
J'ai mis un certain temps avant de me lancer dans la lecture de ce manga, rebuté par le titre se rapprochant plutôt d'un shôjo, et d'une certaine manière, par les graphismes, ces yeux immenses auxquels j'ai un peu de mal à m'habituer. Cependant j'ai été irrémédiablement séduit lors du feuilletage d'un échantillon reprenant les première pages de ce tome-ci, malgré mes a priori. J'ai finalement cédé à mon envie, en partie grâce aux précédents avis et par curiosité, vis-à-vis de cette histoire qui semble sortir du manga lambda.
Aussi, comment ne pas être en admiration devant la toute première case de cette série, dévoilant sans attendre Amir, le visage surpris, figée dans des atours somptueux, à demi voilée d'un tissu magnifique, représentée avec ses bijoux aux formes typiques de la tradition d'Asie Centrale ? Un souci du détail de la part de la dessinatrice qui transcrit une véritable passion pour ces civilisations. Cette précision est présente tout au long de ce premier album, que ce soit dans les vêtements, les décors ou encore ces paysages de steppe, ce qui en fait avant toute chose un plaisir des yeux, une envie d'évasion, de simplicité...
Cette lecture est par ailleurs très contemplative, ce que j'apprécie d'autant plus, l'étant par nature. Nous suivons toute cette tribu dans leur vie quotidienne, se concentrant successivement sur un personnage différent, pas nécessairement un protagoniste essentiel au récit ; je pense notamment au charmant petit Rostem, avec lequel j'ai passionnément observé le travail du bois exécuté par le menuisier.
L'intrigue principale, à savoir le mariage entre Karluk et Amir et l'arrivée inattendue de la famille de cette dernière voulant la récupérer pour un mariage plus avantageux ne semble pas être la seule et unique préoccupation de Kaoru Mori, dans son désir de nous faire partager la vie de ce petit clan. Tant mieux, je savoure d'autant plus cet instant de rêverie que m'accorde cette histoire.
Un premier jet attendrissant, emprunt de sérénité.