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Tome 10 : Général Tête Jaune
 

Blueberry, tome 10 : Général Tête Jaune

 
 

Résumé

Blueberry, tome 10 : Général Tête JauneAfin d'acceder au résumé de Blueberry, tome 10 : Général Tête Jaune, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Blueberry, tome 10 : Général Tête JaunePassionant album que ce "Général tête jaune", Charlier est au sommet de son art.

Comme toujours cela prend la forme d'une vaste course-poursuite sanguinaire. Comme toujours, le héros à la morale inébranlabre sera prêt une fois de plus à risquer sa peau pour ses amis indiens.

Mais qu'est-ce que c'est bon! Dialogues ciselés, ressort dramatiques efficaces qui fonctionnent en crescendo jusqu'à la fin, tensions psychologiques, suspense bien construit. C'est d'un classicisme extrême mais d'une telle qualité.

Le dessin de Giraud est beau, tout simplement beau...


Chronique rédigée par ArzaK le 29/09/2002
 
 
Statistiques posteur :
  • 100 (93,46 %)
  • 2 (1,87 %)
  • 5 (4,67 %)
  • Total : 107 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.60
Dépôt légal : Octobre 1971

Avis des lecteurs

10 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Blueberry, tome 10 : Général Tête Jaune, lui attribuant une note moyenne de 4,60/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

27 12 2017
   

"Blueberry", c'est le genre de série vers laquelle on revient de temps en temps, pour la relire de bout en bout. C'est donc à la relecture de ce "Général Tête Jaune" que j'ai eu envie de venir dire ici que cet album était quand même un sacré bon western. Et que tout bédéphile se doit de s'immerger dans ce monument de la bande dessinée qui réunit deux signatures très prestigieuses. Charlier au scénario, c'est l'assurance d'un récit aventureux dense, avec des rebondissements et de l'action. Et Giraud au dessin, c'est la certitude de se régaler de planches signées par une légende du neuvième art.

L'album est sorti en 1971. Evidemment, cela veut dire qu'il peut décontenancer de jeunes lecteurs peu habitués à des pavés narratifs répétés et à une quantité de textes très supérieure à la normale du XXIe siècle. Pour les autres, il y a un réel plaisir à lire ce scénario très riche. La personnalité d'Allister, le général qui donne son titre à l'album, met une nouvelle dois à mal les Indiens et les promesses du lieutenant Blueberry. Celui-ci s'était engagé auprès des chefs peaux-rouges à tout faire pour rétablir la paix ; mais Allister, nettement plus gradé que Blueberry, ne voit pas du tout les choses de la même manière. Forcément, quand on pense qu'un bon Indien est un Indien mort, ça limite les possibilités de dialogue...

Combats mémorables, rebondissements réjouissants et ruses inventives se succèdent dans l'album pour le plus grand plaisir du lecteur. C'est du western de haute volée, conçu à une époque où Hollywood commençait déjà à se détourner du genre mais où Charlier ne délissait en rien son personnage de lieutenant à la nonchalance héroïque. Et quand on sait que derrière cet excellent tome arrive le diptyque légendaire de "La mine de l'Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d'or", on mesure à quel point cet âge d'or de "Blueberry" était grandiose.

A découvrir, lire et relire. Et lisez impérativement les tomes 11 et 12 qui suivent celui-là !

6 1 2016
   

Un tome que je résume d’un mot : miam ! Et tout est dit.
Le général Allister m’a de suite convaincu que c’était une sacrée crapule. Ce que ce personnage ne voit : une victoire facile et une réputation glorieuse mais manœuvré –hélas pour lui- par certains politiciens de Washington. Les « Tuniques bleues » se sont mis en route et, une fois de plus, Bluebbery va essayer les plans pour que tout aille, ET les Blancs, Et les Rouges.
Ca pourrait n’être qu’un BON album MAIS : quasi toute l’action se déroule dans des décors enneigés et, là, Giraud se surpasse vraiment.
On ressent –à la lecture des aventures présentes- le froid, la neige, le gel, le modus vivendi des uns et des autres sous le froid mordant.
Mais, si tout semble calme, c’est pour que l’action se déchaîne. Et rapidement ! Très peu de pages où il ne s’y passent que peu (c’est un euphémisme) de choses ou faits.
Grand conteur s’il en est, Charlier y va ici d’une histoire brute, comme rabotée, où personne ne se fait de cadeaux. Qui sont les bons, les mauvais ?... on ne sait. A chacun son idée.
Mais ça « pète » dans tous les sens, que ce soit au niveau des personnages, des cadrages, de l’action. Les rebondissements se succèdent jusqu’au « happy end » où le lecteur se dit « ah, c’est le dernier album ».
Certains « acteurs » ont disparu. D’autres reviendront… mais ultérieurement. C’est vraiment bon et la colorisation est de même teneur : grande.
Tout se résume en un très bon album, si pas un des meilleurs.
Hommage à Morris et « son » Lucky Luke ?... La toute dernière case : il ne manque qu’une chanson « I’m a lonesome Lieutenant, far away from home… ». Didjou, quel bon album !

15 3 2014
   

Ce dernier segment du second cycle "guerres indiennes" s'enchaîne directement avec le précédent et continue dans l'action sans frein qui démarre dès l'attaque du camp cheyenne, c'est probablement l'épisode le plus militaire de la série ; l'arrêt des combats négocié par Blueberry va malheureusement être violé par le sanguinaire général Allister qui ne lui reconnaît aucun valeur et veut à tout prix anéantir la race rouge, en massacrant squaws, papooses et vieillards, acte odieux qui rallume la guerre et contre laquelle Blueberry ne peut rien.

Charlier a dressé là un portrait de vieille ganache impitoyable et bornée, déjà perçu comme tel en fin d'album précédent, mais peaufiné ici de façon très réussie. Si dans le précédent cycle, Bascom personnifiait l'officier haineux jusqu'à la vulgarité, grotesque, ivre de vengeance et de tueries aveugles, et abusant de son autorité, Allister est d'une autre trempe : beaucoup plus froid et déterminé, il agit avec méthode, il est calculateur, sans scrupules, trop sûr de sa supériorité, et ne rêve que de se couvrir de gloire en cassant de l'Indien ; des flottements inattendus dans sa conduite le rapprochent du général Custer, son modèle historique, où à Little Big Horn en 1876, il a sacrifié 265 soldats pour servir sa gloire. Charlier puise dans sa bio pour créer ce personnage qui est proche aussi de certains officiers vachards vus chez John Ford, et avec cet épisode, il fait perdre à l'armée (qui est présente dans cet album du début à la fin) le peu de panache qui lui restait.

Allister n'hésite pas lui aussi à sacrifier des hommes, dont Blueberry qui est pour lui une épine dans le pied, mais la bonne connaissance des Indiens de celui-ci lui permet de manoeuvrer habilement, tout en échappant encore une fois à la mort in extremis au gué, grâce à McClure.

Sur le plan graphique, Gir atteint sur cet album une maîtrise parfaite dans le dessin et la composition ; la dynamique est renforcée par sa mise en page constituée de nombreuses cases verticales et de cases panoramiques proposant ainsi une autre lecture que le sempiternel parcours gauche/droite, haut/bas. A titre d'exemple, les 2 pages 42 et 43 sont prodigieuses dans leur découpage, avec une alternance de plans larges, de panoramiques et de gros plans : c'est du cinéma ! C'est sans conteste l'album le plus cinématographique de toute la série, car Gir utilise au maximum les ressources de l'écran large, les scènes épiques, le mouvement et les impressions de travelling, de même que la référence historique est documentée (alors que cet album devance de 2 ans le film Little Big Man) ; l'image du bas de page 45 est explicite, c'est une allusion directe à une gravure d'époque sur Custer à Little Big Horn. Les pages 44 et 45 sont également superbes dans leur composition.

Gir multiplie aussi les gros plans de visage et atteint des sommets dans le rendu des matières et la beauté plastique des paysages enneigés.
Je ne regrette qu'une chose dans cet album, c'est la fin un peu expédiée ; la dernière page condense trop vite ce qui met fin à ce cycle exceptionnel, sans dire au lecteur ce qu'il advient d'une paix enfin durable avec les Indiens, et sans montrer une punition d'Allister pour sa conduite inqualifiable... une peu comme si les auteurs n'avaient plus assez de pages, ce qui est vrai en fait.

Un album d'une densité incroyable qui reste exemplaire sur le plan graphique et narratif, on en redemande.

2 5 2011
   

De grandes qualités indéniables pour ce tome, mais également des petites déceptions...

Commençons donc par ce qui ce qui m'a le moins séduit : cet album est censé clôturer un cycle et pourtant, il n'apporte pas toutes les réponses auxquelles je m'attendais. En effet, à la fin de ce tome, on n'entend plus vraiment parler de la construction du chemin de fer. L'intrigue de ce cycle avait pourtant débuté sur cette histoire de négociation entre la Union Pacific et les Indiens, négociation qui devait permettre à Dodge et à ses hommes de traverser les territoires indiens et de prélever quelques bisons pour assurer la subsistance des ouvriers. Toute cette partie de l'intrigue est largement mise en sourdine en fin de tome et on ne saura donc pas comment la Union Pacific va pour voir continuer de pouvoir avancer vers l'Ouest.
Ensuite, le général Tête Jaune, Allister, se révèle rapidement obstiné et borné dans sa volonté de casser de l'Indien. Malgré une ou deux brêves allusions aux ordres venus de Washington, on ne saura pas véritablement ce qui motive cette haine aveugle (si ce n'est l'ambition du militaire). On aurait pu imaginer que le grade de général lui confère un peu plus de réflexion, mais son comportement devient rapidement caricatural : malgré l'indignation de ses hommes, malgré le nombre d'entre eux qui tombent sous les coups des Indiens, Allister ne se remettra pas en cause... Disons que je me serais attendu à un général plus contrasté, un personnage plus fin. En faire un méchant sans foi ni loi, un militaire borné, aveuglé de haine au point de faire perdre la vie à plein de ses hommes, est assez répétitif et peu convaincant. Et surtout, vu son comportement, on aurait pu imaginer que tout cela se solde par une cour martiale... De ce côté-là aussi, c'est un petit sentiment d'inabouti que je garde après la lecture.
Enfin, la fin de cet album est un petit peu précipitée et l'arrivée de Dodge est un petit bâclée selon moi.

Mais, dans le même temps, d'énormes qualités donnent beaucoup de charme à cet album : tout le début de l'histoire est parfaitement maîtrisé, et cette tension latente est parfaitement palpable. On éprouve une véritable compassion pour Blueberry d'une part, pris entre ses obligations militaires et sa morale, et pour les indiens d'autre part, qui se retrouvent bien désarmés face à toute l'artillerie d'Allister. Et tout au long de l'album, c'est cette tension qui retient le lecteur accroché, presque captif de cette histoire. Cette campagne contre les indiens est fort bien menée et la placer dans un environnement hivernale donne de très beaux moments graphiques.

Pendant cet album, j'ai tremblé de peur et de froid, à l'image des protagonistes, signe certainement que le scénariste et le dessinateur ont réussi à faire passer quelque chose, à me faire participer à l'histoire. En cela c'est très bon. Malheureusement, avec un Allister un peu caricatural et un sentiment d'inabouti pour un tome censé clôturer un cycle, je marque une petite déception.

Voyons donc maintenant comment Blueberry prend ses "vacances".

12 5 2010
   

Voila le dernier tome du cycle "Cheval de Fer" qui conclue magistralement ce troisième cycle. Il est la suite de "La piste des Sioux".

La couverture est splendide. Ce personnage ténébreux démontre sa position de chef du haut de cette colline. La couleur rouge sang en arrière plan dénonce l'état d'esprit et les intentions du général : la haine, la guerre. On sent que cet album va être plus violent que les précédents.

Le scénario est une innovation pour la série. La guerre reprend et cette fois de manière très concrète. Alors que le premier cycle se contentait de préparer une éventuelle guerre avec les indiens finalement évitée, ici on passe à l'acte. Dirigées par l'odieux mais néanmoins génial personnage qu'est le général Allister alias "Tête Jaune", les "tuniques bleues" partent dans une guerre magnifiquement racontée alternant situations dangereuses et périlleuses, et scènes d'action vives et violentes. C'est ça la guerre. Voilà ce que veut dire Charlier dans ce tome. Et l'injustice est de mise dans cet album. Charlier dénonce les abus de pouvoir des hauts gradés de l'armée américaine et leur vision des hommes "inférieurs" à leurs yeux, autant leurs propres soldats que les indiens. Le scénario donne un ton tout simplement épique à l'album. De plus Charlier utilise un nouvel élément pour faire avancer intelligemment son scénario : la neige.

Le dessin, toujours excellent, innove avec l'apparition des plaines enneigées et de la saison d'hiver. Et il y a de quoi être enthousiaste à la vue de cette neige à l'allure majestueuse. Les effets de remous et de tempêtes dans cet album sont particulièrement réalistes.

Les même personnages qu'auparavant sont de retour exit le superbe mais désormais regretté Jethro "Steelfingers" qui laisse une place libre dans le casting. Celle-ci sera vite comblée par un autre personnage tout aussi bon, le général Allister. Le général "Tête Jaune" donne toute la puissance à l'album malgré son caractère horrible, cruel à la limite du lâche. Les indiens sont de retour en guerre et on trouve quelques soldats sympathiques qui n'ont pas plus envie que Blueberry, McClure ou Red Neck, de partir en guerre.

Cet album est sans doute l'un des meilleurs de la série, en plus d'être le meilleur du cycle. Il conclue donc très bien le cycle "Cheval de Fer".
Cependant un petit regret tout à la fin de l'album nous apparaît : même si la guerre est arrêtée juste à temps, on n'a par la suite aucune information ou référence sur le traité de paix entre les américains et les indiens. C'est assez étonnant d'ailleurs car vu la violence qu'ont subies les indiens dans ce tome, les chefs Sioux de "La piste des Sioux" auraient pu déclencher la guerre pour de bon à cause des actions répréhensibles d'Allister. On sent alors que Charlier a utilisé un raccourci mais une fois de plus ce n'est pas dramatique et ça n'enlève rien à la qualité de l'album. C'est à nous d'en conclure que les indiens ont été sages et que la paix a été faite après cette guerre. Mais ce n'est pas toujours évident.

23 12 2009
   

Ce cycle de 4 tomes qui démarre par la construction du chemin de fer transcontinental se termine magistralement ici avec une nouvelle guerre indienne. Le rapport, ténu, avec le thème de départ est fait à la page 36 quand Blueberry fait chercher les ouvriers du chemin de fer en guise de renfort.
Le thème de cet album est les campagnes hivernales menées par les soldats contre les camps indiens paralysés par la neige. Le détestable général Allister ramène à l’historique Custer dont il est le clone, en physique sûrement et peut-être en caractère.
On assiste donc à une de ces campagnes comme si on y était. Mike, qui ne peut plus éviter le désastre, fait ce qu’il peut pour sauver les meubles et au passage, se fait un ennemi viscéral de ce général « tête jaune » qui mènera ses troupes vers un « little big horn » bis.

La 1ere chose qui saute aux yeux en ouvrant l’album, c’est l’évolution subite du dessin, probablement magnifié par les superbes cadres enneigés. Giraud atteint un sommet en se libérant complètement de l’influence du style Jijé. Du grand art pour du grand spectacle sur papier.

Le duo Mc Clure/Red Neck fonctionne parfaitement dans leur apport comique (1ères pages) comme dans l’action. Ils se sont bien trouvés ces deux là !
Red, qui a mis du temps à tutoyer Mike le vouvoie à nouveau dans un moment de tension. Il voit encore Mike comme un chef plus que comme un ami. Mc Clure est tout différent. Pour lui Mike est un sale gamin attachant.
Blueberry, lui, est toujours prisonnier de sa loyauté maladive envers ses engagements. Ce qui le fera agir à l’encontre de ses convictions (p.10) et même sauver Allister de la noyade, qu’il déteste pourtant, lui qui ne rêve que de la perte de Mike.
Encore 4 tomes indispensables, et la suite sera au moins aussi bien…

un bdphile :Une BD culte ! Note de l'album : 5,00
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16 11 2008
   

Bon, là ça devient de moins en moins compliqué de noter un "Blueberry" : j'en ai pour l'instant la moitié, et je dois dire qu'à partir du tome 9 aucun tome ne m'a déçu, et que je les ai tous trouvés parfaits (donc 5/5) !
Cet album-ci est sans doute l'un des musts de la série.
En effet, 1ère nouveauté, il se passe sous la neige, pendant une campagne militaire du général Allister contre les Sioux, alors que la paix a été signée !! Du coup, Giraud s'en donne à coeur joie : l'explosion du chariot de munitions la nuit, en pleine montagne, est parfaitement rendue, les différents cadrages sont sublimes (voir page 31), les traits des personnages sont stylés, ainsi que les chevaux (jamais vu des aussi bien dessinés !).
Cet album est aussi un moment clé de la vie du personnage de Blueberry, car il ne peut plus rien faire pour sauver la paix et en plus, les 2 camps dont il veut éviter qu'ils s'entretuent veulent sa peau. Du coup, Blueberry n'a plus qu'une idée en tête : la sauver ! Ce qui fait qu'il peut tout aussi bien saboter les opérations de "Tête-Jaune" que des Indiens.
Le personnage se démoralise donc peu à peu et c'est du tout bon !
Au scénario, Charlier nous sert des moments épiques assez forts (voir pages 21 à 23) et son scénario est encore une fois en béton.
Incontournable !!

4 8 2007
   

"Général tête jaune" est sans doute l'un des albums les plus intéressants mais aussi le plus controversé de la série. En effet, on pourrait au départ le considérer comme une simple rallonge des trois tomes précédents, pas forcément utile qui plus est. On a retrouvé l'argent, la paix est rétablie, tout va bien et happy end. Mais non.

Tant pour le scénariste que pour le dessinateur, cet album est, pour l'un, l'occasion de dessiner la campagne d'un régiment en guerre contre les sioux dans un décor de neige, de froid et de glace, et pour l'autre de faire rebondir l'intrigue de façon extraordinaire et totalement originale.

Ce qui frappe surtout dans le graphisme, ce sont les scènes de nuit, absolument fabuleuses, on croirait sentir la vapeur autour des bulles des personnages, sans parler des reflets de l'éclairage des torches qui ajoutent à l'aspect fantomatique du décor, rallongeant les ombres et limitant le champ de vision. Un chariot qui explose, c'est banal, mais de nuit, dans la neige, sous le pinceau de Giraud, alors ça devient extraordinaire.

Pour le scénario, le principe habituel est simple : la guerre est déclenchée, pas moyen de revenir en arrière. Et puis le héros, un obscur, un sans grade, nous règle le problème à lui tout seul comme un grand en deux coups de cuillère à pot. Et bien sûr, tout le monde le félicite, lui dit bravo, son supérieur lui octroie deux promotions d'un coup, il épouse la fille du shérif, bref, que du bonheur. Et bien ce n'est pas le cas dans cet album. Blueberry arrive en sauveur, prêt à refuser les honneurs, comme d'habitude, et là il se fait engueuler comme du poisson pourri par le général McAllister qui arrivait précisément pour casser de l'indien. Mc Allister, Cluster, les deux noms sont trop synonymes pour n'y voir qu'un hasard. Et bien, le général, il en a rien à foutre que Blueberry ait négocié, la paix, ça le fait même carrément ch... Du coup, c'est parti pour trois semaines de campagne, incorporant Blueberry de force, lequel finalement se réjouit d'être là pour empêcher le général de faire trop de bêtises. Ironie du sort, après avoir combattu un saboteur dans les trois premiers albums du cycle, Blueberry devient saboteur à son tour.

Anecdote : pendant très longtemps, cet album figure dans les liste de la collection, en quatrième de couverture, sous le titre "Le général tête jaune", y compris sur la tranche de l'album lui-même, en tout cas pour ce qui est de l'édition de 1980. Ce n'est qu'en 1993, lors de la parution du tome 8 du cycle "La jeunesse de Blueberry" que la liste sera rectifiée.

Général tête jaune est encore un incontournable de la série, un indispensable, qui plus est qui nous prépare l'excellent, le fabuleux diptyque de la mine, auquel il est rattaché par une petite pirouette. C'est en effet pour se venger que Mc Allister fait muter Blueberry dans la petite bourgade qui ... Mais ça, c'est une autre histoire .....

16 12 2006
   

Un album qui se centre sur les guerres contre les Indiens. L'intrigue du cheval de fer devient secondaire. Un nouveau personnage apparaît le général Alister, dit "Tête Jaune" qui n'a aucun respect pour les Indiens et va à l'encontre des traités de paix. Ce personnage n'est pas très éloigné du Colonel Thursday de Fort Appache (John Ford), ils ont tous deux la même détermination et la même haine vis-à-vis des Indiens.
Si le premier cycle considérait clairement les Indiens comme des ennemis, celui-ci prend plus de recul. Charlier montre aussi l'incapacité des généraux américaux à faire la paix et prend presque parti pour les Indiens. Le manichéisme n'est plus de rigueur. Blueberry navigue dans ce marasme en exécutant comme toujours des morceaux de bravoure.
Au dessin Giraud exécute de superbes planches enneigées et ne cesse d'affirmer son trait.