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C'est un tome bien particulier que ce livre ci.
C'est la découverte initiale de Corto Maltese (même si c'est loin d'être le premier ouvrage des aventures de Corto), de sa vie, de ses connaissances.
En couleur (l'un des 2 livres de la série seulement publié en couleurs avec "les Helvétiques"), c'est différent.
Et je dois dire, qu'avec ces essais d'aquarelle, Pratt s'en tire très honorablement, une fois plus avec style, son style, qu'il impose intelligemment.
En effet, pourquoi oser la couleur si ce n'est que pour "faire beau" ou faire "comme les autres"? Pratt, lui, fait différemment, à tel point que là encore l'on reconnaît sa patte.
Bonne note, donc, pour l'apparition de la couleur chez Corto.
Le dessin, en ce qui le concerne, est peut être un peu moins original que ceux de certains autres opus de la série.
Là où je suis plus circonspect, voire déçu, c'est pour le récit.
D'abord, Corto Maltese n'est qu'un prétexte, puisque le personnage principal du livre est Jack London, c'est lui que l'on suit.
Et Corto vient aussi après Raspoutine, beaucoup plus moteur que lui, ici.
De plus, on est loin des invitations au voyage, des moments de rêverie, des autres tomes de la série.
Qu'on se le dise, ce n'est pas une aventure de Corto Maltese, avec ses respirations, ses passages poétiques, ses inspirations et ses pauses.
Là, on est la plupart du temps dans l'action, et c'est plus convenu, moins original, moins caractéristique du "style Corto".
C'est moins puissant, moins essentiel, donc. Evidemment.
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Corto Maltese, tome 2 : La jeunesse, lui attribuant une note moyenne de 2,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Alors, je vais vous donner mon avis, cet album est une fumisterie. En fait ça ne peut interesser que des passionnés qui veulent avoir l'intégralité de l'oeuvre. En ce qui me concerne, je suis bien obligé d'acheter cet album, puisque c'est le tome 1 de la série "Corto Maltese en noir et blanc". A quoi ça ressemble si j'ai tous les tomes de 2 à 12, et pas le 1 ?
Oui mais voilà, dans ce tome, il y a six pages de baratin avant qu'une vraie histoire ne commence. Tour de force de la mise en page, d'un titre imprimé deux fois sur une page de droite laissant blanche la page de gauche, d'un dessin qui s'étale on ne sait pourquoi sur deux pages, l'histoire en question ne débute qu'à la page 13. La première apparition de Corto dans cette histoire est page 38, on le reverra en page 42, et la fin de l'histoire est page 45. Enfin, les pages 47 à 51 sont consacrées à une histoire au crayon, en Italien, avec une page de traduction finale des testes des bulles. Et puis c'est tout.
Si je ne connaissais pas Corto Maltese depuis les années 70 dans Pif-Gadget, je pense que mon envie de lire la série s'arrêterait là. Quelle honte.
Oui bien sur, on nous explique que tout ça n'est que le début d'une grande histoire à la mesure des autres tomes, commencée par Hugo Pratt dans "Le matin de Paris" entre Aout 81 et Janvier 82. Et à cause d'un désaccord entre l'auteur et les éditeurs, la série est abandonnée. Entre nous soit dit, pour un quotidien ça fait 150 jours de parutions environ, tout ça pour 32 pages, ça fait pas beaucoup. Ou alors une page chaque semaine ? Ouais, bon, enfin bref.
En tout état de cause, je reproche à l'éditeur de nous vendre ça comme un vrai "Corto Maltese", alors qu'en fait Hugo Pratt l'a abandonné en cours de route, donc on ne saura jamais la fin. On a en fait une histoire de Raspoutine et de Jack London, et puis c'est tout. Et c'est vendu comme un album normal, c'est honteux. J'ai même pas envie de parler du scénario, qui est forcément très simple, vu que ce n'est que le début, et des dessins qui sont déjà dignes de toute la série. Pfff, ça m'ennerve trop.
Si vous savez resister à l'appel des sirènes, n'achetez pas. Et surtout, surtout, si vous voulez découvrir Corto Maltese, ne commencez pas par celui-là.