots du village, de neuneus, de "pleu-pleu", pour leur petit côté anticonformiste.
Même si la seconde fois que Térence se fait tabassée est peut-être de trop et est donc moins poignante.
N'empêche que j'ai fini pas approuver les gestes de Martial, de les cautionner, sans broncher. Je ne sais pourquoi, mais sans forcément lui pardonner, ça ne m'a pas choqué.
Les scènes de meurtres sont vraiment très bien réaliser, le graphisme est très bien trouvé (tout de blanc) on rentre vraiment dans la tête du héros.

Bref, une lecture vraiment poignante.

9 9 2009
   

"Je mourrai pas gibier". Le titre lui-même, ainsi qu'une couverture inquiétante, annonce d'emblée la couleur : voilà une bande dessinée sombre, dure, à ne pas mettre entre toutes les mains.

On sait qu'Alfred s'est déjà frotté à ce genre d'exercice. Le fameux "Pourquoi j'ai tué Pierre" l'avait amené à aborder le sujet particulièrement douloureux des victimes de pédophiles, avec une justesse et une intelligence rares. Assurant cette fois le scénario aussi bien que le dessin, Alfred aborde le thème de la violence. On pense aux massacres perpétrés par des adolescents aux Etats-Unis, mais aussi à la bande dessinée "Lune de Guerre" qui voyait un mariage dégénérer. Et naturellement, on est glacé.

Le récit nous lie beaucoup à celui qui va commettre l'irréparable. Cela permet de mieux comprendre ce qui peut se passer dans la tête de celui qui en arrive (est poussé ?) à commettre un massacre. Milieu social sordide, comportements révoltants, rancoeurs accumulées : le processus menant au drame est décrit sans complaisance dans l'album, laissant le lecteur avec un sentiment profond et terrible au moment de refermer le tome.

Une bande dessinée qui ne laissera personne indifférent et dont on ne peut que recommander la lecture.

29 6 2009
   

Cela fait plusieurs BD que je lis qui mettent en scène un village un peu reculé dont les habitants ont tout de dégénérés violents et amoraux. J'en viens parfois à me demander si cette vision du monde rural a quelque chose de la vision exotique d'un auteur urbain s'adressant à des lecteurs urbains, ou s'il s'agit de frustration revancharde d'un auteur ancien villageois qui a de mauvais souvenirs de jeunesse ? Quoiqu'il en soit, je n'aime pas trop le thème.

Pour le reste, Je mourrai pas gibier met en scène un fait divers tragique, ou plutôt tous les éléments qui ont abouti à la réalisation de ce fait divers. La narration est bonne, le récit fluide. On comprend les motivations du principal protagoniste et ce qui l'a amené à agir, même si le déchainement aveugle de la fin parait un peu excessif (quoiqu'il amène une mort par balle perdue qui a été le moment le plus émotionnel pour moi).
J'ai trouvé cette lecture intéressante mais je dois dire ne pas avoir accroché ni été particulièrement marqué. Et comme souvent avec ces récits de faits-divers, j'aimerais que l'auteur prenne le risque de rajouter quelques pages pour raconter ce qu'il s'est passé après, pour prendre un peu de recul et analyser.
A lire sans doute, mais je ne l'achèterai pas.

17 6 2009
   

"A la base, ça devait être une fête, vu que c'était le mariage de mon frère..." Voilà la phrase du 4e de couverture qui nous annonce d'emblée que ça ne va pas être gai.

Cette histoire est l'adaptation d'un roman de Guillaume Guéraud. Une chronique de la violence ordinaire. Mais pas que... c'est suffisamment profond et intelligent pour vous interpeller longtemps encore après la lecture. J'avoue être resté plusieurs minutes immobile, sans penser à rien quand j'ai refermé ce livre. Sans doute pour évacuer cette violence latente qui ne doit jamais être bien loin de nous... Car l'Homme est un animal sauvage, brutal et imprévisible. C'est aussi simple et moche que ça.

Au niveau du scénario, Alfred nous livre une adaptation réussie. Le découpage est très cinématographique : gros plans, vues d'ensemble, travelings avant, arrière... tout y passe. Et toujours au service de la narration. Narration que l'on suit par le biais de l'auteur des crimes qui relate froidement, sans haine les événements qui l'ont amené à ce dénouement fatal. Et le pire, c'est qu'en tant que lecteur, on arrive à le comprendre. Evidemment, les barrières socio-culturelles qui nous imprègnent nous empêchent de l'excuser. Mais on le comprend. Même une personne profondément anti-violence comme moi. Ce qui est loin d'être rassurant...
Alfred alterne les petites cases et les pleines pages, souvent consacrées à l'introspection du narrateur. En tous cas, on n'a jamais l'impression de vide. Chaque case est utile, travaillée et pensée. Il n'y a qu'à voir la double pleine page (pages 56 et 57) et sa symétrie narrative parfaite qui marque le tournant de l'histoire. Superbe !

Au niveau graphique, le travail est très impressionnant. Ceux qui ont lu "Pourquoi j'ai tué Pierre" retrouveront avec plaisir le trait d'Alfred. Un trait haché, agressif qui déforme les corps et les visages des personnages pour accentuer à la fois leur "normalité ordinaire" et leur monstruosité. Qui est la nôtre aussi quelque part. Seul le narrateur-assassin a un visage rond, plus angélique. Rien d'innocent là-dedans, bien évidemment. Cette différence graphique le dissocie du reste de sa famille, de son village et du monde. Et pourtant...
Je mentionne sans m'attarder les effets de flous, de ralentis (la scène de fin est superbe) ou les hachures-ratures selon les événements ou l'état d'esprit du protagoniste. Là aussi, c'est du bel ouvrage.
Je vous laisse également le soin d'apprécier la beauté et la sobriété de la couverture. C'est déjà une oeuvre d'art en soi.

Bref, une BD qui marque les esprits autant par la dureté de son propos que par sa structure narrative et graphique. Il te la faut lecteur !

16 6 2009
   

Dans la même collection, "Pourquoi j'ai tué Pierre" était un album incroyable. Le trait d'Alfred et le récit d'Olivier Ka m'avaient laissé sans voix plusieurs minutes après avoir refermé l'album, par la force de la narration de ces deux auteurs.

Quand j'ai vu en rayon "Je mourrai pas gibier", je n'ai pas réfléchi longtemps. Et je retrouve dès les toutes premières pages le trait si spécifique et personnel d'Alfred. Le dessinateur a ici choisi de mettre en image une histoire Guillaume Guéraud, tout en lui donnant un aspect narratif très personnel, similaire au travail que l'on connait d'Alfred.

L'histoire est forte, brutale, et une lecture un peu rapide ne pourrait laisser voir ici qu'une apologie de la violence. Pourtant, "Je mourrai pas gibier", c'est bien plus que cela. C'est avant tout une chronique sociale effrayante de réalisme, qui démontre le côté animal de l'espèce humaine dans tout ce qu'elle a de plus négative. En cela, cet album est un succès.

Le plus incroyable, c'est que cette décadence, cette morbidité, nous tiens en haleine. C'est en presque malsain, finalement, mais c'est pourquoi l'auteur a vu juste : c'est toute la crédibilité de l'ouvrage qui en est transcendée.

Dernièrement, le travail d'Alfred est vraiment de grande qualité. Cette ouvrage de la commission "Mirages" ne saura me faire mentir !