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L’intérêt prend enfin plus d’ampleur avec cet album, en même temps que grandie la tension dramatique générale de la série.
Derib s’attache depuis le début à conter la vie d’un héros que l’on voit vieillir, et cet album nous montre encore clairement les signes du temps qui passe :
- D’abord il y a la mort de Fellow le cheval. Eh oui les animaux aussi vieillissent et tous ne s’appellent pas Jolly Jumper !
- Jérémie grandit aussi, et avec lui, les conflits père/fils. Il faut dire que le joyeux Jérémie est devenu bien discret, trop même, depuis la prise de conscience de sa dure condition de métis. C’en est presque inquiétant. Et là, il va faire une rencontre qui changera sa vie.
- Et il y a l’armée qui s’est enfin installée au fort. L’avance inexorable du progrès et de la civilisation. Et même si Buddy a pu le souhaiter à un moment dans le passé, il comprend vite que ça n’apporte pas que du bien et que plus rien ne sera jamais comme avant.
On retrouve dans cet album le personnage Jean Giraud qui a non seulement le nom, mais aussi le physique de l’auteur de BD. Il est maintenant marié à Nancy, qui avait craqué sur Buddy dans « Seul ».
J’ai apprécié aussi que la vision de Jérémie se matérialise en un cheval. L’album ayant commencé par des histoires de chevaux (mort de Fellow, arrivée d’un nouvel étalon) on peut imaginer qu’une association d’idée inconsciente donne une image ayant rapport avec des choses marquantes de la vie du jeune candidat à la « vision ».
Cet album nous montre donc Jérémie affronter ses démons, comme le titre l’indique trompeusement car c’est bien de démons blancs au pluriel qu’il s’agit. Son sang indien l’appelle de plus en plus, et ce rite qu’il s’impose lui ouvrira les yeux sur des choses qu’il sentait mais ne voulait pas voir.
A la fin on devine comme lui qu’il aura une vie bien plus torturée que son père.
A partir de cet album la série décolle donc vers une dimension plus tragique.