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Bouffon
 

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Planche de BouffonOh que je suis gâté en ce moment ! Et oui, je suis grand fan de Zidrou et le prolifique scénariste sort trois albums d’un coup lors de cette rentrée littéraire. Il y a tout d’abord "Les Beaux Étés", dessiné par Jordi Lafebre, puis "L'Indivision" avec Benoît Springer et finalement ce « Bouffon », qui réunit le duo qui avait signé l’excellent "Les Folies Bergère".

À l’instar du one-shot "Les 3 Fruits", qu’il avait sorti avec Oriol en début d’année, Zidrou renoue une nouvelle fois avec le conte. Pour l’occasion, l’auteur nous plonge dans le sombre Moyen-âge afin de nous livrer une histoire d’amour à la morale plutôt cruelle.

L’histoire invite en effet à suivre les pas de Glaviot, un gamin au visage horriblement difforme qui est né dans le fond d’un cachot du ventre d’une jeune femme régulièrement violée par ses tortionnaires. Après avoir été nourri par les mamelles d’une chienne et avoir grandi dans les geôles du château, le petit veinard est repéré par le seigneur des lieux, qui l’offre à sa fille comme bouffon. Malgré sa tronche de cake il tombe inévitablement amoureux de la belle demoiselle et se découvre au passage un don… plutôt ironique…

En livrant sa propre version de « La Belle et la Bête », Zidrou nous plonge surtout dans une ambiance médiévale cruelle et sans pitié. Des blessés qui sont dépouillés et achevés sur les champs de bataille aux viols répétitifs dans les geôles du château, il ne fait pas forcément bon vivre dans le conte de Zidrou. Même le narrateur, un prisonnier enchaîné sur l’un des murs de la prison, n’est pas très bien loti. Et pourtant, tout au fond de cet univers d’une noirceur extrême, l’ami Zidrou conserve une petite lueur d’espoir… un brave gamin à l’apparence abjecte…

Si ce récit qui aborde le thème de la différence prouve une nouvelle fois que Zidrou est un conteur hors pair, il déborde surtout d’ironie et de cynisme. Chaque mot est à nouveau d’une justesse incroyable et le ton sarcastique est un vrai bonheur. Ajoutez à cela le dessin expressif et précis du dessinateur ibérique Francis Porcel et vous obtenez un excellent one-shot !

Bref, si vous ne lisez pas cet album, vous êtes un vrai bouffon !


Chronique rédigée par yvan le 13/09/2015
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 3,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Aout 2015

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Bouffon, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

18 3 2017
   

Zidrou nous propose cette fois un conte médiéval qui, sur le principe, est assez simple : un jeune enfant difforme se voit doté d’une capacité que les puissants de son monde vont rechercher, comme pour compenser l’incroyable difformité par une incroyable don.
Sur le papier, on est dans le très classique mais comme d’habitude, Zidrou apporte sa patte, sa narration et son style pour transformer cette trame somme toute commune en expérience délectable. On aura ainsi le droit à toute une explication sur la naissance de cet être difforme, Glaviot, qui doit certainement son état à la cruauté sont sa mère a été victime, mais plus encore à la cruauté de ce monde médiéval. Des passages particulièrement marquant où l’on donne cet enfant difforme à la chienne qui a bouffé ses propres chiots mais qui, contre toute attente, prendra soin de ce nouveau-né là. Un nouveau-né qui grandira dans les geôles où sa mère était prisonnière avant de voir pour la première fois le ciel au-dessus de sa tête, et de rencontrer Livia, la fille du comte à qui il a été offert, tel un animal de compagnie. C’est à ce moment que le don est révélé, un don dont on aurait pu s’imaginer qu’il viendrait transformer le destin de notre Glaviot, lequel sera toutefois toujours victime de son physique ingrat.

C’est assez prenant : l’histoire est intrigante et on ne peut que suivre le destin de Glaviot avec un certain malaise. La narration, délivrée par un prisonnier des geôles, amène son lot d’originalité. Quant au dessin, on est en plein moyen-âge : le château, extérieur comme intérieur, ainsi que les campagnes, agricole et militaire, sont criants de vérité… tout comme la souffrance physique et psychologique, à laquelle on oppose souvent la naïveté et l’innocence.

Zidrou remue son lectorat, encore une fois…

9 5 2016
   

C’est d’abord la couverture qui m’a attiré.
Dans la grande librairie, je n’ai eu d’yeux que pour le « cover ». Je possédais QUASI le même ! Je m’explique : voici quelques années mon épouse –grande fan de Jean Marais, acteur français, peintre, potier, etc…- et moi-même allâmes à la fête des potiers à Vallauris. Nous ne savions pas que Jean Marais possédait une sorte de « musée/boutique ».
J’y ai fait –entre autres- l’acquisition d’un A4 sur lequel étaient représentés « La Belle et la Bête », film de Jean Cocteau, dessin fait au fusain noir ; la Belle de profil droit, la Bête de face. Effet superbe : la longue chevelure de « La Belle » devenait –dans sa continuité- celle de « La Bête » et inversement. Le dessin était signé « Jean Marais ». Coup de cœur, paf, acquisition.
Et nous contents. Très !
Surtout que l’affiche de Vallauris –dessinée par Jean Marais- nous avait été remise.
Et, en ouvrant cet opus, j’ai à nouveau replongé avec délices dans ce conte.
Surprise aussi, cette histoire est « faite » par un narrateur. Et cette « voix off » ?... Ben, celui qui raconte est en prison, dans un cul-de-basse-fosse et « envoie » ce conte –quand même assez cruel- en faisant usage d’ironie et d’humour noir.
Ce tome, l’air de rien, est une vraie réussite car CE N’EST PAS l’histoire de la « Belle et la Bête » qui est narrée, car le contexte est différent.
Le Bouffon est ici un jeune gars difforme qui possède quand même un don. Mais ce don, miraculeux en lui-même, lui vaudra une grande ingratitude mélangée à de la vraie méchanceté.
Le récit qui m’est offert est joli. Très. Il en est fort recommandé … et recommandable !