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Récompensé du prix du meilleur album aux Eisner Awards 2011, Daytripper fait partie des œuvres à ne louper sous aucun prétexte. De plus, Urban Comics a l’excellente idée de publier les dix épisodes de cette saga des frères jumeaux brésiliens Gabriel Bá et Fábio Moon en un seul volume.
L’album invite à suivre Brás de Oliva Domingos, un écrivain de chroniques nécrologiques, à différents moments de sa vie. Chacun des dix chapitres se concentre sur un événement important de la vie du personnage et est ponctuée de sa propre nécrologie. Cette mort métaphorique du personnage à la fin de chaque épisode donne encore plus d’importance au moment vécu et invite à profiter encore deux fois plus de ce que l’existence lui réserve par la suite. Sans respecter la chronologie de la vie du personnage, le récit aborde des questions existentielles autour de l’amitié, de la filiation, de l’amour, de la mort, de l’enfance, de la famille, de la vieillesse, de la paternité et du travail. Fait d’une multitude de petits riens, l’album s’attarde sur les détails de la vie, accentue leur importance et démontre finalement la richesse de l’existence de chacun.
Dès la couverture, cet ouvrage à quatre mains installe un ton totalement différent du caractère assez violent du reste de la production Vertigo et plonge le lecteur au sein d’un voyage onirique particulièrement humain. La justesse du récit est prolongée au niveau du graphisme délicat et soigné, le tout étant rehaussé par la colorisation experte d’un Dave Stewart que l’on ne présente même plus. Du grand art !
Ce petit chef-d’œuvre qui incite les lecteurs à vivre leur vie pleinement est d’ailleurs recommandé par Cyril Pedrosa ("Portugal") et Craig Thompson ("Habibi") : rien que ça !
2 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Daytripper : au jour le jour, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Unanimement salué par la critique, j'attendais énormément de "Daytripper".
Et c''est en entamant sa lecture que je me suis aperçu qu'il s'agissait d'un récit découpé en chapitres courts, chacun d'entre-eux constituant une déclinaison du thème proposé dans le premier. Je n'avais pas compris qu'il ne s'agissait donc pas d'un récit linéaire. Soit.
Mais ce bouquin a réveillé en moi une vieille question : est-ce que je préfère les récits ambitieux, qui peuvent aussi contenir des éléments moins réussis que d'autres, ou bien des histoires destinées uniquement à se divertir ?
Je n'ai toujours pas la réponse, mais si cette Bd est assez belle, qu'elle mérite une particulière attention, peut-être aussi n'étais-je pas prêt à avaler d'une traite cette réflexion sur la vie, et surtout, sur la mort.
Pourtant, il n'y a rien de macabre, mais les frères jumeaux (dont on retrouve une partie d'eux-même dans le personnage central, Bras) soulèvent aussi tellement de questions existentielles, qu'il ne faut pas penser que la lecture épargnera le lecteur...
J'ai trouvé quelques chapitres assez moyens, avec leur fin téléphonée, mais il faut reconnaître qu'ils sont rares, et ne représentent donc qu'une petite partie du contenu.
D'autre part, le chapitre introductif pose le jeu : c'est un vrai choc et il vaut mieux être confortablement installé, parce qu'il vous assoit net. Et la fin sublime aussi le récit : elle est tout simplement magnifique.
Un mot enfin sur les dessins : ils sont beaux et sobres à la fois, et les quelques pages dédiées aux esquisses préparatoires nous font mieux comprendre le travail sur les expressions, en particulier à travers les regards des personnages ou leurs attitudes corporelles.
Voilà, je n'ai pas eu l'énorme coup de cœur auquel je m'attendais, mais "Daytripper" reste une bonne Bd, que je n'hésiterais pas à conseiller.