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Come prima
 

Come Prima : Come prima

 
 

Résumé

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Planche de Come Prima : Come primaAlfred est loin d'être l'auteur le plus médiatique de ces dernières années. Et pourtant, quand on se remémore ses œuvres, il apparaît comme le signataire de plusieurs BD particulièrement marquantes des quinze dernières années: "Abraxas", "Pourquoi j'ai tué Pierre", "Je mourrai pas gibier" ou "Le Désespoir du Singe" sont autant de titres que coinbd a aimés voire adorés. Et en artiste discret mais indispensable, Alfred offre avec "Come Prima" une nouvelle oeuvre qu'on ne peut pas faire autrement que de vous la recommander !

Le principe du road movie avec deux frères que la vie avait séparés et qui vont devoir réapprendre à se connaître, n'est sans doute pas très neuf. Mais quand on a du talent, on peut se réapproprier des éléments qu'on aurait pu croire usés si on ne savait nous les présenter sous un nouveau jour. Et c'est bien le cas ici. Dès les premières pages, Alfred parvient avec cette déconcertante facilité, qui est la marque des plus grands, à rendre ses personnages attachants et émouvants. L'urne qui se dévoile après la joute verbale, comme un uppercut en pleine face, est un moment beau et fort qui prend le lecteur au coeur pour ne plus jamais le lâcher.

Sans artifice particulier, avec une simplicité apparente des événements qui s'enchaînent et des personnages qui croisent la route des deux frères, Alfred rend extrêmement crédible son histoire dans l'Italie de l'après-fascisme. Les scènes de passé qui s'intercalent de manière régulière, qui en montrent de plus en plus en même temps que le récit progresse, peuvent évoquer les réalisations d'un Sergio Leone (dans le magistral "Il était une fois dans l'Ouest" notamment). Leur traitement graphique particulier les rend aisément identifiables et ne cassent en rien le rythme tranquille d'un scénario qui fonctionne impeccablement.

C'est drôle, touchant, terrible, plein d'humanité. "Come Prima" est un très beau roman graphique, qui saura charmer un large public - on le souhaite en tout cas. C'est un des albums qui comptera dans le bilan à venir de l'année BD 2013.


Chronique rédigée par Jean Loup le 16/10/2013
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,50
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.25
Dépôt légal : Octobre 2013

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Come Prima : Come prima, lui attribuant une note moyenne de 4,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

11 11 2017
   

Encore une fois, Alfred saura charmer avec une simplicité de sentiments qui sont avant tout authentiques. Pour moi, Alfred ressemble beaucoup à un Davodeau ou un Zidrou, ses personnages étant toujours empreints d’une bonne dose de sentiments, garante de leur humanité. Et ici, c’est la relation entre deux frères qui va servir de dynamique au récit : deux frères qui ne se sont pas vus depuis des décennies, et qui décident de faire le voyage jusqu’en Italie pour répandre les cendres de leur père, avec lequel l’un des deux a été fâché. Deux personnages donc qui ne se sont pas vus depuis des années : des étrangers, en somme. Mais des étrangers qui sont avant tout des frères et qui rapidement vont retrouver une proximité naturelle. Un voyage vers les origines, qui est également un voyage dans le passé, où les deux frères vont retrouver une complicité perdue, malgré leurs différences. Mais un voyage dans le passé qui permettra à Fabio d’être mis en face de ses choix, qu’il devra analyser avec lucidité et franchise . Un voyage nécessaire car expiatoire, et qui met en avant les sentiments et la peur de ce personnage que l’on découvre pourtant assez dur en début de l’ouvrage. Bref, Alfred nous propose beaucoup plus qu’un simple road movie en Fiat 500 : il parle d’amitié, de petite histoire familiale et de grande histoire que l’on préférerait oublier.

C’est donc un album assez riche, même si, à mon sens, le dessin ne rend pas hommage à cette richesse : trop simple, trop peu authentique. Un manque de réalisme graphique qui, heureusement, est compensé par une véritable authenticité des personnages et de leurs sentiments.

12 3 2014
   

Je ne suis pas très roman graphique, le genre ne m'attire pas plus que ça, de plus je trouve les dessins plutôt baclés dans une large majorité des cas, difficile d'avoir plein de pages et de belles images à la fois.
Donc, parlons directement des choses qui fachent, comme ça on passe vite fait, graphiquement Alfred ne pas séduit avec son "Come Prima", en même temps je n'ai pas lu grand chose de cette auteur, à part la série jeunesse "Octave" aux dessins nettement plus à ma convenance.
Voilà ça c'est fait, maintenant, comme la majorité des cas, le dessin on s'y fait très bien, surtout quand l'histoire est bonne. "Come Prima"est donc un pur road movie, où un type vient chercher son frère pour qu'il ramène avec lui les cendres de son père en Italie. On prend la fiat cinquecento et en avant Guingamp. C'est pas révolutionnaire, mais c'est très bien fait, et ça fonctionne à merveille. Un soin particulier aux dialogues, aux situations drôles et/ou intimistes, les deux personnages principaux sont bien détaillés, petit à petit on apprend à les connaitre, et lorqu'on pourrait commencer à s'ennuyer, une nouvelle situation ou révélation arrive.
Un très bon roman graphique dont je recommande chaudement la lecture.

31 10 2013
   

Ce qui est bien avec les récits d’Alfred ("Le Désespoir du Singe", "Je mourrai pas gibier", "Pourquoi j'ai tué Pierre") c’est tout d’abord le plaisir de savoir qu’un nouvel album arrive, puis ce sentiment de bien-être qui perdure même après avoir terminé la lecture. Vous imaginez alors mon bonheur en voyant qu’il s’attaque ici à une œuvre en solo, inspirée de son histoire familiale. Lui qui est capable de s’approprier les histoires d’autrui comme nul autre, comme en témoigne ce chef-d’œuvre où il ne faisait plus qu’un avec son ami Olivier Ka, va donc pouvoir mettre ses propres émotions en images. Il n’en fallait pas plus pour titiller ma curiosité et activer cette joie pavlovienne qui accompagne la vue de son nom sur la couverture d’une bande dessinée.

« Come prima »(« Comme avant ») raconte l’histoire des frères Fratelli qui traversent la France et l’Italie en Fiat 500 (lisez cinquecento) pour rejoindre leur village natal. En invitant à suivre les pas de deux frangins que tout oppose, Alfred livre un road movie aux allures de tragicomédie à l’italienne. Le chemin emprunté par Fabio et Giovanni lors de cet été de 1958 croise inévitablement celui du passé, faisant remonter d’anciennes tensions et ouvrant d’anciennes blessures. L’aîné, devenu boxeur, n’a pas uniquement encaissé des défaites sur le ring. Refusant d’accepter les défaites de sa vie, lui qui a endossé une chemise noire mussolinienne pour échapper à un destin tout tracé, n’est pas vraiment chaud pour rentrer au pays. Le cadet, quant à lui, tente de mettre de côté sa rancœur pour renouer les liens avec celui qui les a trahi, mais envers qui il n’a jamais cessé d’avoir de l’admiration. Au fil du voyage, le lecteur s’attache inévitablement à ces deux protagonistes qui se révèlent, s’affrontent… mais qui au bout du compte s’aiment. Parsemé de pointes d’humour, cette tragédie humaine allie sincérité et émotions. Des sentiments qu’Alfred restitue une nouvelle fois avec maestria sur le plan visuel. De flash-backs plus flous en aplats de couleurs à des cases rougeâtres pleines de colère, en passant par ce quotidien empli de nostalgie qui invite au voyage, l’auteur livre un travail époustouflant de justesse. Multipliant les non-dits et parsemant son récit de pages muettes, il démontre une nouvelle fois sa capacité à révéler des sentiments tellement profonds qu’ils ne s’expriment pas par la bouche. N’étant moi-même pas très bavard quand il s’agit d’exprimer mes émotions, j’apprécie énormément la force évocatrice de ces moments plus contemplatifs.

Encore un coup de cœur signé Alfred !