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King Kong est le plus célèbre des Gorilles. Véritable icône, il a inspiré un tas de clones.
Son pendant dans le comics a été Jungle Jim, dessiné par Alex Raymond. On est au début des années 30.
Une quinzaine d'années plus tard, DC lance un personnage concurrent : Congo Bill, qui est la seconde appellation de Congorilla.
Les auteurs reprennent donc une vieille série et assènent un album sans concession.
Un récit violent et étrange, dont le début nous plonge en dix planches dans une ambiance lourde, presqu'étouffante.
On pense être entraîné dans un reportage animalier, mais l'entrée en scène rapide de Thomas nous dit qu'on s'achemine vers une histoire politico-militaire.
Mais cela va au delà... Dans un au delà qui renvoie aux croyances et rituels millénaires de l'Afrique Noire et tout cela est surtout l'occasion de dénoncer la sauvagerie des uns et des autres.
Entre une Amérique à l’interventionnisme dicté par les dollars et la guerre ethnique, l'homme n'est même plus un animal, c'est un monstre, dont Congo Bill devient la sublime allégorie.
Le scénar' de Scott Cunningham est donc riche. La voix-off de Thomas est omniprésente et les dialogues bien sentis. Mais sa narration est déconcenante. Il nous emmène en effet d'un registre à l'autre et enchaîne des transitions abruptes. Le procédé est volontaire. C'est tranchant, un peu comme la violence que les protagonistes subissent. Et on passe ainsi de la réalité aux cauchemars, de flashbacks d'images traumatisantes en apparitions mystiques.
Et tout ce voyage fantastique s'appuie sur le dessin fascinant de Zezelj, un auteur croate à la patte incroyable. Son Noir et Blanc propose mille et un contrastes. Ses portraits sont inquiétants et ses cadrages assurent une grande fluidité dans la lecture.
Son visuel donne tout simplement une impression de grande maîtrise, sans pour autant être classique. Du pur style "indé"...
Congo Bill est une petite perle, même si elle impitoyablement sombre.