46 562 Avis BD |20 195 Albums BD | 7 889 séries BD
Accueil
Tome 5 : Le petit juge de Melun
 

Il Etait Une Fois en France, tome 5 : Le petit juge de Melun

 
 

Résumé

Il Etait Une Fois en France, tome 5 : Le petit juge de MelunAfin d'acceder au résumé de Il Etait Une Fois en France, tome 5 : Le petit juge de Melun, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Il Etait Une Fois en France, tome 5 : Le petit juge de MelunJe ne connaissais pas la série, et au bout de dix planches, je me suis retrouvé complètement plongé dans cette France aux temps troubles, où la reconstruction du pays a justifié qu'on ait passé l'éponge sur pas mal de faits, y compris les crimes de guerre...

Premier constat, et ce n'est pas rien : on peut raccrocher les wagons avec ce tome sans jamais être à la ramasse du fait de son ignorance des évènements antérieurs.

Bien vite, donc, on est happé par cette narration qui laisse la part belle à des personnages costauds. D'un côté ce Juge incorruptible, qui va payer un lourd tribu à son intégrité, et de l'autre, des résistants tout sauf nets, mais qui ne dégonfleront certainement pas après avoir survécu à cette foutue guerre.

La force de ce tome est qu'il met en évidence leur culpabilité. Il ne s'agit donc pas d'une enquête criminelle, car les preuves sont accablantes, mais d'une histoire politique, où on voit bien que l'indépendance de la Magistrature a toujours été le poil à gratter de la République. Et ce qui est d'autant plus troublant, c'est que les résistants dans la ligne de mire de ce petit juge sont de sacrés pourris, qui ont construit une partie de leur popularité en rachetant des personnes à la Gestapo, sans même compter qu'ils sont de lâches meurtriers parfaitement au courant de l'innocence de leur victime...

Au cours de la lecture, l'intensité dramatique ne fera que croître, avec les menaces qui pèsent sur les témoins et finissent aussi par avoir raison de la vie de famille de Legentil, les luttes acharnées de pouvoir de Spass et Bourguignon, qui mettront l'énergie du désespoir à échapper aux tribunaux.

Même romancée, cette histoire s'avère terriblement réaliste. Révoltant et bouleversant. Un magnifique plaidoyer pour le devoir de mémoire !


Chronique rédigée par Hellspawn le 31/10/2011
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
Visitez ma fiche, lisez mes autres avis, comparez vos goûts avec les miens !
Avatar de HellspawnReflet de l'avatar de Hellspawn
Statistiques posteur :
  • 446 (38,99 %)
  • 689 (60,23 %)
  • 9 (0,79 %)
  • Total : 1144 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 3,00 Dessin
 
Acheter neuf : Clic ! Clic ! Clic !
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.13
Dépôt légal : Octobre 2011

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Il Etait Une Fois en France, tome 5 : Le petit juge de Melun, lui attribuant une note moyenne de 4,13/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

4 3 2013
   

Il ya deux choses vraiment intéressantes dans cet album. Il y a d'une part ce contexte d'après-guerre, où les résistants prennent le pouvoir et où les collabos sont pourchassés. Un contexte assez violent, où les résistants des semaines passées deviennent aussi violent que les bourreaux d'avant, dans un contexte d'épuration. D'autre part, il y a cette histoire de Joseph, ce personnage qui s'est situé des deux côté de la barrière, aidant les Nazis pour s'enrichir et se protéger, et entrant en résistance, plus par intérêt que par conviction, mais qui a quand même sauvé quelques vies. C'est ce côté agent double qui lui vaut d'échapper un temps à la vengeance, les forces de la resistance se concentrant avant tout sur ceux qui n'étaient pas justement des deux côtés de la barrière. On retrouve ici un Joseph qui ne s'en tire pas trop mal, et qui finalement, n'est confronté qu'au petit juge de Melun, qui le recherche pour le meurtre du jeune Scaffa, une recherche qui relève plus d'une vengeance personnelle que d'une soif de justice... Personne n'est ni tout blanc, ni tout noir, là dedans, et c'est ce que l'on apprécie.

Toutefois, par cette moindre note, je voudrais surtout critiquer la narration qui est perturbante. On passe parfois d'une idée à une autre sans grand enchaînement et ca m'a gêné à la lecture. Au-dessus de tous soupçons et protégé, Joseph se retrouve en l'espace d'une vignette en prison, puis en l'espace d'une page à Munich d'où il revient tout aussi rapidement. Difficile de vraiment comprendre ce qui s'est exactement passé pour Joseph dans cette après guerre, tant la narration ne nous aide pas. Il a fallu une petite recherche sur la vie de Joseph sur Internet pour mieux comprendre, par exemple, ces vignettes d'un train arrivant en gare et la mine déconfite des officiels attendant en vain notre Joseph.

Voilà donc un album qui permet d'exploiter toute la duplicité de Joseph, duplicité qui fait l'objet de développements depuis le début de la série et qui a forcément des répercussions à l'heure des comptes d'aprés-guerre. Mais la narration se révèle complexe et finalement si on comprend l'idée générale, certains détails sont trop rapidement évoqués pour véritablement trouver leur place fluidement dans le scénario.

19 11 2012
   

ça y est, la guerre est finie, et pourtant Joseph n'en a pas fini avec les ennuis. Il va falloir maintenant qu'il lutte contre le juge de Melun qui est bien décidé à faire reconnaitre la mort du jeune Scaffa.

Dès le début du tome on peut penser qu'il ne va rien se passer, que le juge n'arrivera jamais à ses fins tellement Joseph passe pour un héros de la résistance (il a une récompense pour cela d'ailleurs). Mais c'est sans compter sur la ténacité du juge. Les événements vont aller crescendo tout au long du livre. On tourne dès lors les pages avec avidité.

L'histoire est toujours aussi bien servie par des dessins toujours justes et précis.
Je prends un réel plaisir avec cette série et ce tome en particulier. J'attends de découvrir la fin avec impatience. Quel dommage que je ne l'ai pas dans ma bibliothèque.

Hautement recommandé par conséquent.

18 11 2011
   

Le cinquième volet de cette excellente série, auréolée du prix de la série lors du festival d’Angoulême 2011, se situe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Après quatre tomes qui invitaient à suivre le parcours mouvementé de Joseph Joanovici à l’aube de cette guerre et durant l’occupation, Fabien Nury et Sylvain Vallée s’intéressent désormais à la France d’après-guerre, où ceux qui ont joué double jeu commencent à avoir chaud.

Ce sont les efforts d’une mère pleurant son fils qui sont à l’origine de nouveaux problèmes de cet ancien ferrailleur d’origine juive qui s’est c’est construit un véritable empire durant la guerre. C’est en enquêtant sur le meurtre de Robert Scaffa, que Jacques Legentil, juge d’instruction à Melun, va croiser la route de Joseph Joanovici et de ses acolytes. Si cette confrontation face à une justice corrompue n’inquiète pas trop nos « résistants » décorés par la nation, c’est sans compter sur la détermination de ce petit juge de campagne, bien décidé à punir les nombreux faits d’arme de notre ami débrouillard durant l’Occupation.

Malgré la fin de la guerre, la descente aux enfers de Joseph Joanovici se poursuit et la manière dont Fabien Nury confronte ses personnages à leurs actes est une nouvelle fois brillante. Cette enquête permet une nouvelle fois de souligner toute la complexité de ce personnage qui continue de fasciner au fil des tomes. Inspiré du personnage réel, cet immigré roumain qui manœuvre avec grande efficacité au milieu de fonctionnaires, policiers et juges corrompus, est d’une ambiguïté extrêmement intéressante. Enfilant une tenue de résistant au-dessus de son costume de collabo, il doit constamment retourner sa veste et user de sa fortune pour passer entre les mailles du filet. A cheval entre un statut de héros et celui de traître, il perd sa propre identité et les dégâts psychologiques sont de plus en plus visibles. Étalant ses faiblesses et ses qualités, passant de victime attachante à un fourbe cupide et déloyal, ce personnage confronté à ses démons ne laisse pas indifférent et continue de fasciner le lecteur.

Si le développement psychologique du personnage central demeure la pièce maîtresse, le contexte historique joue également un rôle prépondérant dans cette saga. A travers les choix et la destinée de Joseph Joanovici les auteurs mêlent le destin de leur personnage à celui de la France, baignent le lecteur dans la réalité de l’après-guerre et démontrent la complexité de l’âme humaine. L’auteur livre ainsi non seulement un personnage touchant et torturé, mais également une tranche d’histoire des plus intéressantes.

L’autre personnage clé de ce cinquième volet est Jacques Legentil, ce juge que l’on avait rencontré en début de série et dont on comprend maintenant l’acharnement. Le duel judiciaire qui l’oppose à Joanovici s’avère passionnant et les répercussions de l’enquête sur la vie privée des deux meilleurs ennemis sont énormes.

Graphiquement, Sylvain Vallée propose un dessin qui contribue au grand réalisme de l’histoire et un découpage qui témoigne d’une grande maîtrise.

Bref, cette série dont le titre est une sorte de clin d’œil au cultissime «Once upon a time in America» de Sergio Leone, confirme sa qualité au fil des tomes. Dommage qu’il n’en reste plus qu’en à venir !

Une des meilleures séries de ces dernières années !