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Bonne nuit Punpun, tome 1

 
 

Résumé

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Planche de Bonne nuit Punpun, tome 1Ce premier tome est une véritable révélation. J'irais même jusqu'à dire que c'est mon coup de coeur de ce début d'année 2012.

Premièrement, par son histoire que j'ai trouvé innovante et plutôt bien écrite. La narration peut parfois faire penser à des films comme super huit mais aussi bien sûr, à un manga célèbre : "20th Century Boys". suivre ses enfants découvrant le secret qui les dépasse complètement et réellement passionnant, le mystère étant pour le moment particulièrement épais.

De nombreux thèmes sont abordés ici. Tout d'abord, un fort thème social avec la relation complexe des parents de Punpun. Sa mère, battue, ne passe pourtant pas particulièrement pour une victime pour Punpun qui voue une sorte d'admiration presque malsaine pour son père violent et inutile. Étrangement, on peut imaginer une sorte de complicité entre cet homme qui a tout raté et cet enfant s'accrochant à des rêves inaccessibles.

D'autres thèmes forts sont aussi présents : l'amour, bien sûr, avec l'arrivée de la petite Aiko qui fait littéralement tourner la tête de Punpun. l'exclusion aussi, et ce dès les toutes premières pages. Des thèmes finalement assez chers à l'enfance qui donnent à ce premier tome une crédibilité toute particulière.

Difficile pour le moment de savoir vers quoi le manga va tendre : la narration brouille les pistes avec son air un peu dérisoire, un peu sérieux aussi, parfois à la limite de l'enquête policière. Une chose est sûre : l'environnement et l'ambiance de cette histoire sont diablement prenants.

Graphiquement, ce premier tome regorge de trouvailles. Tout d'abord dans la description graphique de la famille de Punpun. Ces étranges «oiseaux», complètement en marge des autres personnages du récit, sont très expressifs même s'ils ne respectent pas les codes classiques du manga. on les imagine comme fait de papier, sans consistance, sans pour autant qu'aucun habitant ne s'étonne de leur présence ni de leur aspect.

Mais c'est aussi dans la représentation des pensées du héros que l'auteur fait preuve d'une grande ingéniosité. Sans vouloir en dire plus, je peux sans prendre de risques vous assurer que vous serez conquis.
Les décors, quant à eux, sont tout simplement superbes. Chaque case fourmille de détails et donne à l'ensemble de l'oeuvre un cachet particulier.

Un dernier mot sur la représentation des visages des différents personnages : si Aiko est particulièrement mignonne, il semblerait que le dessinateur ait eu un malin plaisir à représenter les autres êtres humains avec caricature, leur donnant un aspect parfois vraiment dégoûtant. C'est aussi peut-être ce qui rend cet album si « humain », si accessible.

Vous l'aurez compris, ce premier opus est un must have pour tous les amateurs de mangas qui sortent des sentiers battus. Le dessin comme le scénario sont excellents, et passer à côté de cette superbe introduction serait fort regrettable. À vous de jouer !


Chronique rédigée par Piehr le 20/02/2012
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.50
Dépôt légal : Février 2012

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album Manga Bonne nuit Punpun, tome 1, lui attribuant une note moyenne de 3,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

28 1 2018
   

Voici un ouvrage très original dans son format. Nous voilà dans un monde de jeune collégiens, de pré-adolescents, tout ce qu’il y a de plus réalistes : les personnages, les environnements et les décors sont ceux d’une classe contemporaine. Mais au milieu de cet réalité et de ce réalisme, il y a un personnage qui détonne, celui de Punpun. Alors que les camarades sont des enfants comme les autres, lui est un espèce de canard stylisé, comme si l’auteur avait voulu prendre, pour ce personnage, le contrepied de ce qu’il propose dans le reste de l’album : un triangle pour le corps, un autre emboité pour le bec, et deux traits pour les pattes… Le personnage principal attire donc forcément l’attention du lecteur : pourquoi avoir introduit un canard dans cette classe humaine, dans un monde réaliste ? Et même si c’était pour traiter de la différence, pourquoi le représenter avec 4 ou 5 traits ? Mais cela n’a rien à voir, puisque Punpun est intégré avec son groupe d’amis, même s’il ne semble pouvoir s’exprimer que par des hochements de tête. Autant le dire, ce choix est pour le moins destabilisant, et si on sentait un grand réalisme dans la plupart des actions proposées, la figure, tant graphique que scénaristique, de Punpun, nous rappelle à la fiction. Ca dérange.

Je crois surtout qu’en matière de manga pour ado et pré-ado, le monde du manga recherche des inspirations nouvelles, plus trash et moins polissées que le sempiternel récit du collégien X qui aime la collégienne Y. Ici, avec Punpun, on introduit une différence de taille. Et puis, un peu comme dans « Scumbag Loser », on sent que l’auteur tente de renouveller le style en apportant une touche de noirceur : Aiko a honte de sa famille qui appartient à une secte, et le père de Punpun est en prison pour avoir trop battu sa femme, Punpun étant alors gardé par un oncle un peu baba-cool. Aux côté de cette noirceur qui évite de présenter des personnages trop bien comme il faut, l’auteur met également en image une autre réalité : celle des jeunes pré-ados qui découvrent leur corps et qui s’intéresse à un fruit interdit, la sexualité. Une sexualité qu’ils ne peuvent que découvrir via le porno, que ce soit sur papier glacé ou sur vidée… Une vérité qui dérange ? Peut-être suffisamment pour traiter le sujet avec un canard, qui permet à tout moment de se réfugier derrière ce personnage surnaturel pour nier la réalité.

Mais également un personnage qui permet l’identification de lecteur, et son implication dans le récit. Comme si finalement, tout lecteur pouvait se retrouver dans ce canard. Il est tellement peu commun que tout le monde peut s’identifier.

Bref, un décalage constant, déstabilisant et intrigant, parfois malsain… mais toujours assez sensible ce qui, compte tenu de notre héros, est un petite performance en soi. Le décalage est toujours assuré par ces adultes qui peuvent avoir des réactions étranges, et enfantines, comme pour pousser à une inversion des rôles.

Oui, c’est une n-ième série avec un collégien qui tombe amoureux de sa camarade de classe. Mais, comme d’autres mangas, cette série cherche surtout à renouveler le style, en abordant des sujets moins naïvement (la naïveté de Punpun permettant justement de faire passer toutes ces idées), moins gentiment, et avec une certaine originalité, qui ne laissera pas indifférent.

8 3 2012
   

Après "Un monde formidable", "Le Quartier de la lumière", "Solanin", "La fin du monde, avant le lever du jour" et l’excellent "Le champ de l'arc-en-ciel ", Inio Asano propose une saga au titre bien étrange : “Bonne nuit Punpun”.

Inio Asano est un mangaka qui aime partager le malaise de personnes ordinaires et exprimer les angoisses de jeunes nippons désabusés qui ont du mal à trouver leur place au sein d’une société au bord de la rupture. Il invite cette fois à partager le quotidien de Punpun, un jeune garçon désemparé dont la mère est battue par un père violent. Afin de souligner la fragilité de ce personnage central qui semble errer en dehors d’une réalité bien trop pesante pour lui, l’auteur le représente sous la forme d’un poussin, dessiné en seulement quelques traits. Ce petit oiseau semble du coup un peu perdu au sein de décors et de personnage qui ont un aspect ultra-réaliste. Bien vu !

Au fil des pages, le lecteur découvre l’histoire de ce jeune adolescent, sa famille, ses copains de classe et la petite Aiko Tanaka qui fait battre son cœur un peu plus vite. Malgré le background familial peu reluisant de Punpun, l’auteur propose un récit moins sombre et moins pessimiste que d’habitude. En se concentrant sur le quotidien de jeunes enfants, il insuffle une certaine légèreté et un peu d’humour à son récit. Et comme d’habitude, il parvient à nouveau à installer une ambiance dont il a le secret et qui sied très bien à ce rebondissement final qui donne indéniablement envie d’attaquer le deuxième volet.

Si c’est "Le champ de l'arc-en-ciel " qui reste mon album favori de ce mangaka hors du commun, j’ai néanmoins apprécié ce premier tome prenant et original.