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Planche de DolEncore une fois Squarzoni a raison sur le fond. Par contre son cri de révolte va, là encore, se retrouver complètement noyé dans la masse.
Le démantèlement par la droite des acquis sociaux, la collusion/fascination de la plupart des media avec la classe politique sont des faits connus, et en tous les cas facilement constatables si l’on décide d’avoir un tant soit peu de recul et d’analyse.

Dans Dol, Squarzoni aborde tous ces thèmes, mais de façon encore peu approfondie, toujours maladroite et plutôt répétitive. Peu approfondie parce qu’il ne multiplie pas les points de vue. Ainsi ne sont interrogés que les journalistes assez ouvertement de gauche ou relativement neutres, comme ceux de France Info. Tout au plus soupçonne-t-on ceux qui sont « personnifiés » par un téléphone d’être « de l’autre bord ».

Façon maladroite parce que l’auteur utilise la même technique qui a caractérisé –et constitué les gros défauts- de ses deux ouvrages politiques précédents, à savoir une iconographie parfois absconse ou hors de propos. Bien sûr le but recherché est la charge symbolique, avec des images fortes. Mais il y a plusieurs niveaux de symbolisme, et personnellement je n’arrive pas à saisir toutes les subtilités.

Mais Squarzoni évolue quand même, puisqu’il a inséré plus de dessins dans sa bande dessinée, qui donne ainsi un peu moins l’impression de lire un catalogue 3 Suisses constitué de photos et de manchettes de journaux. Cela aurait pu élever le débat s’il n’y avait pas cette impression de rabâchage. L’auteur a des convictions, il tire des conclusions des informations qu’il recueille, mais est-ce une raison pour les répéter, les marteler plusieurs fois ? Sincèrement c’est superflu.

Il eût mieux valu accumuler les éléments, en tirer une conclusion, puis passer à un autre sujet. Dans cette optique, seul le passage relatif à la Sarko-mania est rigoureux (parce que bien plus court ?). Il est d’ailleurs suivi par une rapide évocation de la politique internationale irresponsable en matière d’environnement. Ce très court passage tombe comme un cheveu sur la soupe…

Pour conclure, la lecture de Dol m’a globalement intéressé. J’ai appris quelques petites choses, par-ci par là. C’est une instruction nécessaire pour enrayer l’embrigadement bovin dans lequel media et grand public sont prisonniers. Mais je trouve la forme bancale et maladroite. C’est bien dommage.


Chronique rédigée par Spooky le 21/08/2007
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 2,50 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 2,50 Scénario
  • Dessin : 3,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.50
Dépôt légal : Octobre 2006

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Dol, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

Leosme :Une BD culte ! Note de l'album : 5,00
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27 2 2012
   

Une BD indispensable qui devrait être distribuée à tout le monde, tel un tract politique! Plus engagée que partisane, voilà enfin une BD qui justifie ce que notre bon sens nous dicte souvent sans pour autant avoir les faits et les connaissances pour les vérifier. Désormais, grâce à Philippe Squarzoni, c'est chose faite. Un grand merci à lui pour cette oeuvre magistrale qui nous permet de mettre des mots, des visages, et des idées sur ce que l'on vit (ou subit) tous les jours.

9 3 2010
   

Qu'il est pénible de lire un aussi gros tract politique. Car la grosse majorité de cet album n'est vraiment rien d'autre que ce qu'on distribue à l'entrée des entreprises ou lors de manifestations, avec des prises de position, des argumentations avec des chiffres à l'appui, des interviews et citations de personnes choisies, le tout construit pour assener avec force un message politique sans alternative possible. Et comme tout tract politique, il ne souffre aucune contestation alors même qu'il occulte volontairement tout avis contraire et qu'il utilise les chiffres comme ça l'arrange.

J'ai été déçu dès les premières pages par les gros sabots utilisés par l'auteur pour appuyer son argumentation, mettant immédiatement en balance la situation politique actuelle et le fait que pendant ce temps là des enfants meurent dans le monde. Moi qui sortais du visionnage fort dénonciateur du film "99 francs", j'ai eu l'impression, en comparaison, d'être au niveau zéro de la finesse de mise en scène.

Quand le message est juste et puissant, nul besoin de mise en scène me direz-vous ? Sauf que là j'ai été tout sauf convaincu par la majorité des déclarations de l'auteur. Des chiffres sont assenés comme preuves irréfutables, des pourcentages à n'en plus finir, mais les chiffres, on les tourne comme on veut (surtout quand on ne sait pas d'où ils sortent), les experts à interviewer on les choisit comme on veut (rien de tel qu'un expert vice-président d'Attac pour avoir un discours parfaitement objectif) et certaines affirmations péremptoires me font franchement douter (comme quoi le travail est moins taxé en France qu'en Angleterre par exemple). A cela s'ajoute une narration qui se répète trop souvent, comme pour bien marteler son propos.

Du coup, outre le fait que j'ai décroché de nombreuses fois face à l'ennui de ces pourcentages à foison et de ces phrases répétées, j'ai également été agacé par la vision à sens unique d'une grande partie des propos. Patronat = salauds, Politiciens = vendus, Etat = Police, le peuple (entendez ici les vrais pauvres de France, travailleurs à la Fnac, McDo et artistes Rmistes, pas l'égoïste classe moyenne qui a voté Chirac ou Sarkozy) aura votre peau !

Et puis quel intérêt de mettre un tel argumentaire en BD de cette manière ? Les images utilisées ici n'y apportent rien. On voit soit simplement les visages des personnes interrogées qui font leur discours, soit des images analogiques pas très convaincantes, de gentille Alliance Rebelle contre l'Empire de Star Wars, ou encore de pauvres enfants dans la rue.

Dans cette pénible lecture, il y a quand même certains chapitres qui m'ont un peu intéressé. Celui où est expliqué comment depuis 1979 le capitalisme industriel s'est transformé en capitalisme financier. Avec la crise actuelle, c'est d'autant plus parlant. Et comme l'auteur et les experts qu'il interviewe, je voue une haine assez farouche envers les financiers qui jouent sur les transferts d'argent et le profit immédiat au détriment de la population mondiale et de la santé même des entreprises qu'ils sont sensés gérer. Mais je vois vraiment mal en quoi augmenter les taxes salariales aiderait à les contrer. La solution pour moi viendrait plutôt soit d'une prise en main totale des entreprises (nationalisation ou règlementation autoritaire), soit carrément d'un retour à des droits de douane très élevés pour les transferts financiers ou matériels. Les taxes locales, elles, ne feront qu'accélérer le départ de l'argent et du travail vers l'étranger. Car le monde n'est pas prêt d'être tout rose, tout le monde main dans la main pour que la France retrouve sa douceur de vivre d'antan.

Le chapitre sur la façon dont Sarkosy a accaparé les médias depuis son arrivée au ministère de l'intérieur est aussi intéressant, même s'il s'agit plus d'un constat que d'une explication de comment il a fait. Les paroles du journaliste de France Info sont cependant assez parlantes sur la façon dont les médias se focalisent, comme un mouvement de foule, sans pouvoir s'en empêcher sur certains sujets au détriment d'autres.

Et puis j'ai trouvé assez ironique le premier chapitre qui hurle au loup concernant les actions de Jean-Pierre Raffarin quand on sait que c'est Sarkozy qui a été élu quelques années après. C'est comme si l'auteur était effaré par l'horreur des actions du premier et du coup j'imagine comment il a dû être estomaqué quand est arrivé le second. D'ailleurs, la réédition de cet album ajoute un prologue qui parle de l'élection de Sarkozy. Prologue que j'ai trouvé moins virulent que le début de l'ouvrage, étonnamment...

Quoiqu'il en soit, j'ai appris bien peu de choses à la lecture de ce gros pavé et à l'inverse, j'ai trouvé la lecture pénible, avec une abondance de chiffres auxquels je n'arrive pas à faire confiance tant on peut leur faire dire ce que l'on veut, d'interviews de personnes trop choisies pour que j'y voie une vision totalement globale du sujet, et le tout raconté de manière ennuyeuse et peu convaincante.

4 9 2007
   

Wahh ! C'est copieux ces 285 pages. Préparez vous une bonne plage de calme et un esprit clair avant de vous y aventurer, car il s'agit bien d'une expérience. De celles dont on ne revient pas intact.
Il vaut mieux aimer lire car les textes sont nombreux et les commentaires abondants. Mais quelle intelligence ces illustrations qui accompagnent l'exposé anti-libéral de l'auteur.
Les choix sont d'une pertinence absolue, avec des sujets issus de notre quotidien: des publicités, des personnages célèbres, des propagandes, des super-héros (et d'autre moins super !), des références historiques, des images chocs de TV ou de magazines, des extraits de journaux, des interviews.
Certes, mieux vaut partager les idées anti-mondialistes de Philippe Squarzoni pour ne pas trouver le temps long, mais quel délice !
Il nous explique les arnaques, la main mise de la Droite sur les médias, le mensonge des retraites, la tactique Sarkozy, les couleuvres qu'on nous fait gober comme des lames à des avaleurs de sabres !
C'est implacable, mené par un enchaînement d'idées qui relève de la démonstration.

J'ai beaucoup aimé le dessin, direct, qui aère un peu le propos. J'ai adoré les choix figuratifs sur des textes durs, la façon dont ça nous donne à penser: "où veut il en venir", "ah oui c'est cela qu'il nous assène"...
Gloire à ce DOL, hymne déconstructeur d'un Raffarin monstrueux, revu sous sa forme réelle et non caricaturée (merci Jean Pierre pour les reculs sociaux jusqu'à l'avant guerre de 1945), dénuée de sa forme "communicante" inventée de toute part pour noyer le poisson.
Non, ce premier sinistre là n'était pas un mou mais le pire casseur des acquis sociaux que l'on ait connu au pouvoir en France. Et il annonçait le retour d'une vrai droite dure, "décomplexée" comme on dit désormais, la France d'en haut.

C'est vrai, au bout du compte, cet engagement peut fatiguer. Moi, j'apprécie vraiment, j'ai choisi mon camp, l'Engagement.
Et en ces temps plombés, un bon tour de manivelle à gauche, ça ressource.

Face au profit, je serai toujours du côté des hommes.
Monsieur Squarzoni, MERCI.