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C'est vrai qu'il est plus subtil qu'il n'y paraitrait, ce Blue. Il faut dire que Naoki Yamamoto n'en est pas à son coup d'essai, "Asatte Dance" lui ayant par le passé permis de se faire connaitre en France chez Tonkam.
Ce recueil d'histoires courtes propose d'étudier la fine frontière entre premiers amours et désirs charnels, alors que les adolescents mis en scène quittent l'insouciance de l'enfance pour découvrir l'autre tout en se découvrant soit-même.
Si Blue est bien un ouvrage érotico-porno, l'auteur évite tous les pièges (comme par exemple le pot pourri de fantasme qui finalement n'excite personne) pour proposer avec réalisme et finesse des relations humaines auxquelles le lecteur veut croire. La première histoire, finalement la plus touchante peut-être, fonctionne d'ailleurs particulièrement bien sur ce plan, et ce malgré la surcharge de scènes de sexe qui nous rappelle page après page que Blue n'est décidément pas un album à mettre entre toutes les mains.
Le dessin, assez fin lui aussi, a un petit côté désuet qui finalement ajoute au charme général de l'album. L'oeuvre n'est pas neuve, on le voit rapidement. Mais la maîtrise anatomique est bien là, l'auteur semblant particulièrement à l'aise dans la représentation de positions pas toujours évidentes à dessiner pourtant : l'ensemble est très lisible, et chargé des codes japonais typiques, point de vue censure, que nous retrouvons dans tous les ouvrages de cette provenance.
Sans aller jusqu'à parler d'étude philosophique ou sociale des personnages mis en scène, on appréciera donc ce recul qu'a Naoki Yamamoto sur son histoire, son oeuvre. Blue est un ouvrage érotique, certes, mais qui mérite votre attention pour se révéler bien meilleur qu'il ne pourrait y paraître. A lire !