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La trame des tomes d’Ikigami semble toute tracée et ce nouveau tome est donc une nouvelle occasion pour Fujimoto pour remettre deux ikigamis. On a donc droit aux derniers instants de deux nouveaux personnages entre 18 et 24 ans, condamnés à mourir dans les 24 heures après avoir reçu l’ikigami, et, en arrière-plan, on a également droit au développement psychologique de Fujimoto, le fonctionnaire chargé de délivrer l'Ikigami. Le mangaka invite donc de nouveau à suivre la détresse de deux victimes de ce compte à rebours qui frappe les jeunes dans la fleur de l'âge, alors qu’ils n’ont plus que quelques heures pour donner un sens et une conclusion à leur vie.
La première histoire est celle d’un professeur d’anglais passionné par son métier, qui travaille avec le sourire malgré des élèves parfois difficiles. Le jour où il reçoit l’ikigami, il va cependant péter un plomb et mettre sa gentillesse de côté, pour se venger du piège qu’un élève vient de lui tendre. En développant la situation familiale compliquée de l’élève, l’auteur livre bien plus qu’une simple histoire de vengeance.
La deuxième histoire est encore meilleure et se concentre sur Ryuta, Naoko et leur petite fille. Le jeune père de cette famille criblée de dettes est passionné par le tuning et consacre toute son énergie et son argent aux voitures. Lorsque que la mère reçoit l’ikigami, il ne lui reste que très peu de temps pour prouver qu’il est capable de prendre ses responsabilités parentales. Le récit de cette mère tentant d’utiliser ses derniers instants pour protéger et assurer l’avenir de sa fille est très prenant et parfaitement maîtrisé.
En marge de ces deux histoires, l’auteur invite de nouveau à suivre le développement psychologique de Fujimoto, qui, en tant que pion au sein d’une mécanique mortelle arbitraire et parfaitement huilée, remet son métier en question, ainsi que la loi de prospérité nationale. Ce tome va d’ailleurs nous en apprendre plus sur la mise en place de cette loi et, au passage, développer les débuts d’une relation affective pour Fujimoto.
Une excellente saga !
3 internautes ont donné leur avis sur l'album Manga Ikigami, tome 4 : Dernière leçon - Un endroit tranquille, lui attribuant une note moyenne de 3,67/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Ikigami est une série mettant en scène les aventures de Fujimoto, un agent spécial chargé de délivrer l'Ikigami, une sorte préavis de mort. Sans surprise, chaque tome se compose de deux épisodes et est censé correspondre à quarante huit heures.
Dernière leçon: Comme dans GTO et d'autres, on y retrouve les étincelles du système éducative japonais : un professeur accusé pour son côté pervers, la bataille éternelle avec le directeur, ect.
Un endroit tranquille: Le deuxième épisode est plaisant mais moins passionnant que le précédent. Une histoire qui a essayé de nous épater à coup d'une grosse voiture spectaculaire.
"Ikigami", c'est à chaque livraison l'assurance d'avoir deux récits qui ont pour point commun de mettre en scène un personnage qui sait qu'il lui reste moins de vingt-quatre heures à vivre. Naturellement, on peut réagir de manière variée face à cette fin programmée : c'est là toute la richesse potentielle du postulat de base de l'auteur.
Deux histoires, deux destins brisés. Le jeune professeur qui reçoit l'Ikigami va avoir une réaction violente, là où l'autre personnage qui est frappé dans le second récit va plutôt réfléchir à ceux qui vont lui survivre et qu'il faut protéger. Comme dans les trois tomes précédents, il n'y a pas de temps mort : le récit, comme ses protagonistes, semble courir après un temps qu'on sait compté. C'est donc haletant ; après une mise en place efficace, la réception de l'Ikigami lance la machine infernale. Et comme toujours, on suit le fonctionnaire Fujimoto, fil rouge de la série qui ne cesse de s'interroger sur la monstruosité bureaucratique qu'il sert au quotidien.
C'est bien fichu, encore une fois, et on ne cesse de s'interroger en fin de lecture. Sur ce qu'on ferait de ses dernières heures, évidemment. Mais aussi sur la possibilité que le cauchemar décrit par Motorô Mase devienne réalité : serait-ce si improbable ? La réponse, qui n'a rien d'évident, ne peut que glacer.