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David Boring
 

David Boring

 
 

Résumé

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Planche de David BoringBeaucoup de personnes n'aiment pas le style de Daniel Clowes; pourtant, parmis elles, peu nombreuse sont celles affirmant que «David Boring» n'est pas différent.

Cette question touche sûrement à l'évolution du style de l'auteur*, qui, après de nombreux récits satyriques plus ou moins féroces, a peu à peu laissé transparaître l'humanité de ses personnages -sans jamais oublier de peindre la vacuité de leurs vies (comme celles d'Enid et Becky, héroïnes de «Ghost World» qui, au passage de l'adolescence, évacuent leurs propres angoisses en vitupérant sur leurs proches).

D'ailleurs, quel meilleur symbole du vide des vies des 'héros' que met en place Dan Clowes que ce simple titre: «Ghost World»?«David Boring» n'y échappe pas. La vie de son protagoniste (mais en est-il vraiment un? en quoi fait-il réellement progresser l'action?) éponyme est plate et banale. Une des forces du récit de Clowes est de nous faire nous intéresser à ce personnage que pourtant rien ne prédispose à être le héros d'un quelconque récit.

Il faut avouer qu'il a du talent, notre auteur, qui réussit à construire une histoire faisant successivement confronter ses personnages à trois types de narration: celle de l'autobiographie dans une première partie (la vie banale de l'inquiet David Boring), puis celle du récit noir un tantinet claustrophobique (règlements de compte familiaux sur une île) et enfin celle de la comédie sentimentale (David au coeur qui balance, ou Naomi, Judy et Wanda)... mais l'ambiance générale reste dominée par le mystère. Peut-être que ce dernier résulte de la difficulté à cerner des individus complexes dans leur banalité (j'entends par là que leurs vies sont aussi étranges que chacune des nôtres); il faut aussi avouer que les changements de styles (de l'autobiographie à la comédie sentimentale) dans la narration n'arrangent rien.

C'est cette impression de mystère baignant la vie de personnages somme toutes banaux qui peut expliquer que l'on compare fréquemment l'univers de Daniel Clowes à celui développé par le cinéaste David Lynch (réalisateur, entre autres, de «Twin Peaks», «Lost Highway» ou le récent «Mulholland Drive» primé à Cannes pour sa mise en scène).

Ce parallèle, souvent affirmé, mérite d'être précisé si l'on ne veut pas le voir qualifier de péremptoire. En quoi Clowes est-il «lynchien»?Les milieux sociaux de leurs personnages se rapprochent: ils traitent globalement de la middle-class américaine (souvent dans ses milieux les plus aisés pour Lynch). Le traitement de leurs récits présente des points communs: des individus ordinaires sombrent dans des récits entre conscience et inconscience, marqué par une atmosphère fantastique; mais ici, le parallèle ne va pas plus loin: l'ambiance fantastique ressort de visions nées du fantasme chez Lynch, tandis qu'elle est marque d'une certaine trivialité chez Clowes (sauf dans «Comme un gant de velours pris dans la fonte», son récit le plus fantastique; on remarquera d'ailleurs que c'est un fantastique 'trivial': ses personnages ne sont pas horrifiés par la présence de figures extra-terrestres par exemple...).

Ce qui m'amène à dire que, si dans l'univers de Lynch, c'est la difficulté à distinguer ce qui est réel de ce qui est fantasmé qui crée le mystère (multipliant les possibilités de lecture: cette scène est-elle vraie ou projection du trouble de tel personnage?), dans le monde de Clowes, c'est la banalité et ses ressorts qui devient source du malaise. Si comme je l'ai dit cette banalité peut-être complexe, elle ne sort jamais de sa platitude. Au final, l'atmosphère des intrigues de Clowes sont donc plus proche de celle d'un auteur comme Richard Brautigan, par exemple, lorsqu'il écrit «Un privé à Babylone», voire ce qu'écrit Thomas Mac Guane («Embuscade pour un piano»); la mise en abîme par la trivialité reste donc une spécificité anglo-saxonne!

Je rappellerai en conclusion que le style graphique de Clowes, très statique et plutôt réaliste, arrive à servir le malaise se dégageant de ses récits.On peut actuellement considérer que «David Boring» est son chef d'oeuvre.*le site suivant vous aidera à comprendre l'évolution stylistique de l'auteur vue au travers de son magazine «Eightball».www.ecritetdessine.org/affiche.php?nom=clowes


Chronique rédigée par Kolik le 05/02/2003
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 3,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.40
Dépôt légal : Mai 2002

Avis des lecteurs

5 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics David Boring, lui attribuant une note moyenne de 3,40/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

7 1 2011
   

Après avoir lu "Le rayon de la mort" et "Wilson", je pensais tout doucement à me ranger définitivement parmi les personnes qui ne raffolent pas du style de Daniel Clowes. Suite à la lecture de ce one-shot, je vais néanmoins devoir revoir ma position.

Pourtant, comme son nom l’indique, David Boring n’est pas un personnage forcément intéressant. Comme souvent chez Clowes, le héros n’est pas vraiment attachant, légèrement en marge de la société, quelque peu névrosé et pas vraiment prédisposé à devenir le sujet principal d’un album. L’auteur va cependant exploiter à merveille la banalité apparente de son personnage. Le fait de vivre sa propre vie de manière tellement détachée et désintéressée, va rendre cet individu intéressant. Tout comme les autres personnages de ce récit, David Boring va lentement dévoiler une psychologie assez complexe, qui sert admirablement ce récit glauque à l’ambiance malsaine.

Mais, Daniel Clowes parvient surtout à développer une véritable intrigue, chose que j’avais tendance à lui reprocher dans ses autres récits. Alors qu’on pense initialement suivre le quotidien minable d’un adolescent branché sur le sexe, l’auteur surprend en proposant de nombreux rebondissements. On passe ainsi de la vie privée de David Boring à une histoire de meurtres, en passant par une histoire d’amour et une histoire de fin du monde, sans oublier un huis-clos familial sur une île désertique.

Le dessin simple et réaliste de Clowes est toujours un peu figé, mais il sert parfaitement l’ambiance malsaine et mystérieuse entretenue tout au long du récit.

4 1 2006
   

Je n'accroche pas au dessin. Je le trouve souvent moche, notamment concernant les personnages. Les corps des hommes et des femmes donnent l'impression que tout le monde qui entoure David Boring est moche et laid, de quoi avoir du mal à comprendre les obsessions sexuelles du héros pour telle ou telle femme.

Quant à l'histoire, non seulement tout du long je l'ai trouvé aussi "pénible" et "ennuyeuse" que la traduction du mot "Boring", mais au final j'ai également un ressenti d'une histoire glauque et pessimiste. Franchement le genre d'histoire que je n'aime pas lire. Ca m'a fait un peu le même effet que quand j'ai lu Attends de Jason : les originalités narratives en moins, je suis resté sur une histoire que j'estime sinistre et dont l'intérêt global m'échappe totalement, une histoire que j'ai lue en faisant la gueule du début à la fin tant elle ne m'a inspiré ni sourire ni émotion.
Je peux néanmoins sortir quelques petites qualités à cette BD. La narration admet quelques originalités par moments, rien de bien transcendant mais pas vraiment de déjà-vu. Le scénario est assez original également par moments car je m'attendais à une histoire simplement intimiste sur la vie privée de David Boring, mais à cela s'ajoute des histoires de meurtres, de fin du monde, d'enquêtes, de huis-clos à la 10 petits nègres... Bref, un scénario qui peut surprendre par moments.
Mais à côté de ça, le héros n'est pas attachant du tout pour moi, il a un comportement à la fois distant et réfléchi tout en étant un "obsédé de la croupe" (ce sont ses mots) et un obsédé tout court prêt à faire des transferts amoureux sur une femme puis l'autre sans soucis. De même, le scénario aussi parait très distant : on nous annonce la fin du monde, tout le monde qui meurt empoisonné, et la minute suivante, le héros qui a l'air de s'en foutre complètement discute de sa vie sexuelle médiocre avec son oncle. Et c'est sans arrêt comme ça :
- son meilleur ami meurt; il pense alors qu'il n'a pas envie de revoir sa mère
- son amie lui apprend que la police cherche à le foutre en prison; il va alors chercher son rival amoureux pour retrouver sa petite amie qui l'a plaquée
- des terroristes vont gazer la ville; il se dit que le cul de cette femme est bien gras et tombant comme il les aime
- il se prend une balle en plein front; il peste alors parce que sa mère tente de le ramener près de lui
Et le tout sans que le héros se départisse de son visage d'éternel gamin pessimiste et glauque.

Boring... Et déprimant aussi... Et franchement cher pour une telle tranche d'ennui...

4 1 2006
   

Voilà peut-être l'album le plus intéressant de Daniel Clowes (en tout cas parmi ceux que j'ai lus jusqu'ici). Celui-ci s'attache toujours à nous faire suivre le chemin des gens névrosés, un peu en marge de la société. Boring, comme son nom le désigne, est un médiocre qui parvient cependant à tirer son épingle du jeu par-ci par-là, alors que le monde s'agite (et s'écroule ?) autour de lui. Le personnage de son amie homosexuelle Dot est intéressant, car elle est passionnée, mais pas irréfléchie. L'histoire, même si elle n'est pas passionnante, se poursuit inexorablement jusqu'à sa conclusion. Le dessin de Clowes est toujours un peu figé, mais reste assez lisible.

22 7 2005
   

Quelle bonne surprise! Le résumé de la fiche technique ne fait vraiment pas honneur au scénario. Je m’attendais à une simple histoire de sexualité adolescente, mais Clowes développe son scénario de façon incroyable, et mélange allégrement le coté ado à d’autres éléments plus adultes, comme les relations familiales ou la difficulté d’être heureux et de savoir quoi faire avec sa vie.

Il construit son intrigue de façon très intelligente et nous fait découvrir de multiples personnages aux personnalités complexes mais décrites avec beaucoup de talent. Le coté désespérant de certains personnages me rappelle un peu Jimmy Corrigan. D’une simple histoire d’amour, on passe à un crime, puis à la fin du monde, rien que ça ! Le 2eme chapitre est selon moi le plus intéressant (l’histoire en comporte 3 en tout). Je trouve la fin très belle, un peu à contre-pied de la mode actuelle du « Sad-ending coûte que coûte ».

Bref, j’ai englouti cette BD sans voir le temps passer, et j’en ai retenu beaucoup de bonnes choses. J’ai même failli mettre la note maximale. A lire !