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2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Ce que le vent apporte, lui attribuant une note moyenne de 3,75/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
J'ai été aussitôt séduit par le graphisme de cet album. Superbe couverture malgré l'impression, finalement originale, de vide qu'elle me laisse. Et des planches de toute beauté. Le trait de Jaime Martin me fait beaucoup penser à celui de Pellejero ("Le Tour de Valse") par son encrage gras, ses décors inspirés et ses couleurs fortes. Le style des personnages par contre me rappelle davantage Frederik Peeters ("Lupus"). C'est beau et c'est assez fort visuellement. Et la colorisation est également très bonne avec une belle palette pour chaque planche.
Seul petit défaut, je trouve que l'auteur ne maîtrise pas trop tout ce qui est fourrure, vêtements ou animaux, leur donnant un aspect de gribouillis noir qui n'est pas des plus réussis. C'est bien dommage pour une BD ayant pour cadre le nord de la Russie où les hommes vont en fourrure dans la neige et où les bêtes ont une grande importance dans le récit.
Le récit est dense, bien construit et dispose d'un cadre original. Durant la période troublée de la Russie de 1916, un étudiant en médecine va se retrouver momentanément exilé, pour son propre bien, à la tête du petit hôpital d'un village perdu au Nord de l'Oural. Là ont lieu régulièrement de mystérieux meurtres perpétrés par ce qui ressemble à une bête sauvage qui apparaît quand le vent d'hiver souffle fort. Ambiance de huis-clos et d'enquête à la Sleepy Hollow, l'aspect fantastique en moins.
De bons personnages, un excellent décor et une ambiance très agréable même si elle peine un peu à se faire angoissante. Le récit est dense et plaisant.
Je n'ai cependant que moyennement été convaincu par le dénouement du mystère. Il n'a rien de particulièrement décevant et il est tout à fait crédible (pour une fois dans un tel récit inspiré de la Bête du Gévaudan) mais elle se pose sans grande surprise et son mystère est révélé sans que la tension ne soit vraiment montée auparavant, sans réelle enquête nous amenant progressivement à la découverte finale. Et je me dis qu'avec une aussi bonne ambiance de village Russe reculé et d'hôpital de campagne qui s'y débat contre l'ignorance campagnarde, il y avait presque de quoi éviter tout simplement la partie meurtres et mystères et se focaliser sur une intrigue plus ordinaire mais prenante malgré tout.
Quelque soit ces petits reproches que je fais à cette BD, il n'en reste pas moins que j'ai beaucoup aimé son récit, son ambiance et que j'ai adoré son graphisme et ses décors enneigés.