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Ces jours qui disparaissent
 

Ces jours qui disparaissent

 
 

Résumé

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Planche de Ces jours qui disparaissentCe one-shot signé Timothé le Boucher invite à suivre les déboires de Lubin Maréchal, un acrobate d’une vingtaine d’années qui, suite à une vilaine chute sur la tête, s’aperçoit tout d’abord qu’il ne vit plus qu’un jour sur deux. Puis, il se rend compte qu’il ne dort pas durant ces jours qui disparaissent, mais qu’un double schizophrénique au caractère diamétralement opposé utilise son corps, construisant progressivement une vie parallèle qui n’a pas forcément tout pour lui plaire…

Ce récit fantastique, basé sur la schizophrénie et sur le dédoublement de la personnalité, permet à l’auteur de développer un thriller psychologique non seulement particulièrement prenant, mais également très intelligent. Sur près de 200 pages, Timothé le Boucher prend le temps de détailler l’impact de ce dédoublement sur la vie professionnelle, sociale et affective de son personnage, tout en installant petit-à-petit une relation conflictuelle entre les deux personnalités. De plus, cette histoire propose une réflexion intéressante sur l’immuabilité du temps qui passe et sur l’identité, mais également sur l’amour, la mort et l’amitié. De quoi questionner notre propre existence…

Visuellement, le graphisme assez épuré et aux allures de manga de Timothé le Boucher peut initialement déconcerter, mais s’avère finalement d’une efficacité et d’une lisibilité redoutable.

Un excellent one-shot que vous pouvez retrouver dans mon Top BD de l’année !


Chronique rédigée par yvan le 05/03/2018
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
  • 572 (14,06 %)
  • Total : 4069 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.25
Dépôt légal : Septembre 2017

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Ces jours qui disparaissent, lui attribuant une note moyenne de 4,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

5 5 2018
   

Cet album raconte une grande souffrance et est plein de bonnes idées. Lubin est un jeune homme comme les autres qui, d’un seul coup, se rend compte qu’il ne vit plus véritablement qu’un jour sur deux. Il ne se souvient pas de ce deuxième jour et mène sa propre enquête. Il se rend compte alors qu’une autre personnalité habite son corps un jour sur deux. Ce qui nous est présenté, au début, comme vaguement fantastique, devient rapidement plus médical et psychologique : Lubin serait schizophrène. Et d’habitude, lorsque l’on aborde cette maladie, on la présente par le regard des autres, de l’entourage, qui voient les différentes personnalités se succéder avec effroi. Ici, la grande nouveauté, c’est que l’on suit une personnalité, celle de Lubin, qui n’a aucune connaissance de ce que fait "l’autre Lubin". Grâce à la technologie, l’un est l’autre peuvent communiquer, par message enregistrés… Au début de cet ouvrage, on sent un Lubin désarçonné par ce qui lui arrive, mais qui le prend plutôt bien, tentant de s’organiser avec son double pour que chacun trouve sa place. L’autre Lubin est aussi maniaque que lui est artistique, aussi cérébral que lui est sportif, aussi ambitieux que lui vit au jour le jour mais qu’importe : Lubin et son autre personnalité doivent s’entendre pour partager le même corps.

Mais un jour lorsque Lubin se réveille, il ne s’est pas passé un jour mais deux. Puis bientôt, c’est trois et encore plus tard, il ne vit réellement que 8 jours alors que plusieurs mois se sont écoulés. Avec cette accélération du temps, le scénariste introduit une urgence et un suspense qui accrochent le lecteur. A chaque réveil de Lubin, on découvre comment l’autre a vécu pendant tout ce temps, ce qu’il a fait : ce sont les proches du « vrai » Lubin qui lui racontent, avec ce tact que l’on doit au malade, mais également cette sincérité que l’on doit à l’ami, à l’amant, à l’enfant, au frère…

Le Boucher signe ici une histoire originale et inventive, pleine de bon sens et de bonnes idées, remplie d’émotions et de sentiments contradictoires. Gérer un personnage avec deux personnalités aurait pu être dangereux : il s’en sort merveilleusement bien en ne retenant que l’une d’entre elle, pour aborder, en plus de la maladie, beaucoup de thèmes : l’amitié et l’amour sont des grands classiques, mais on y ajoutera l’ambition, le rapport au succès, le rapport au temps qui passe, le sens de la vie et celui de la mort, la modernité, l’évolution de la société dans les décennies qui viennent, le progrès, la solitude… C’est tout un panel de thèmes qui sont parfaitement abordés ici, avec justesse. Et si la tonalité initiale est pleine d’optimisme, l’ensemble devient plus noir au fil des pages, pour se terminer sur une note aigre-douce qui ne laissera personne indifférent.

Voici un joli thriller psychologique, qui pourrait passer pour fantastique mais qui est avant tout réaliste et plein d’humanité. C’est rempli d’émotion et d’urgence, et je suis vraiment tombé sous le charme de cette histoire qui est pour moi, un coup de cœur parmi les sorties de ces derniers mois.