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Comment ne pas perdre son humanité quand on perd son libre-arbitre ? Cette question est au coeur de cette adaptation en BD du roman de Brian W. Aldiss paru il y a une cinquantaine d'années. Carlos Gimenez, l'auteur de "Paracuellos" et "Barrio", montre ici une autre facette puisqu'on est loin des souvenirs d'enfance qui ont fait connaître cet auteur espagnol en France.
On reconnaît bien le style de l'auteur dans les visages des personnages et dans l'encrage précis et travaillé. Évidemment, l'ensemble a vieilli, y compris par la mise en couleurs caractéristique d'une époque où elle était moins travaillée qu'aujourd'hui. Cependant, il y a des effets d'ombre et de lumière, donc on ne doit pas se contenter d'un remplissage hâtif, comme tant de BD des années 1970 : ce n'est pas si mal...
L'approche philosophique est un peu plus indigeste. Il y a beaucoup de texte, d'interrogations sur le pouvoir et la soumission, le rapport entre les forts et les faibles, la nécessité de survivre par tous les moyens y compris les plus écœurants. L'intrigue n'est pas inintéressante mais elle est un peu bavarde et il aurait fallu plus de 46 planches pour exploiter l'univers végétal du roman. On trouve tout de même de l'originalité à l'ensemble, mais le temps passé a plutôt joué en la défaveur de "Hom".
Curiosité datée, à réserver aux fans de Gimenez et/ou d'Aldiss, et difficile à trouver. Autant dire qu'il y a peu de chances pour qu'il y ait un engouement soudain pour cet album !