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Tome 4 : Car l'enfer est ici
 

Car l'Enfer est ici, tome 4 : Car l'enfer est ici

 
 

Résumé

Car l'Enfer est ici, tome 4 : Car l'enfer est iciAfin d'acceder au résumé de Car l'Enfer est ici, tome 4 : Car l'enfer est ici, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Car l'Enfer est ici, tome 4 : Car l'enfer est ici« Deux visions pour un pays » est le quatrième volet tant attendu du second cycle du cultissime polar "Le Pouvoir des innocents".

À la fin du tome précédent, Luc Brunschwig abandonnait mon personnage préféré pour morte, dans les bras d’un Domenico Coracci, chargé de se débarrasser du corps de la jeune punkette démocrate. N’ayant pas vraiment apprécié la victoire surprenante de Lou Mac Arthur à l’élection du nouveau gouverneur de l’État, Angelo Frazzier, le parrain de la maffia locale, venait en effet de passer ses nerfs sur la pauvre petite. La victoire du démocrate soutenu par Jessica Ruppert et sa prise de position contre la peine de mort provoquent d’ailleurs également une émeute à la prison de Rickers Island, où les détenus ne partagent visiblement pas l’idée d’épargner la vie de Joshua Logan, l’auteur présumé de l’attentat qui coûta la vie aux 508 partisans de la démocrate Jessica Ruppert.

« Deux visions pour un pays » plonge le lecteur au sein d’une Amérique partagée entre deux visions antagonistes : l’une particulièrement radicale, en faveur de la peine de mort et basée sur la répression, puis l’autre, celle de Lou Mac Arthur, de Jessica Ruppert… et de Luc Brunschwig, plus sociale, plus humaine et donnant sa chance à la rédemption. Des politiciens qui s’impliquent sur le terrain, la création d’une police de proximité, un système carcéral plus participatif basé sur la réinsertion, offrant une seconde chance aux brebis égarées… Yep, moi je vote Brunschwig !

« On peut tuer légalement une personne et s’imaginer avoir réglé le problème qu’elle représentait. On peut aussi la laisser en vie… Recueillir sa parole… Savoir ce qui l’a poussé à ce geste fou… Comprendre quels mouvements haineux couvent au sein de notre ville et peut-être trouver comment apaiser durablement cette fureur. »

Si le fond de l’intrigue est clairement politique et sociétal, Luc Brunschwig vous sert néanmoins sa vision des choses avec grande maestria, en basant l’ensemble sur une intrigue en béton armée et des personnages profondément humains et attachants. Procès médiatique, enquête policière et histoire d’amour sont donc au rendez-vous de ce tome qui se déroule entre le mercredi 10 novembre 1999 et le mardi 27 février 2001 et fait évoluer les différents protagonistes au fil de chapitres de quelques pages, au rythme soutenu, qui s’intègrent avec brio dans l’ensemble, tout en multipliant les rebondissements. Du grand art !

Et comment parler d’art sans évoquer le travail à quatre mains absolument remarquable de Laurent Hirn et de David Nouhaud. Si le dessinateur originel de la série s’occupe avec brio du story-board et de la colorisation de la saga et que David Nouhaud (« Maxime Murène ») propose un dessin réaliste, détaillé et expressif, il faut également noter la contribution pour le moins surprenante de Thomas Priou, qui signe deux pages en forme de dessin animé satyrique, parodiant le quotidien de Wyatt Whitaker, un candidat à la présidence fortement inspiré de Georges W. Bush.

Le meilleur tome de ce second cycle !


Chronique rédigée par yvan le 04/06/2016
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Avril 2016

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Car l'Enfer est ici, tome 4 : Car l'enfer est ici, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

2 4 2017
   

La narration de ce quatrième tome reste impeccable et c’est avec une certaine avidité que l’on suit le parcours de ces personnages attachants, ou auxquels on s’est attaché malgré une présentation parfois un peu brutale. Depuis l’intérieur de la prison de Joshua jusqu’aux salons feutrés de différents camps politiques, Brunschwig nous entraine à la rencontre de tout un tas de personnages où chacun est important. En alternant les enquêtes journalistique, les histoires d’amours, les discours politiques, et les machinations en tout genre, le scénariste propose un récit complet, intéressant, parfois dur et parfois sensible.

Si je marque toutefois une note moindre que pour les précédents tomes, c’est qu’il y a quelque chose, dans la tonalité, qui me dérange. On pourrait croire en effet que l’auteur nous livre ici une chronique sociale, mais la façon de présenter les idées peut conduire à faire passer cette série pour un tract politique. Grosso modo, Lou Mac Arthur et Jessica Rupert sont des gentils démocrates, voire même plus modérés encore que ces derniers, et leurs idées sont toutes géniales : les prisonniers retrouvent de l’espoir, et la police et formée pour mieux protéger les citoyens, vivant ainsi dans une harmonie parfaite. Bref, il suffirait d’appliquer ces recettes pour que l’utopie devienne réelle. Le message de paix et de tempérance délivré par Jessica et Lou font rêver tout à chacun, mais leur mise en pratique me semble ici assez peu confrontée à la réalité de la vraie vie. Voir ces policiers et manifestants dans cette posture relève certainement d’un doux rêve, mais je doute que l’on arrive à ce type de résultat dans l’immédiat. Et puis, forcément, il y a Jessica Ruper et Lou Mac Arthur qui, en bons démocrates, apaisent les tensions et font progresser la société dans le bon sen, toute cette dernière étant derrière ces élus pour se comporter comme ils le souhaiteraient ; alors que de l’autre côté, les républicains sont forcément tous pourris, s’acoquinant avec la mafia, usant des réseaux d’influence pour faire élire à la présidence un gars qui a pour seul talent d’être le fils de son père, qui est forcément concon et sans aucune compétence. Voilà, c’est ce qui me dérange : il y a les démocrates qui sont gentils, et il y a les républicains qui sont méchants. Je me serais attendu à un petit peu plus de nuances dans cette présentation, ce qui aurait certainement renforcé le message.

Je reste fan du dessin, je reste fan de la série, mais cet album prend une tournure un peu trop politicienne, ou du moins, un peu trop orientée politiquement, à mon goût, et on en viendrait à oublier le sort de Joshua, qui est pourtant bien au centre de cette histoire.

3 11 2016
   

Sans nul doute c’est encore un très bon tome. On peut décidemment compter sur Luc Brunschwig pour relancer à chaque chapitre son histoire, qui pourrait pourtant facilement s’embourber dans des débats politiques ou des événements sociaux comme il est question ici assez souvent. Mais le scénariste va plus loin, nous proposant de visiter aussi les dessous peu glorieux de ces débats et apparitions télé. Mise à part les quelques apparitions de Jessica Ruppert et Lou Mac Arthur, dont les discours souvent démago m’ont laissé un sentiment mitigé, le reste est tellement parfait qu’on peut facilement les oublier.

Les personnages d’abord, qui méritent un vrai détour, de la gamine laissée pour morte, à l’avocat gay malheureusement moins présent ici. On reconnaitra l’art du scénariste de développer des personnages hauts en couleurs, qui attirent ou qu’on aime détester mais qui, jamais, ne laissent de marbre.

Graphiquement c’est toujours excellent, avec une vraie charte graphique entre les deux séries : « le pouvoir des innocents » et cette suite.

Vraiment très bien… encore et comme d’hab.