Afin d'acceder au résumé de Corto Maltese, tome 7 : Corto Maltese en Sibérie, merci d'activer Javascript.
C'est certainement le plus beau récit des aventures de Corto Maltese.
Le plus fouillé sans doute, et le plus documenté.
On y découvre avec délice la Chine et la Russie de l'époque, et leurs combattants, ainsi que les moyens mis en oeuvre.
Le lecteur est immergé dans cette atmosphère pendant toute la durée du livre, et avec lenteur, on se précipite avec les héros dans l'action.
Corto et Raspoutine se correspondent à merveille et l'appui de Changaï Li, jeune fille des "Lanternes rouges" (une société secrète) apporte une touche différente, de cruauté, de féminisme, mais de caution locale, surtout.
Pour le dessin, en noir et blanc, Pratt est extraordinaire, et nous propose des vues de type cinématographique: des plongées, des contre plongées, des gros plans avec travelling, ou presque. La qualité de ses noirs est une marque maison, sans concession, noir et blanc, et pas d'intermédiaire gris mièvre.
Ce qui manque quand même dans cet ouvrage, et qui l'empêche pour moi de s'élever au dessus d'autres, malgré sa richesse (que de trouvailles pour ces histoires, que d'originalité) et sa variété (personnages et lieux, pauses et actions) c'est l'appel au temps nécessaire à la rêverie.
Il manque cette dimension pensive, cette flânerie qui fait la force de récits comme "les Celtiques", "Fable de Venise" ou "Sous le signe du Capricorne".
Ici, c'est plus frénétique, davantage aventureux, ça foisonne de héros, de caractères, mais moins de songes.
Un autre style donc, correspondant mieux au cinéma, et, si c'est CETTE histoire qui a été choisie originellement pour le grand écran (dessin animé) ce n'est nul hasard, mais une affinité.