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Cent mille journées de prières, tome 2 : Livre second

 
 

Résumé

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Planche de Cent mille journées de prières, tome 2 : Livre secondDeuxième et dernière partie de ce beau récit consacré à l'enfance et à un drame asiatique.

L'enfance, c'est Louis, le jeune garçon né d'une mère française et d'un père asiatique dont il ne sait à peu près rien. Quand il essaye d'en savoir un peu sur lui, Louis se heurte à la chape de plomb posée par une mère qui veut oublier son passé. Enfance qui se construit autour d'un vide fondamental, qu'on ne peut combler et que Louis cherche à réduire avec le réconfort de son oiseau mort qu'il a secrètement conservé - comme un macabre confident ou, plutôt, comme un passeur entre deux mondes qui possède des informations ignorées des vivants.

Le drame asiatique, qui est révélé dans cette deuxième partie du diptyque, est celui du Cambodge à la fin des années 1970. La folie intolérante des Khmers rouges a conduit en quelques années à une épuration terrible qui reste parmi les monstruosités d'un XXe siècle qui n'a pas été avare en meurtres de masse. Louis va découvrir la vérité sur son père. Les auteurs centrent leur récit sur cette quête fondamentale et touchante, tout en dévoilant avec pudeur et force le monstrueux contexte khmer.

C'est émouvant, intelligent, bouleversant, sensible et judicieusement mis en images par Michaël Sterckeman. On ne sort pas indemne de cette oeuvre forte qui sensibilise les lecteurs occidentaux à un drame lointain dont nos manuels d'Histoire parlent bien peu, alors même que les Cambodgiens commencent à peine à ne plus occulter cette page sombre de leur passé. Le mot de la fin, terrible, est celui de la mère de Louis : "comment le monde peut-il continuer à vivre alors que nous sommes tous morts ?".


Chronique rédigée par Jean Loup le 08/05/2012
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.75
Dépôt légal : Avril 2012

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Cent mille journées de prières, tome 2 : Livre second, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

9 8 2012
   

Le premier volet de ce diptyque imaginé par Loo Hui Phang et dessiné par Michaël Sterckeman invitait à suivre le malaise d’un enfant aux origines eurasiennes, quotidiennement victime d’une différence que sa mère refusait d’expliquer. Se heurtant constamment au silence qui entourait ce lourd secret familial, il laissait libre cours à son imagination pour s’inventer des racines et pour trouver lui-même réponse à ses nombreuses interrogations. Cette conclusion va non seulement lever le voile sur la destinée du père de Louis, mais également dévoiler un pan douloureux de l’Histoire du Cambodge.

Indirectement touchée par la guerre civile déclenchée par les Khmers rouges fin des années soixante, Loo Hui Phang s’inspire donc de l’histoire de sa propre famille pour livrer un diptyque qui aborde cette page sombre de son pays. La quête familiale du petit Louis débouche donc inévitablement sur le régime dictatorial des Khmers Rouges et propose des passages aussi didactiques qu’intéressants.

L’album débute néanmoins dans le monde onirique que le petit Louis s’est inventé pour combler le vide laissé par le mystère qui entoure son père. Cette approche qui conduit le jeune garçon à partager ses angoisses et ses peines avec un canari mort peut s’avérer surprenante, mais permet à l’auteur de décrire la souffrance de l’enfant avec énormément de justesse. Au fil des explications, ce voile onirique s’estompe et laisse place à une réalité qui n’a rien de réjouissante, mais qui à le mérite de sortir l’enfant de son cauchemar, abandonnant son mal-être au profit d’une vérité apaisante.

La mise en images très sobre de Michaël Sterckeman conforte le ton intimiste du récit. Un dessin noir et blanc assez minimaliste qui s’inscrit totalement au service du scénario.

Un ancrage historique cambodgien intéressant et une quête identitaire difficile d’accès, mais d’une grande justesse émotionnelle.