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Tome 6 : La terre promise
 

Il Etait Une Fois en France, tome 6 : La terre promise

 
 

Résumé

Il Etait Une Fois en France, tome 6 : La terre promiseAfin d'acceder au résumé de Il Etait Une Fois en France, tome 6 : La terre promise, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Il Etait Une Fois en France, tome 6 : La terre promiseAlors que le procès de Joseph Joanovici s’ouvre, personne dans la salle n’oserait remettre en question la qualité de cette excellente série, auréolée du prix de la série lors du festival d’Angoulême 2011. Fabien Nury et Sylvain Vallée étaient pourtant attendus au tournant, car enchaîner des tomes d’anthologie est une chose, mais parvenir à conclure une saga comme il se doit en est une autre. Les espérances du lecteur étaient donc extrêmement hautes et… force est de constater que cette conclusion est à la hauteur de toutes nos attentes, voire même plus…

Après cinq tomes qui invitaient à suivre le parcours mouvementé de Joseph Joanovici à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, durant l’Occupation et lors de la libération, le héros de Fabien Nury et Sylvain Vallée doit maintenant répondre de ses actes. Si ceux qui avaient joué double jeu commençaient déjà à avoir chaud lors du tome précédent, il est désormais temps de payer l’addition et la note risque d’être extrêmement salée pour notre ami particulièrement débrouillard durant l’Occupation.

Cet ancien ferrailleur d’origine juive qui s’est c’est construit un véritable empire durant la guerre a beau avoir la carapace plus dure que son métal le plus précieux, sa descente aux enfers se poursuit et la manière dont Fabien Nury confronte ses personnages à leurs actes est tout simplement magistrale. Milliardaire déchu, rejeté par quasi tous ses proches et exilé dans un bled perdu, l’homme est au plus bas, mais parvient tout de même à trouver la force de se relever une dernière fois, démontrant son extraordinaire capacité à rebondir. L’homme a beau mordre la poussière, son instinct de survie le pousse à renaître de ses cendres… avant le chant du cygne.

Ce procès permet une nouvelle fois de souligner toute la complexité de ce personnage qui continue de fasciner au fil des tomes. Inspiré du personnage réel, cet immigré roumain qui manœuvre avec grande efficacité au milieu de fonctionnaires, policiers et juges corrompus, est d’une ambiguïté extrêmement intéressante. Enfilant une tenue de résistant au-dessus de son costume de collabo, il doit constamment retourner sa veste et user de sa fortune pour passer entre les mailles du filet. A cheval entre un statut de héros et celui de traître, il perd sa propre identité et les dégâts psychologiques sont de plus en plus visibles au fil des tomes… jusqu’à devenir irréparables. Étalant ses faiblesses et ses qualités, passant de victime attachante à un fourbe cupide et déloyal, ce personnage confronté à ses démons ne laisse pas indifférent et continue de fasciner le lecteur. La grande force de ce récit est d’ailleurs de ne pas juger l’homme, mais de livrer un parcours qui peut forcer l’admiration, mais également provoquer le dégoût. Au final, c’est au lecteur de peser le pour et le contre et de porter son propre jugement, tout en se demandant : et moi, qu’aurais-je fait dans une telle situation ?

Si le développement psychologique du personnage central demeure la pièce maîtresse, le contexte historique joue également un rôle prépondérant dans cette saga. A travers les choix et la destinée de Joseph Joanovici les auteurs mêlent le destin de leur personnage à celui de la France et d’une population qui a du choisir son camp, baignant le lecteur dans la réalité de l’après-guerre et démontrant la complexité de l’âme humaine. L’auteur livre ainsi non seulement un personnage touchant et torturé, mais également une tranche d’histoire des plus intéressantes.

Si Fabien Nury multiplie les révélations et les rebondissements en faisant preuve d’une finesse narrative hors du commun, Sylvain Vallée continue également de livrer de l’excellent boulot. Il propose non seulement un dessin qui contribue au grand réalisme de l’histoire, mais il livre surtout une leçon de mise en scène cinématographique et excelle dans les expressions de ses personnages, donnant ainsi à chaque non-dit et à chaque silence une force évocatrice incroyable.

Bref, cette série dont le titre est une sorte de clin d’œil au cultissime «Once upon a time in America» de Sergio Leone, est magistrale, incontournable, culte et même probablement la meilleure saga franco-belge de la dernière décennie !


Chronique rédigée par yvan le 15/11/2012
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.83
Dépôt légal : Octobre 2012

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Il Etait Une Fois en France, tome 6 : La terre promise, lui attribuant une note moyenne de 4,83/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

4 3 2013
   

Voici l'album qui marque la fin de la série consacrée à un homme tellement dual qui était à la fois détenteur d'une carte de la Gestapo et médaillé pour faits de résistance. Un homme controversé : on ne sait pas s'il faut le haïr, du fait de sa collaboration avec les Nazis, ou s'il faut le remercier, pour les vies sauvées et les Juifs protégés pendant l'occupation. Les autorités de l'après guerre ne sont pas non plus tellement fixées sur la question, et ce sera donc pour collaboration économique qu'il sera jugé, un motif semble-t-il un peu bâtard, qui ne donne pas lieu à une très grande peine. Dans cet album, on retrouve donc Joseph en exil à Mende, où il arrivera encore à rebondir, un peu comme un baroud d'honneur, un peu comme pour prouver que sa vie, c'est la débrouille avant tout, débrouille toujours couronnée de succès. On renoue avec les mileiux interlopes dans lesquels évolue ce personnage trouble qui ne cherche que son profit. Cet album introduit en outre une dimension supplémentaire : la relation entre Joseph et Jacques, le petit juge de Melun, devient de plus en plus personnelle, dans la plein continuité des tomes précédents. Je trouve par ailleurs que la narration est ici plus soignée, plus linéaire et après un tome qui m'avait parfois un peu perdu compte tenu d'enchaînements aléatoires ; je suis heureux de retrouver une lecture plus fluide. Enfin, le dessin, s'il présente cet inconvénient de présenter beaucoup de personnages aux physiques semblables, perdant parfois le lecteur, révèle une grande maîtrise lorsqu'il s'agit de faire vieillir les personnages centraux.

Un bel album d'une belle série qui met en scène un personnage dont on se demande, jusqu'à la dernière page et au-delà, s'il est vraiment beau.

22 11 2012
   

Pas simple de passer après l'avis d'Yvan tant je suis d'accord avec ce qu'il écrit. Tant pis pour les redites, de toute façon cette série est tellement bien que le dire deux fois ce n'est pas plus mal.

Cette fois-ci c'est sûr c'est le dernier volet de cette série. Tous les tomes étaient jusqu'alors excellent, il ne reste plus qu'à conclure. On va enfin savoir comment va finir Joseph. Parce que, mine de rien, Nury a fait tellement du bon boulot, qu'on finit par bien s'attacher à ce personnage ambigü. Mais l'est-il tant que ça ? N'est-il pas juste animé par une envie de vivre ?
Nury a réussi à nous livrer une histoire sans faille, haletante du début à la fin avec des descriptions psychologiques de personnages très pointues. C'est dur, c'est violent, c'est émouvant. Tout est réuni pour faire une bonne histoire.
Vallée n'est pas en reste, dessin bien maitrisé, et mention spéciale pour les expressions des personnages. Comme quoi pas toujours besoin de longs discours pour comprendre ce qui se passe dans leur tête. Le cadrage est parfait, on oublie souvent qu'on est devant une BD et pas devant un film.

Tout ça plus l'envie d'ouvrir à nouveau le premier tome dès la dernière case lue, font que je ne peux que mettre 5/5 à cette oeuvre.