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Tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompent
 

Blast, tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompent

 
 

Résumé

Blast, tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompentAfin d'acceder au résumé de Blast, tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompent, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Blast, tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompentLe voilà, le dernier BLAST ! La dernière confrontation entre la grasse carcasse de Polza Mancini et les deux inspecteurs qui poursuivent inlassablement l’interrogatoire de cet homme dont la culpabilité n’a jamais vraiment fait de doute, mais dont la motivation des actes barbares demeure cependant inconnue.

A coups de flashbacks, le lecteur poursuit le compte-rendu de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST, cet état second qui lui permet de s’évader d’une réalité qui ne lui a jamais vraiment souri. Une descente aux enfers certes rythmée par la prise d’alcool, de médicaments et de drogues, mais également accompagnée d’une bouffée de liberté et d’une communion avec la nature et marquée par quelques rencontres surprenantes. Après sa rencontre avec Jacky Jourdain, un dealer SDF, et celle de Vladimir et Illitch lors du tome précédent, Polza Mancini termine son errance auto-destructrice en compagnie de Roland Oudinot et sa fille Carole… celle qu’on le soupçonne d’avoir tuée. En attendant l’été pour reprendre la route, Polza lève le voile sur les pathologies de chacun, livrant au passage les dernières pièces qui permettront à tout le monde de reconstruire le puzzle des événements. Allant au bout de la noirceur de son récit, Larcenet ponctue la fuite de son héros d’un huis-clos en compagnie son ami schizophrène et de celle qu’il aime et d’un ultime BLAST… celui qui précède son arrestation.

Manu Larcenet prend à nouveau tout son temps pour narrer l’histoire de son personnage, alternant des passages muets pourvus d’une grande force évocatrice et des passages plus verbeux où chaque mot semble néanmoins pesé. Une justesse narrative qui permet de toucher à la personnalité de cet homme et d’aller bien au-delà de sa grasse carcasse, créant énormément d’empathie envers cet homme au casier judiciaire presque aussi imposant que sa masse corporelle. Physiquement, l’homme obèse et répugnant n’a rien pour plaire, mais dans le fond, cet écrivain de profession a quelque chose de poétique et de touchant. C’est avec grand intérêt que le lecteur accompagne l’errance de cet individu en rupture avec la société et qui, depuis sa "tendre" enfance est mis à l’écart. Le but de ce long voyage introspectif est la recherche du prochain BLAST, cet instant magique où il s’évade de son corps pour entrer en communion avec le monde, ce sentiment de plénitude qui, un bref instant, le libère de tous ses maux. Usant d’une narration proche de la perfection, l’homme se livre, partage ses angoisses, ses divagations, son mal-être, sa folie, ses malaises vis-à-vis de la société et ses réflexions sur le sens de la vie. Un parcours (sur)prenant qui permet à l’auteur d’aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la mort paternelle, l’angoisse, la dépression et l’automutilation. Un tome qui permet de plonger dans la noirceur de la nature humaine, dans la spirale auto-destructrice d’un homme privé d’amour paternel et vite qualifié « hors norme » par une société dont il cherche à se libérer. Au bout de cette torture psychologique et de cette recherche de liberté, une seule solution s’impose… une bouée de sauvetage pour cette vie et pour toutes les suivantes… une envie d’en finir à tout jamais… un adieu ponctué de mots qui témoignent de l’ampleur de sa souffrance : « Pourvu que les Bouddhistes se trompent… ».

Et pour couronner le tout, le récit est ponctué d’un épilogue qui apporte un nouvel éclairage sur l’ensemble des événements, qui permet de mieux comprendre ce qu’il se passe dans la tête de Polza Mancini lors de ses BLAST et qui appelle à une nouvelle lecture des quatre tomes de cette perle du neuvième art.

Graphiquement, nuançant le noir et le blanc avec brio, Manu Larcenet livre une ambiance sombre et glauque et des personnages répugnants, mais d’une grande expressivité. Si les dialogues lors de l’interrogatoire sont accrocheurs et les monologues du personnage central prenant, les moments plus contemplatifs et les silences proposés par l’auteur allient force et splendeur. Et que dire de ces dessins d’enfants (les siens), tout en couleurs, qui viennent interrompre le ballet grisâtre pendant les BLAST ? Ces quelques passages en couleur sont distillés avec justesse et parcimonie et accompagnent avec brio ces moments où Polza se déconnecte totalement de la réalité. Après les collages réalisés par Polza à l’hôpital psychiatrique lors du tome précédent et ces étranges tableaux qui semblaient exprimer sa propre souffrance, Manu Larcenet proposent de nouvelles trouvailles visuelles lors de cette conclusion qui démêle toutes les intrigues. Il y a tout d’abord les strips de "Jasper l’ours bipolaire" dessinés par son ami Ferri, mais il y a surtout ces nouveaux collages qui illustrent avec maestria les pulsions sexuelles perverses de Roland Oudinot.

Chef-d’œuvre, ovni, série coup de poing, grosse claque ou BLAST… faites votre choix, mais peu importe le terme choisi, cette saga ne laissera personne indifférent !


Chronique rédigée par yvan le 15/03/2014
 
 
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
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Note moyenne de l'album : 4.50
Dépôt légal : Mars 2014

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Blast, tome 4 : Pourvu que les Bouddhistes se trompent, lui attribuant une note moyenne de 4,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

bakum_babo :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
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21 12 2015
   

Attention chef d’œuvre.

Pas juste une BD excellente, inventive, juste dans le ton, avec un rythme épatant. Ce ne serait pas suffisant. Une BD qui marque l'histoire de la BD franco Belge, un roman graphique qui tient de la grande littérature et qui utilise tout à sa disposition (dessin, collage, narration) au service d'une histoire noire et d'un raisonnement philosophique sur la normalité et la marginalisation.

5 1 2015
   

Polza Mancini continue le récit de sa vie... Ce n'est pas une autobiographie mais un interrogatoire. Les enquêteurs cherchent à savoir qui a tué Richard Oudinot et sa fille Carole, et le marginal Polza, retrouvé sur les lieux du crime, en fait un coupable tout désigné. On reprend donc le récit de Polza là où on l'avait laissé : en compagnie de son ex-collègue de l'hopital psychaitrique, Richard Oudinot, et de sa fille Carole. Comme d'habitude dans cette série, l'ensemble est très noir, et le point de rupture n'est jamais loin. Polza est toujours en recherche du prochain Blast, du prochain paradis artificiel qui lui permettra d'atteindre la plénitude : un paradis coloré qui lui permet d'oublier la noirceur de son existence. Tout cela est très bien mis en image, et s'intègre avec force dans le scénario, tout comme d'ailleurs les collages de Richard Oudinot. On a ici trois personnalités peu equilibrées ; le marginal Polza, le Richard Oudinot dont l'absence de médicament rend plus présente sa maladie, et la jeune Carole, qui pourrait sembler pour totalement équilibrée si elle ne prenait pas plaisir à partager le même toit que les deux autres, et parfois, le lit de l'un d'entre eux. Cette cohabitation, c'est aussi pour Polza l'occasion de connaître l'amour. On lui retrouve ainsi un semblant d'humanité, mêlée de bestialité : il faut dire que ses errements depuis le premier album l'ont maintenu dans une sorte de flou entre ces deux états. Le tout pour finir dans un désespoir profond, un désespoir parfaitement exprimé par le titre de ce quatrième album.

Mais ce n'est pas vraiment fini, puisque l'enquête des policiers a, elle, continué. Et ces policiers qui s'expriment viennent donner une teinte bien différente à ce qui a été relaté par Polza lui-même. On ne connaitra certainement jamais la vérité sur tout ce qui s'est passé depuis que Polza a connu son premier Blast, mais les témoignages recueillis par les enquêteurs, et leur façon de faire les liens entre les événements, et de remettre en cause certaines des parties du récit de Polza, amènent un nouvel éclairage sur ce qui nous a été dit jusqu'à présent. Compte tenu de la personnalité marginale de Polza, compte tenu de son état mental, on ne peut que remettre en cause l'enchaînement des événements que lui a relatés.

Ce quatrième album apporte une conclusion bien pensée à une série qui ne l'est pas moins, et qui est assez chargée émotionnellement.