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Un très bon album qui va parler aux adultes que nous sommes devenus. 1986 : Etienne a 9 ans. Comme moi. 1986 : Etienne aime les histoires de pirates. Comme moi. Etienne est dans la période post première trilogie Star Wars. Comme moi. Etienne aime "Les Goonies". Comme moi. Etienne a des converses au pied. Comme moi. Etienne passe ses vacances d'été dans un bled et se chamaille avec les bandes adverses. Comme moi.
Bref, Etienne, c'est moi, c'est vous. Oui, vous qui êtes de cette génération "années 80" et qui la revendiquez, qui l'adorez avec ce qu'elle a fait de très bon (comme Star Wars) ou de très mauvais (comme la musique française), qui la gardez précieusement dans un coin de votre tête et de votre coeur comme un fruit bien mûr et tout sucré.
Oui, cet album est un voyage de le temps. Et dans l'espace puisque ça se passe au Québec (avec toutes les petites expressions du coin). Mais dans le temps surtout car ça pourrait se passer partout.
C'est aussi une réécriture intelligente de "La Guerre des Boutons". C'est aussi une histoire d'amour simple, une histoire d'amour d'enfants, une histoire d'amour d'adultes, une histoire de famille. Et une histoire d'amitiés, de rivalités.
En gros, c'est une VRAIE histoire avec tout ce qu'il faut pour vous tenir en haleine. Falardeau joue à fond sur la fibre nostalgique de son lecteur : références cinématographiques omniprésentes (les premières pages de chapitres sont toutes des pastiches de films célèbres des années 80... et fort bien réalisées qui plus est), références à l'actualité de l'époque (l'explosion de Challenger, l'explosion de Tchernobyl, le passage de la comète de Halley ou la sortie de la NES).
Toute l'histoire est narrée sous forme de flashbacks. Le papa racontant à ses enfants la fameuse rencontre avec la maman. C'est le "How I met your mother" de la BD. Les épisodes choisis sont tour à tour drôles ou émouvants. Toute la palette des émotions passe au fil de ces 140 pages. Jusqu'au twist final qui, s'il n'a rien de bien surprenant, conclut joliment cette très belle histoire.
Il faut dire que le plaisir de lecture est également dû au trait particulier de Falardeau. Les décors sont minimalistes et les personnages ressemblent à des héros de mangas. A cela près qu'ils ont tous une "gueule" comme dans "La Guerre des Boutons". Ils sont tous très expressifs grâce à des jeux de regards habiles et des positions tantôt hilarantes, tantôt dramatiques. La colorisation, elle aussi minimaliste, finit de parachever ce beau travail.
Pour finir, soulignons que le travail éditorial de Glénat est impeccable. Un beau petit livre cartonné de belle facture. La couverture est superbe.
Un petit bijou.
2 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics French Kiss 1986, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Un bon album. Si j’ai eu l’impression que l’auteur y mettait une vraie partie de lui, une vraie partie de son expérience personnelle, de son vécue et ben moi, je n’ai pas été happé. 1986 : Etienne a 9 ans : pas comme moi (j’en avais déjà 12, j’étais un super grand…). 1986 : Etienne aime les histoires de pirates. Comme moi. Etienne est dans la période post première trilogie Star Wars. Pas comme moi qui ai découvert ça presque 3 ans encore plus tard… Etienne aime "Les Goonies". Pas comme moi qui n’ai jamais vu ce film. Etienne a des converses au pied. Pas comme moi qui ai horreur de la tyrannie des marques. Etienne passe ses vacances d'été dans un bled et se chamaille avec les bandes adverses. Pas comme moi (mais rassurez-vous j’ai eu de super vacances !)
Bref, Etienne, c'est pas moi. Peut-être vous, mais surement pas moi.
Pourtant, comme david l’a écrit, je suis de cette génération "années 80", je l’ai adoré avec ce qu'elle a fait de très bon, je la garde précieusement dans un coin de ma tête, je ne peux la renier, elle a forcément contribué à faire de moi une part de ce que je suis aujourd’hui. MAIS, je n’en ai pas une nostalgie monumentale non plus.
Voilà, maintenant que je pense avoir bien marqué ma différence avec david sur mon passé (attention, je ne fais aucun jugement de valeur !) et que donc vous pourrez mieux vous référer à l’un ou l’autre pour vous référer à nos avis, je vais passer à mon avis.
Pour ceux qui ne l’auraient pas saisi, la majorité de l’album se pose en 1986. Au Québec.
Mais l’époque réelle de l’album se pose de nos jours. Un père se retrouve pris au piège par ses 2 enfants qui exigent qu’on leur raconte comment leurs parents se sont rencontrés. Et voilà le papa parti dans son récit et dans son retour en 1986.
On y découvre donc comment Etienne passait ses vacances dans un village où son quartier faisait « la guerre » au quartier voisin. Comment à 9 ans, Etienne voyait déjà sa vie envahie par 2 filles qui lui apportaient des sentiments bien différents.
Histoire d’amour et de rivalité, de joies et de peines d’enfants, c’est certains que cet album tente de jouer avec nos sentiments et nos madeleines de Proust. Malheureusement, je suis passé à coté tant je n’ai pas réussi à m’identifier dans cette histoire.
J’ai lu une jolie histoire de gamins, une histoire gentillette, bien racontée, bien découpée, bien montée, mais qui n’a rien déclenchée en moi.
Le fait que cette histoire ne m’ait pas parlé n’enlève rien à la qualité de l’histoire et de sa construction.
Je regrette aussi finalement que cette histoire Québécoise n’ait pas plus joué sur cette particularité. Les décors finalement pourraient être ceux de n’importe quel pays, les dialogues eux même qui auraient pu être si dépaysant non pas osé assumer leur origine et reste finalement, à mon avis, trop plat par rapport à toutes les expressions spéciales que ce pays aurait pu nous apporter.
C’est donc une autre déception, dans un sens, d’avoir une histoire dont le synopsis nous envoie loin et finalement dont le déroulement nous fait vite atterrir dans notre jardin et dans notre propre vie.
Personnellement, cette histoire qui ne me parlait donc pas forcément n’a pas gagné avec un dessin très personnel fort sympathique, rempli de qualités graphiques mais que j’ai trouvé par moment un peu brouillon, avec certains plans difficiles à décoder avec certains personnages que j’avais parfois du mal à différencier…
Mais le partie pris des couleurs minimalistes, le trait hyper fin, légèrement caricatural, avec une très légère tendance manga est extrêmement plaisant. Une vraie personnalité qui a malgré tout largement contribué au fait que j’aille au bout de cette histoire.
Au final, la lecture plaisante ne m’a pas transcendé.
C’est sympa, c’est original, mais ça ne m’a pas touché. Question d’histoire, question de passé, question de vie surement.
Merci David pour ton avis, et j’espère que tu me pardonneras de m’être honteusement inspiré de ton avis pour enfin réaliser le mien…