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Tome 2 : 3 témoignages
 

Car l'Enfer est ici, tome 2 : 3 témoignages

 
 

Résumé

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Planche de Car l'Enfer est ici, tome 2 : 3 témoignages« Car l’enfer est ici » est le deuxième cycle du cultissime polar « Le Pouvoir des innocents ». Après un excellent premier tome qui se déroulait seulement six mois après l’attentat qui coûta la vie aux 508 partisans de la démocrate Jessica Ruppert, dont le célèbre boxeur Steven Providence, ce second volet retrace la journée du 4 septembre 1999.

En décidant de se rendre aux autorités afin de prouver son innocence, Joshua Logan a transformé cette saga en un combat beaucoup plus juridique, parsemé de manipulations politiques. Le principal suspect de cette terrible tragédie qui a endeuillé l’élection municipale de New York aura cependant beaucoup de mal à faire éclater la vérité car les responsables du complot font tout pour effacer les éventuelles pistes, tandis que son avocat est passé à tabac pour avoir pris la défense de l’ennemi public numéro un.

Le talent narratif de Luc Brunschwig n’est plus une chose à démontrer, mais une certitude qu’il faut savourer au fil des tomes. Passant habillement d’un personnage à l’autre, il distille une nouvelle fois les informations au compte-goutte, tenant le lecteur en haleine avec un brio que peu de scénaristes parviennent à égaler. Utilisant l’innocence de Joshua comme fil rouge, il mène plusieurs intrigues en parallèle et propose, comme le titre de cet album laissait présager, trois témoignages capitaux : celui d’Angela Twist l’infirmière qui a suivi Logan au centre psychiatrique, celui des travailleurs immigrés qui détiennent des informations concernant le meurtre de Carole Ann Stone en fin de tome précédent et celui de Joshua en personne.

Comme d’habitude, Luc Brunschwig s’appuie sur des personnages hauts en couleurs, dont il soigne la psychologie au fil des cases. De Cyrus Chappelle, l’avocat gay et noir de Joshua, à Domenico, l’homme de main de la mafia, en passant par Lucy, dont je suis immédiatement devenu fan, il parvient à faire émerger des personnages aussi intéressants qu’attachants. Mais la grande force de ce tome est que l’auteur n’oublie pas son personnage principal, dont il dévoile intelligemment quelques zones d’ombre du passé. En revenant sur son évasion du centre médical en compagnie d’Amy et en dévoilant les raisons de son engagement au Viêt-Nam, il crée un lien encore plus fort avec la série d’origine. Bien vu !

Et Luc ne serait pas Luc s’il ne profitait pas de ce nouveau cycle pour s’attarder sur le contexte sociétal. En dressant un portrait peu reluisant de la société américaine et en décrivant avec justesse les rouages politiques, il livre un thriller politico-social prenant qui pointe du doigt les dérives de ce pays qui exploite la main d’œuvre étrangère et qui laisse croupir des innocents en prison alors que les plus grands malfrats se promènent aux bras des politiciens.

Visuellement, épaulé par Laurent Hirn au story-board, David Nouhaud ("Maxime Murène") livre une nouvelle fois de l’excellent boulot. Notons finalement que les auteurs ont finalement reçu l’autorisation des Éditions Delcourt (l’éditeur du premier cycle) pour reprendre le nom original de la série et qu’ils en ont profité pour proposer une nouvelle maquette pourvue d’une couverture splendide. Nul doute que cela alimentera quelques discussions concernant le format, les tranches et autres aspects visuels qui n’ont d’importance qu’une fois l’album rangé sur une étagère, mais faut-il s’attarder sur ces détails qui n’auront peut-être plus aucune raison d’être dans une ère de plus en plus numérique qui tente progressivement de supprimer les versions papier ? Bref, il faut arrêter de nous soûler avec le flacon… car du moment qu’on a l’ivresse… hips…


Chronique rédigée par yvan le 26/05/2014
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.50
Dépôt légal : Avril 2014

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Car l'Enfer est ici, tome 2 : 3 témoignages, lui attribuant une note moyenne de 4,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

15 1 2017
   

On ne saurait être qu’impatient de se jeter sur ce deuxième ouvrage mais prenez tout de même le temps de vous attarder sur cette superbe couverture : le Brooklyn Bridge en arrière-plan, le mafieux Frazzy devant, le tout dans une semi-pénombre à peine éclairée depuis la gauche de l’image… tout simplement magistral.

Passons ensuite à l’intérieur, où le scénariste déroulera patiemment son scénario en s’attardant sur plusieurs personnages, menant des enquêtes, et venant donner un éclairage nouveau sur ce que l’on savait du premier cycle. Depuis l’enfance de Joshua jusqu’au personnage d’Amy, en passant par les mafieux assassins de Carol Ann (dont on comprend qu’elle représentait un danger pour la candidate des Républicain), on suit différents chemins qui tous concourent à renforcer une trame générale, qui gagne de fait en solidité. L’ensemble est patient et rigoureux, et se permet tout de même quelques passages plus « animés », venant ainsi fort opportunément donner un peu de rythme à ce qui aurait pu ressembler à deux enquêtes un peu statiques, l’une menée par Cyrus l’avocat, et l’autre par Fureman le journaliste. L’ensemble apparaît une nouvelle fois bien dosée, pour délivrer une histoire tout en efficacité.

Le dessin est presque trop sage, trop « académique » au vu de l’histoire de violence sous-jacente qui se déroule sous nos yeux. Et pourtant, ce style réaliste permet de m’embarquer avec succès.

C’est une enquête, mais avec une tension sourde que l’on sent prête à exploser, et quelques personnages et actions plus mouvementées, qui viennent donner du peps à ce qui n’aurait pu être qu’une succession de discussions.

30 7 2014
   

y a pas à dire: c'est encore une fois du tout bon. Pourtant, beaucoup devait être comme moi, à se demander ce que Brunschwig allait bien pouvoir nous inventer pour relancer ce "Pouvoir des innocents", qui avait mis la barre très haute et dont tout semblait avoir été dit. Surtout que "Les enfants de Jessica", autre série et autre suite, ne laisse aucun ambiguité sur l'avenir de notre pauvre Logan.
Et pourtant, Brunschwig n'a plus rien à prouver, et là nous avons le droit à un vrai polar, avec une vraie enquête, avec des personnages brillants et des aller retour entre eux qui coulent tout seul.
Brunschwig a un talent narratif, c'est indéniable, les pages se tournent les unes après les autres avec avidité, tout tient en haleine du début à la fin. Je rajoute aussi que tout s'incorpore parfaitement au premier cycle et qu'en plus, il prend le temps de s'attarder sur le climat social de cette NY d'après élection. C'est fort, très fort.
Pour le dessin, rien à dire non plus, même si il diffère légèrement du premier tome, il est bon, voire très bon.

Quant au changement de titre de la série... je ne sais pas, ça me semble plus logique comme ça. Sans ce changement de titre, je ne sais pas si j'aurai lu cette suite, et je serai passé à côté de quelque chose.